On met Longtemps à devenir Jeune

C’est par le biais de Netgalley que j’ai découvert le premier roman de Christine Jusanx, édité par Michel Lafon. Le résumé indiquait que l’on avait affaire à un feel-good book, et moi les livres qui font du bien, j’ai du mal à leur résister !

Voyez un  peu comment s’ouvre ce roman :

« Jeune senior de 59 ans, tout juste préretraitée, cherche à partager appartement proche tour Eiffel avec colocataire gai et optimiste. Profil idéal recherché : étudiant étranger voire jeune quadra en transition de vie. »

Jeanne déroule son histoire à la première personne. Elle nous explique qu’elle a décidé de quitter Bordeaux, pour retourner vivre à Paris, et réaliser son rêve d’emménager dans un appart avec vue sur la Tour Eiffel.

Pour mener à bien son projet, elle souhaite trouver un colocataire, jeune et optimiste ; idéalement un étudiant étranger, ou un quadragénaire. Son annonce est tout sauf douteuse. Entendez par là qu’elle ne cherche nullement l’amour, et encore moins une relation charnelle. Notre « jeune senior » a simplement envie de partager sa routine !

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Dès le départ, nous découvrons la vie de Jeanne, une femme attachante qui a élevé son fils sans mari, aidée par sa mère et sa grand-mère. Il apparaît rapidement que toute sa vie s’est organisée autour de son Léo.

L’écriture est fluide, et on entre dans ce roman comme dans un bon bain chaud en plein hiver, sans difficulté ! Rapidement, le personnage de Jeanne prend vie, et l’on découvre son quotidien avec plaisir, tout en partageant ses rencontres.

Mais… j’ai pour autant, je n’ai pas été transportée par l’histoire. J’ai eu le sentiment que l’auteur allait trop vite, et nous livrait une histoire un peu trop chamallow.

Tout est joli, tout est rose avec Jeanne. Même si sa vie n’a pas toujours été magnifique, et que peu à peu, elle nous livre des détails parfois compliqués de son passé.

Jeanne a tout de même de grandes facilités dans la vie. Elle déniche des colocataires attachants. Et quand elle rencontre quelques aspérités, il lui suffit de les évoquer avec brièvement pour que son interlocuteur reconnaisse ses défauts et les élimine…

On est un peu dans l’univers Amélie Poulain, notamment quand Jeanne nous raconte qu’elle a tissé un lien quasi amical avec le vendeur de chaussures de son quartier, alors qu’elle n’achète qu’une, voire deux paires par an…

Jeanne a des soucis d’argent ? Qu’à cela ne tienne, son colocataire la met en relation avec des contacts qui ont besoin de son savoir-faire en immobilier, et tout est solutionné en quelques semaines. OK. Mais on ne sait rien des démarches que Jeanne a pu avoir à entamer pour ne serait-ce que se mettre à son compte…?

Ensuite, j’ai trouvé que ce roman avait un défaut typique des premiers romans ; à savoir vouloir trop en raconter et partir parfois dans tous les sens. J’ai eu le sentiment que l’auteur avait envie de nous parler de pleins de choses différentes, quitte à survoler parfois certains passages, et nous livrer trop d’histoires en une seule.

Jeanne a un coloc, puis un autre, puis part à l’étranger, etc… Nous n’avons pas toujours le temps de tout développer, et de nous attacher à un personnage, que nous en découvrons déjà un autre. C’est un peu déroutant.

J’ai regretté que le récit soit trop entendu. Ce qui doit arriver arrive, et l’on est rarement surpris par les événements. En un mot comme en cent… ce roman est plaisant, mais ne me laissera pas un énorme souvenir.

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C’est bien connu, deux avis valent mieux qu’un ! Voici donc le second, et c’est celui de ma Mum, qui a lu ce roman également :

Ce livre est une ode au temps qui passe et à cette douce période de vie qu’est la retraite : terrifiante pour certains par le vide quelle représente si elle n’a pas été préparée, réveillant chez d’autres comme Jeanne des passions enfouies qui ne demandent qu’à surgir et s’épanouir sans retenue ni complexe.

Une belle histoire où l’âge n’a pas d’importance car seules comptent les envies et la réalisation des rêves.

Vous le voyez, nos avis diffèrent… et vous, avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ? 🙂

Quelques jours de nos vies – Clare SWATMAN

Quelques jours de nos vies est un roman paru aux éditions Presses de la Cité, en mai 2017. Il est le fruit de la plume de l’auteure britannique Clare Swatman.

