Romy – David Lelait Helo

Grâce à un jeu concours organisé par mon émission de radio fétiche (La Curiosité, RTL) j’ai remporté un lot de deux livres, dont la biographie de Romy Schneider par David Lelait Helo.

Ce livre sort 35 ans après la disparition de l’actrice, dans des circonstances qui restent troubles.

J’aime énormément les biographies, au point de lire celles d’artistes dont je ne connais aucune oeuvre. Ce fut le cas pour celle-ci, car je l’avoue, je n’ai à ce jour encore visionné aucun film avec Romy Schneider (non non, pas même Sissi) !

David Lelait Helo, journaliste au magazine Nous Deux, n’en est pas à son coup d’essai, puisque avant de publier Romy, il a déjà écrit de nombreuses biographies, dont la première Evita, Le destin mythique d’Eva Perón, remonte à 1997. Il a aussi écrit sur Maria Callas, Dalida, Vanessa Paradis…

Et après avoir lu Romy, je pense me mettre en quête de ses autres livres, car j’ai beaucoup apprécié son style.

Le biographe retrace les grands événements de la vie de l’artiste, en se faisant oublier. L’on suit le récit, sans voir les minutes filer, tant l’on est captivés par ce destin hors normes.

Il y a beaucoup de sensibilité dans ce livre, et c’est un portrait à la fois délicat et respectueux que dresse son auteur.

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Même pour moi qui ne connaissais pas du tout Romy Shneider, à part dans les (très) grandes lignes, il a été très facile de me repérer dans ma lecture.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai désormais fort envie de découvrir la filmographie de Romy Schneider, et que je ne commencerai pas par les Sissi ! En effet, j’ignorais que l’actrice les avait tournés plutôt à contre-cœur…

Vous l’aurez deviné je pense, ce livre m’a passionnée. Notez également qu’il contient un rabat de chaque côté de la couverture, incluant des photos de Romy Schneider. Vous pourrez le trouver pour 18 € aux éditions Télémaque.

 

Dalida, le biopic

Pendant des années, lorsque j’étais gamine, j’adorais Dalida. Je crois que j’étais ce que l’on peut appeler une fan, en ce sens que je découpais les articles du programme télé sur elle, demandais à mon père d’enregistrer les émissions à son sujet pour les visionner en boucle, et écoutais ses K7 non-stop (oui des cassettes, et si tu ne sais pas ce que c’est, Google est ton ami ! :p ).

Je n’ai pourtant pas connu Dalida de son vivant, puisque la star a mis fin à ses jours un mois ava,t ma naissance (comme ça tu peux calculer mon âge si cela te fait plaisir) mais malgré tout, ses chansons ont bercé ma jeunesse !

En 1997, j’avais dix ans, et à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition, les télés ont diffusé quelques documentaires consacrés à Dalida. 

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Biographie détaillée

(tu peux scroller tout le texte bleu si tu souhaites t’en tenir à la version ultra -abrégée) !

Dalida, de son vrai nom Iolanda Gigliotti est née en 1933 au Caire, dans une famille italienne. Son père est Premier violon à l’opéra, et sa mère ne travaille pas. Elle est la seule fille, et a deux frères : Orlando et Bruno.

L’enfance de celle qui deviendra Dalida, est marquée par différentes opérations des yeux, sensées la guérir d’une infection contractée pendant son plus jeune âge. Pendant certaines périodes, elle vivra avec un bandeau sur les yeux, avec pour seul repaire, la musique du violon de son père… De là, elle gardera une peur du noir, et dormira toujours avec la lumière allumée. Le fait d’avoir dû porter des lunettes dans son enfance marquera aussi profondément Iolanda, très sensible à l’image que les autres ont d’elle…

En 1951, Iolanda se présente en cachette à un concours de beauté. Cela fait scandale dans sa famille, car elle prend la pose en bikini… C’est un déclic pour elle, qui a toujours été fascinée par les icônes de l’époque … Elle enchaînera en se présentant à Miss Egype, en 1954… et en terminant en haut du podium.

Son titre lui sert de tremplin et lui permet de tourner dans quelques films, avant de s’envoler pour Paris, toujours en 1954.

Mais tout n’est pas si facile, et la jeune femme se retrouve seule dans la grande ville, fort différente de son Caire natal.

De fil en aiguille, le rêve de devenir actrice s’éloigne, tandis que Yolanda caresse le projet de devenir chanteuse. Elle prend des cours, travaille dur et fait des essais dans différents cabarets.