Clare Swatman est journaliste et écrit pour différents magazines féminins. Quelques jours de nos Vies (titre original : Before You Go) est son premier roman, et a déjà été traduit dans une quinzaine de langues !

#lecture #roman

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C’est l’histoire de Zoé, qui vient de perdre son mari Ed, de façon aussi brutale qu’inattendue. Zoé est effondrée et regrette par dessus tout les dernières minutes passées avec Ed, car elle a été très désagréable avec lui.

Elle aimerait pouvoir remonter le temps et agir différemment. 

Tant mieux, car c’est ce qui va se passer… sans que l’on sache comment ni pourquoi, Zoé aura la possibilité de revivre certains jours particulièrement importants pour son couple. Elle en profitera pour changer certains détails, espérant ainsi influencer l’avenir, et éviter la disparition prématurée de son époux.

 

La #lecture qui m'accompagne ce lundi est très #feelGood ☺️ Et vous ?

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J’ai beaucoup aimé ce roman, qui nous rappelle l’importance de prendre soin de nos proches, et de leur monter que l’on tient à eux tant qu’il en est encore temps.

Le couple formé par Zoé et Ed est comme beaucoup de couples. Il y a eu au départ une rencontre entre deux jeunes gens, suivie de quelques années d’amour fou, d’insouciance, ponctuées par un emménagement en commun. Et puis les difficultés sont apparues, certaines dépassées, d’autres pas tout à fait…

Nous nous attachons forcément au personnage de Zoé (ou à celui d’Ed), car il est fait de forces et de faiblesses, dans lesquelles nous nous retrouvons automatiquement à un moment donné.

Zoé revit les moments clefs de son couple, les heureux comme les malheureux. Le fait pour elle de connaître la tristesse de perdre Ed lui fait envisager les choses sous un angle totalement différent. Elle est prête à agir autrement, à faire des concessions…

Le couple de Zoé et Ed n’est pas comme ceux que l’on peut croiser dans les contes de fées. Il connait des hauts et des bas. Mais c’est ce qui le rend crédible, et fait que l’on a envie de croire à un dénouement heureux.

J’ai aimé ce roman, et me suis demandé tout du long comment il allait se terminer. La fin m’a convaincue, mais je n’en dirai pas plus évidemment…

 

Madame extraordinaire – Fabrice Lehman

Les éditions JC Lattès ont publié tout récemment, un roman intitulé Madame Extraordinaire, né de la plume de Fabrice Lehman. Je ne connaissais pas cet auteur, diplômé de l’Essec, et cadre dans la Stratégie d’Entreprise.

Ce fut une belle découverte que ce roman…

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Stéphanie est LA femme lambda.

La fameuse ménagère de moins de 50 ans, c’est elle, elle et ses goûts classiques, qui représentent les goûts de la majorité… Elle est mariée, mère de deux enfants, travaille dans une banque et adore Goldman. Elle roule en Renault Clio, porte un rouge à lèvres cerise, et sert des spaghetti bolo à sa famille. 

Quand Stéphanie découvre qu’elle est espionnée par une étrange société, qui cherche à exploiter ses goûts si représentatifs, sa première réaction est de paniquer… puis la curiosité finit par prendre le dessus…

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J’ai rapidement accroché au récit préoposé par Fabrice Lehman. Mes restes de souvenirs de cours de socio au lycée sont remontés à la surface, et je me suis plongée avec plaisir dans ce roman original, qui nous propose de partir à la rencontre d’une femme lambda, à laquelle forcément plus que jamais… on s’identifiera toutes (et tous) un peu !

Il y a de quoi s’interroger sur notre rapport aux produits et à la politique. Car en effet, le roman se divise en deux grandes parties. D’abord Stéphanie est « utilisée » par les marketeurs pour mieux cibler les attentes des consommateurs, et augmenter leurs ventes. Ensuite, elle est récupérée par une équipe de campagne, pour améliorer la popularité du Président sortant.

Nous ne manquons pas de nous interroger sur la manière dont les politiciens tentent de nous influencer, en jouant sur la forme, souvent plus que sur le fond.

Ce roman m’en a rappelé d’autres : L’homme qui ne voulait pas devenir Président, notamment, ou 99 Francs pour le côté marketing (en moins virulent).

Je vous le conseille.

 

Disparus sans Laisser d’Adresse – Patricia Fagué

Disparus sans laisser d’adresse est un livre paru aux éditions l’Opportun, le 11 mai 2017. Son auteur, Patricia Fagué, y a consigné différentes histoires ayant un thème commun, celui de la disparition.