C’est Bruno Coquatrix qui la repère et l’invite à chanter une première fois sur Europe 1. De fil en aiguille, elle rencontre Lucien Morisse, directeur Artistique d’Europe 1, qu’elle épousera, et Eddy Barclay.

La chanson qui l’a réellement révélée au grand public est Bambino. Lucien Morisse invente spécialement pour cette chanson, et pour sa protégée, le matraquage, qui consiste à diffuser le titre sur les ondes de façon répétée, pour être bien sûr que n’importe qui l’entende au maximum !

Suivront le tube Gondolier, le premier disque d’or, la foule en délire, les concerts,… La carrière de Dalida est lancée ! Le public l’adore !

Lucien Morisse a beau être déjà marié, il quitte sa femme, et épouse Dalida en 1961. Mais Dalida semble s’être mariée par reconnaissance, beaucoup plus que par amour… L’union avec son mentor ne durera pas. Elle rencontre l’acteur Jean Sobieski à Cannes, et tombe follement amoureuse de lui…

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Ci-dessus : Dalida et Jean Sobieski

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La séparation d’avec Lucien Morisse ne se passe pas sans douleur, car il en veut énormément à Dalida et décide de lui faire payer sa trahison en ne la diffusant plus sur Europe 1 notamment. Mais Dalida continue son ascension fulgurante… Loin d’être effrayée par la vague yé-yé qui déferle sur la France, elle relève le défi et part même à la conquête de l’Asie…

C’est en 1964, que Yolanda devient blonde. Peu de temps après, son frère Bruno la rejoint à Paris, et prend le rôle de manager. Il devient Orlando, du nom du deuxième frère.

En 1966, Dalida rencontre Luigi Tenco, un jeune chanteur italien, qui propose une chanson pour le festival de San Remo. Le principe du festival est de présenter une star reconnue et un artiste moins connu, sur un même titre. Luigi Tenco et Dalida participeront ensemble, et interpréteront Ciao Amore Ciao... un titre qui résonne tristement, quand on sait que Tenco et Dalida entretiendront une courte idylle, avant que Tenco ne se suicide, le soir de la représentation…

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Trop stressé, il boit avant de monter sur scène. Son interprétation est ratée. Le public ne suit pas. Et malgré la prestation réussie de Dalida, et leur futur mariage programmé, Tenco se tire une balle dans sa chambre d’hôtel.

Cet événement dramatique semble marquer profondément la vie de Dalida. C’est elle qui découvre le corps sans vie de Luigi Tenco. Et quelques mois plus tard, ne parvenant pas à remonter la pente, elle tente une première fois de se suicider.

 

Le film

C’est à ce moment là que le film commence, quand Dalida commet une première fois l’irréparable. Elle est sauvée de justesse par un employé de l’hôtel, qui prévient les secours…

Nous suivons Dalida jusqu’à la chambre d’hôtel, puis voyons ensuite ses proches, qui parlent d’elle avec le Psychiatre. Il y a son frère Bruno (Orlando pour son nom de manager), Lucien Morisse, et d’autres qui apparaissent au fur et à mesure que l’on avance dans le film…

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(Retour à la biographie)

Dalida échappe de peu à la mort, et entre dans une phase particulière de sa vie. Elle lit, se cultive, et s’intéresse à la méditation, au yoga. Elle continue également de chanter, et de voyager. Elle part finalement pour l’Inde, où elle rencontre un sage.

Lucien Morisse se suicide en 1970. C’est encore un coup dur pour Dalida…

La carrière de la chanteuse continue, et les succès s’enchaînent. Dalida semble intemporelle. Elle s’adapte aux modes, et trouve toujours son public. Elle connait de nombreux succès, parmi lesquels son duo avec Alain Delon, Parole Parole en 1973.

Mais paradoxalement, elle est toujours très seule, et n’a qu’un seul rêve, qui s’éloigne de plus en plus… fonder un foyer, avec un mari et un enfant… Toutes les femmes rêvent d’être Dalida, mais Dalida les envie et aimerait être comme ses fans…

Elle noue une nouvelle relation avec le surprenant Comte de Saint-Germain, que l’on pourrait qualifier de doux illuminé, pour ses penchants mythomanes…

Et puis, Pascal Sevran lui propose une chanson en 1973, « Il Venait d’avoir 18 ans ». Le titre est un immense succès… C’est aussi une chanson qui touche profondément Dalida, car elle fait secrètement référence à Lucio, un étudiant de 22 ans, qu’elle fréquentait lorsqu’elle a elle-même 34 ans…

Dalida a quitté Lucio après être tombée enceinte de lui. Leur écart d’âge était trop important, Dalida a préféré se faire avorter, malgré le sacrifice que cela représentait…

Dalida chante dans tous les pays, dans toutes les langues. Partout ou presque, elle est acclamée. Son succès ne connait pas de frontières. Elle chante notamment en arabe, et interprète « Salma Ya Salama« , une chanson égyptienne encore bien connue de nos jours !