En effet, Patricia Fagué est Journaliste, et s’est spécialisée dans les enquêtes sur les personnes disparues. Alors toute jeune Journaliste, elle a travaillé pour l’émission culte Perdus de Vue (1990-1997), avant d’intervenir ponctuellement dans d’autres émissions, et de mener des enquêtes par elle-mêmes, pour aider des proches de personnes disparues.

Patricia Fagué explique s’être toujours passionnée pour les recherches familiales. Elle n’est pas détective privé, et ne s’intéresse pas aux disparitions inquiétantes, qu’elle laisse à la Police. Elle souhaite aider les proches d’une personne disparue à retrouver un être cher, ou encore à combler ce qu’elle appelle un « trou généalogique ».

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Dans son ouvrage, elle aborde quarante cas de disparitions volontaires, parfois touchantes, parfois incroyables… Elle nous décrit comment elle a procédé pour retrouver la traces des personnes disparues.

Ce livre, je l’ai gagné à un jeu concours organisé par mon émission de radio favorite : La Curiosité, présentée par Sidonie Bonnec et Thomas Hugues sur RTL.

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2 #livres gagnés grâce à #Rtl 🙂

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J’avais hâte de lire cet ouvrage, et ai même laissé de côté mon roman en cours (pourtant très plaisant) pour l’entamer en priorité ! J’ai lu les quelques 250 pages en trois soirées.

Mais je dois être honnête, mon enthousiasme est un peu retombé, et ce dès les premières pages… Certes les histoires sont intéressantes, mais souvent j’ai eu besoin de revenir en arrière, pour bien comprendre qui était qui…

Il n’est pas rare que les histoires (pourtant courtes) rapportées par Patricia Fagué impliquent de nombreux personnages, aux liens familiaux parfois tarabiscotés. Chacun est appelé par ses nom et prénom, et cela finit par être compliqué.

J’ai retrouvé un peu l’ambiance des histoires de Pierre Bellemare, que je lisais fut un temps, mais en plus fouillis. Cela ne me fait pas plaisir de vous écrire cela, car je voulais réellement dire du bien de ce livre, mais je dois être honnête… il manquait quelque chose pour que ma lecture soit réellement passionnante.

Dommage.

Toutefois, à refaire je relirais ce livre, car j’ai appris différentes choses autour du thème des disparitions, des naissances sous X, des recherches généalogiques en France et à l’étranger. Et le tout était très intéressant.

Si le sujet vous attire suffisamment pour que vous vous sentiez de faire fi du défaut que je vous ai exposé plus haut, alors lancez-vous !

Pour plus d’informations, vous pouvez aussi visiter le site de Patricia Fagué : http://personnedisparue.com/

 

 

 

La Tentazione di essere felice – Lorenzo Marone

C’est sur le blog de Popcorn&Gibberish que j’ai découvert ce livre… Elle nous présentait ce roman en disant qu’il l’avait faite « pass[er] par toutes phases d’émotions ». Et cela, j’adore ! Seule la fin l’avait quelque peu désappointée, mais cela ne m’a pas refroidie, car ce roman avait l’énorme avantage de situer son action en Italie. Et moi je suis mordue d’Italie !

Donc j’ai décidé que je lirais La Tentation d’être Heureux… Sauf que l’ebook en italien coûtait un bras (9,99 € pour un ebook, je suis désolée, mais c’est trop cher)… Alors tant qu’à y mettre le prix, j’ai profité d’un voyage à Rome pour rapporter le livre papier. Il m’a coûté 14 €, mais il les valait largement… En plus, la couverture est super jolie, donc une fois le roman lu, je l’ai exposé fièrement sur mon étagère !

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Je l'aiiii ! #livre #roman #Mondadori

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Et voici mon livre, quelques minutes après l’avoir acheté. Il prend la pose dans une rue de Rome… (Oui j’aurais pu le prendre en photo devant quelque chose de bien reconnaissable comme le Colisée, mais je n’avais pas très envie de le garder dans mon sac toute la journée et de risquer de l’abîmer.^^ 

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Résumé

Cesare est un retraité qui vit seul depuis la mort de sa femme. Ses enfants sont grands et volent de leurs propres ailes. Cesare n’a pas eu une vie fantastique. Il a travaillé toute sa vie assis derrière un bureau, pour nourrir sa famille. Et ce n’est pas sa vie amoureuse qui lui a apporté plus de folie, car il l’a partagée avec une femme dont il n’était pas véritablement épris… On peut finalement dire que notre narrateur est passé à côté de sa vie, par facilité, ou du moins par manque de courage. Malgré tout, il a connu quelques bonheurs, notamment grâce à une belle amitié avec Marino, et à quelques aventures extra-conjugales.