Dalida connait une période disco, porte des robes à paillettes, et continue de faire salle comble.

Sa vie privée n’est pas épanouissante. Elle se noie dans le travail pour oublier ses soucis avec les hommes.

Troisième drame dans la vie de Dali, le Comte de Saint Germain, dont elle est séparée, se suicide en 1982. Trois de ses ex se sont ôté la vie. Tout cela est difficile à encaisser pour elle…

Dalida semble amoindrie, fatiguée. Elle accepte néanmoins de tourner dans un film de Youssef Chahine, metteur en scène égyptien. Elle tient le rôle central dans le Sixième Jour.

Le film ne rencontre pas le succès attendu, pourtant Dalida y est très touchante dans le rôle d’une grand-mère égyptienne.

Le 3 mai 1987, Yolanda décide de mettre fin à ses jours. Elle s’arrange pour congédier son employée de maison, fait mine de partir en voiture, puis revient à sa maison de Montmartre, et avale une forte dose de barbituriques. Elle laisse une note  « La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi. »

 

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Sveva Alviti

Le film de Lisa Azuelos est impressionnant. La Réalisatrice avait pensé confier le rôle clef à une actrice connue et reconnue. Fut un temps, Pénélope Cruz était évoquée, avant que l’on parle plus sérieusement de Nadia Fares. C’est finalement une (presque) parfaite inconnue qui a décroché la place : Sveva Alviti. Mannequin et ancienne joueuse de tennis, la jeune italienne de 32 ans a toujours rêvé d’être actrice, mais Dalida est son premier vrai grand rôle. Et elle relève pleinement le défi…

La ressemblance physique avec Dalida n’est pas ce qui trouble le plus, car Sveva n’est pas un sosie de la chanteuse. Par contre, sa gestuelle et son interprétation font le reste… Sans jamais singer, elle incarne une Dalida plus vivante que jamais. Pour moi qui ai vu et revu les reportages sur Dalida, je n’ai pas revu les images, recopiées par Sveva, comme si l’actrice s’était entraînée devant les vidéos. Au contraire, j’ai assisté à quelque chose de nouveau, et de tout à fait crédible !

Par moment, l’interprétation est tellement réussie, que l’on a l’impression de voir la vraie Dalida sur l’écran !

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Et les autres acteurs ?

Oui, avec cette Sveva qui crève l’écran, on en oublierait presque le reste du casting, qui est pourtant énormissime ! Lucien Morisse est campé par l’excellent Jean-Paul Rouve. Je ne connaissais pas Riccardo Scamarcio, qui incarne Orlando avec (plus que) brio. Nicolas Duvauchelle m’avait déjà convaincue dans Maintenant ou Jamais, aux côtés de Leïla Bekhti. Là, il joue le rôle du Comte de Saint-Germain. Il y a aussi Patrick Timsit, et Vincent Perez… que du beau monde, connu ou moins connu, mais toujours fort crédible.

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Faut-il aller voir ce biopic ?

J’avais de grandes attentes par rapport à ce film. Je savais que je capterais sans effort la moindre erreur dans la bio de Dalida, et que je serais par conséquent un juge sévère.

Mais je me doutais aussi que le film me plairait, car j’avais entendu beaucoup de critiques très emballées. Et puis, il faut être un peu masochiste pour s’attaquer à un tel monument de culture populaire, et risquer les critiques des fans…

D’ailleurs, j’avais déjà vu le téléfilm en plusieurs parties, diffusé en 2005, avec Sabrina Ferrilli dans le rôle de Dalida. Et j’avais trouvé que celui-ci était fort réussi…

Oui, j’ai adoré le film. A la fin de la projection, si l’on m’avait proposé de regarder une deuxième fois le film, qui dure 2 h 00, j’aurais dit OUI sans aucune hésitation.

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La Réalisatrice a travaillé avec l’accord d’Orlando, et n’a donc pas ressorti de vieux dossiers du placard sans aucun respect pour les proches de la chanteuse disparue. Elle ne s’est pas contentée de brosser un portrait parfaitement lisse de Dali. En effet, elle a abordé ses faiblesses, et notamment son besoin viscéral de plaire au public, d’être aimée.