Aujourd’hui, à 77 ans, Cesare coule des jours tranquilles dans son appartement napolitain. Il échange quelques mots avec sa voisine, une vieille dame à chats, et continue de fréquenter Marino. 

Il s’entend assez bien avec ses enfants, Sveva l’avocate légèrement psychorigide, et Dante qui ne lui a jamais annoncé son homosexualité, qui saute pourtant aux yeux.

Le quotidien routinier de Cesare pourrait bien changer, avec l’arrivée d’Emma, sa jeune voisine…

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Non, Cesare et Emma ne vont pas tomber fous amoureux, même si Cesare nous dit dès le départ que la trentenaire est très jolie. L’histoire est un peu plus originale que cela, plus tragique aussi.

Ce roman m’a beaucoup plu, car comme annoncé par Popcorn&Gibberish, il nous fait ressentir différents sentiments. Tout d’abord, on s’attache au personnage de Cesare. Ce n’est pas un papy gâteau tout doux, tout tendre, mais on l’aime avec ses nombreux défauts. Au final, ce sont même ces défauts qui font que l’on s’attache autant, car ils contribuent à le rendre profondément humain.

Ensuite, on s’émeut en découvrant les destins des différents habitants de l’immeuble.

On s’inquiète et on s’insurge pour une en particulier.

L’auteur parvient à nous dépeindre des personnages tous très intéressants, très touchants, sans pour autant nous servir de la guimauve… D’ailleurs, c’est ce qui pourra déplaire à certains lecteurs, qui s’attendent à un livre totalement feel-good, à la fin en arc-en-ciel… Ce roman n’est pas tout rose. Mais je n’en dirai pas plus…

Finalement, si le titre n’avait pas déjà été pris par Maupassant, Lorenzo Marone aurait pu baptiser son roman « une vie » car c’est bien cela qu’il nous décrit, la vie d’un type lambda, un certain Cesare… avec ses joies, ses déceptions, ses valeurs, ses défauts…

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Ce roman a un petit goût de Nos Nuits deviendront des Jours, en moins rose, en plus réaliste.

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Mon seul regret sera de ne pas pouvoir prêter ce livre à mes amis, car je l’ai acheté en italien. Je n’aurai qu’à donner son nom le plus possible, en insistant à coups de grands « Il est génial ! Il FAUT que tu le lises ! Vraiment ! » en espérant que cela marche…

L’Enfant des Sortilèges – Ulrich Stalker

L’enfant des sortilèges est un roman paru le 8 mai 2017 aux éditions Librinova

Il s’agit du premier roman d’Ulrich Stalker, qui explique écrire pour « éveiller les lecteurs, pour les inciter à se poser des questions et à réfléchir sur une époque en crise ».

C’est ma Mum qui a lu ce roman, et vous propose son avis…

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L’histoire

C’est dans l’arrière boutique de la librairie que Mathieu pousse son premier cri. Petit-fils et fils d’un Libraire marié à une dijonnaise qui a « l’ambition d’une caissière devenue patronne », le nouveau né portera le prénom de son grand-père, comme le veut la tradition bourgeoise.

Certains voient déjà dans cette naissance le signe d’un présage, nul doute que cet enfant pressé deviendra libraire à son tour.

La famille La Ferrière est établie à Saint germain Des Prés, où Mathieu grandit dans le foisonnement culturel transmis par son père, grand amoureux de livres, tandis que son frère Olivier excelle dans le domaine sportif.

Mathieu ravit ses professeurs. C’est un excellent élève qui voue tout son temps aux études, à la littérature et à la musique, prostré dans sa chambre à rédiger des notes sur ses lectures ; il sort peu, a peu d’amis et son tempérament réservé cache une grand solitude doublée d’une tendance dépressive.

A l’époque des Rolling Stones et des Pink floyd, de la liberté sexuelle et des grands débats politiques, Mathieu cite Sénèque, adule Beethoven. Il est totalement niais avec les filles et déteste la politique.

Son oncle psychiatre s’ inquiète de sa santé mentale. Pour lui, la solitude est une réelle entrave au bonheur et il craint que le métier de libraire l’empêche de s’épanouir.

La mère de Mathieu saura aborder le sujet de son avenir, et le moment voulu, Mathieu s’orientera vers des études de médecine.

Rien de tel pour se confronter à la réalité de la vie et s’ouvrir aux
autres…

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J’ai aimé ce livre.

« Si l’homme et l’animal se distinguent, c’est parce-que l’animal est à sa naissance ce qu’il sera toute sa vie, alors que l’homme, par sa perfectibilité apparaît comme un être dynamique et inventif
capable de se surpasser, et de devenir autre chose que ce que la nature a fait de lui ».

Cette citation de J. J. Rousseau précède le prologue du livre et en résume parfaitement le contenu.

Mathieu évolue dans un milieu bourgeois, on pourrait croire dès la première page du livre que son avenir est tout tracé ; il pourrait devenir libraire dans la continuité de ses aïeuls et dans ce cas, il demeurerait confiné dans ses livres, solitaire et dépressif.

Heureusement, ses parents veulent l’épanouissement de leurs fils, qu’il se construisent en fonction de leurs aspirations personnelles. Ils ne jugent pas, respectent la particularité de chacun des deux garçons. Ils vont plus loin encore en guidant leurs enfants vers des métiers adaptés à leurs compétences et à leurs caractères respectifs.

C’est presque trop beau pour être vrai. En tout cas, il est rassurant de voir que l’homme a la capacité de changer le cours de sa vie.

Mathieu s’épanouit donc en tant que médecin, son frère, se destine à une carrière de sportif de haut niveau.

L’histoire est bien écrite, les personnages attachants et pour moi qui travaille dans le domaine paramédical, je n’ai pas relevé d’incohérence dans la façon dont Mathieu exerce son métier.

Juste une remarque : les parents sont presque trop parfaits ! Intelligents, à l’écoute de leurs enfants, tolérants, instruits, fins psychologues… Sans eux Mathieu n’aurait jamais été capable de « devenir autre chose que ce que la nature a fait de lui ».

Mazarine Pingeot – Le Cimetière des Poupées

Mazarine Pingeot est une femme de lettres, née en 1974 à Avignon. Elle est aussi, il serait surprenant de ne pas le dire, la fille de François Mitterand, née de sa relation avec Anne Pingeot.

Elle a écrit plusieurs romans, et celui que je m’apprête à vous présenter n’est pas son premier. Il est paru en 2007.

Le Cimetière des Poupées est un ouvrage de fiction, qui s’inspire d’un fait divers qui a profondément marqué l’opinion l’année précédant sa sortie… l’affaire des bébés congelés des époux Courjault.

Pour rappel, il s’agit d’un couple d’expatriés installé à Séoul, dont le mari avait retrouvé deux corps de bébés dans le congélateur de la maison familiale. Après de nombreux rebondissements, Dominique Courjault avait avoué le meurtre des nourrissons, et un troisième meurtre antérieur, commis en France.

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Dans son court roman (il tient en 170 pages aux éditions Points), Mazarine Pingeot nous livre l’histoire d’une femme infanticide. La narratrice se trouve en prison, et rédige une lettre dans laquelle elle s’adresse à son mari. Tout le roman est donc écrit à la seconde personne du singulier.

La missive retrace la vie de son expéditrice, et brosse le portrait d’un couple bancal, au sein duquel la femme a toujours été étouffée.

Le lecteur se retrouve en bien mauvaise posture, puisque rapidement, il ressent de la pitié et de l’empathie pour cette femme, au point de parfois comprendre son geste fou…

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Ce roman aurait pu rappeler Chanson Douce de Leila Slimani (sorti après, puisque je le rappelle, il s’agit du dernier Goncourt). Le thème est assez proche.

Mais ces deux livres sont assez différents, ne serait-ce que par le style.

J’ai moyennement accroché à cette lecture. Le style est accessible, et l’on ne peine pas à suivre le récit. Mais il est à mon sens nécessaire de connaître ne serait-ce que vaguement, le fait divers qui a inspiré l’auteure, sinon l’on reste vraiment avec un sentiment d’inachevé. En effet, à aucun moment la narratrice ne met de mots précis sur son acte. Jamais elle ne dit clairement ce qu’elle a fait, et ne détaille le moment où tout a basculé. Il aurait été important à mon sens, de ne pas zapper cet instant crucial, qui aurait dû servir de conclusion au roman.

Au lieu de cela, nous revivons la rencontre, les premiers instants du couple, l’enfance de l’épouse. C’est bien écrit, mais pas assez percutant pour me convaincre entièrement…