On retient de ce film que malgré une carrière impressionnante, Dalida a toujours manqué de l’essentiel : l’amour, le vrai. Elle a énormément souffert de l’absence d’un enfant, et a vécu de trop nombreux drames, qui ne lui ont pas permis de faire face…

Lisa Azuelos n’a pas fait l’impasse sur l’épisode douloureux de l’avortement, et a même évoqué les troubles du comportement alimentaires (comme on les appellerait aujourd’hui) dont souffrait l’icône à la fin de sa vie. En effet, Dalida était obsédée par sa ligne et se faisait vomir.

Lisa Azuelos a su trouver le juste équilibre, pour montrer Dalida en toute justesse, sans écorner son image, mais sans pour autant donner à voir un portrait factice, trop lisse, trop pailleté. Elle respecte la femme derrière la star, explique ce qui a pu passer pour des erreurs (son infidélité vis à vis de Lucien Morisse par exemple), et nous livre un biopic époustouflant… 

OUI il faut aller voir ce film, que vous soyez ou non fans de Dalida.

Et je pense que trente ans après la mort de l’icône, de nombreux fans vont encore voir le jour !

[Lecture] Jamais assez Maigre

Au départ je ne pensais pas lire le témoignage de Victoire Maçon Dauxerre car, bien que le sujet m’intéresse, je craignais d’avoir déjà tout entendu dans les interviews qu’elle avait pu donner. Je l’avais en effet entendue sur Europe 1, dans 7 à 8, et je suivais sa page Facebook.

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Et puis finalement, après avoir lu une en énième critique enthousiaste sur un blog, je me suis décidée ! J’avais un voyage de 3 heures en car. Ce livre m’accompagnerait !

Victoire a dix-huit ans et une vie d’adolescente épanouie, avec des parents aimants, deux petits frères, et son chat adoré.

C’est une jeune femme perfectionniste, stressée et exigeante avec elle-même, qui vise de belles études ; science po ou hypokhâgne.

Un jour alors qu’elle fait du shopping avec sa maman, elle est abordée par un homme qui lui jure voir en elle la future Claudia Shiffer…

Victoire n’a pas le fantasme de devenir top model. Elle a les pieds sur terre et d’autres projets à des années lumières de la mode… mais petit à petit, elle va goûter aux paillettes, à la gloire, prendre goût au « merveilleux » monde des catwalks, et sombrer dans l’anorexie

Déjà très mince avant de commencer le mannequinat, Victoire va devoir perdre 6 kilos pour atteindre les objectifs qu’elle se fixe pour entrer dans une taille 32 avec son 1,78 m.

Elle qui a toujours été exigeante avec elle-même se met à contrôler son corps, et à maigrir, au point d’atteindre 47 kilos…

***

Ce témoignage m’a tenue en haleine et j’ai lu ce livre en deux fois. J’ai dû m’interrompre au milieu car nous étions arrivés à destination. Mais je l’ai gardé en tête jusqu’à ce que je puisse le terminer. Et une fois la dernière page tournée, j’ai continué à y penser.

***

L’auteure nous décrit l’enfer des castings, la sensation de n’être qu’un cintre au service de gens qui ne daignent même pas appeler les mannequins par leur prénom.

Elle explique les séances d’essais coiffure et maquillage avant les défilés, au cours desquels il arrive que l’on massacre sciemment les cheveux des mannequins avec des produits très agressifs. Peu importe, d’autres filles seront recrutés pour le jour J !

Elle nous parle de l’obsession des kilos, de la voix terrible qui lui répète dans sa tête qu’elle est grosse dès qu’elle s’autorise un gramme de poulet. Elle décrit sa lente descente en enfer, son renoncement à la vie sociale, puisque manger au restaurant lui est désormais impossible…

Elle nous parle du froid qui l’accompagne partout, de l’impossibilité à se concentrer, de l’arrêt de ses règles, des lavements…

Le témoignage est très dur et donne envie de se révolter. On se demande comment tout cela peut encore avoir lieu en 2016 et pourquoi une loi ne protège toujours pas les mannequins… (oui oui il y a une loi fixant un IMC minimum en France, pour pouvoir défiler, mais quand on voit les images des fashion weeks à la télé, on peut se demander si les choses changent vraiment, non ?).

On comprend par contre l’engrenage dans lequel tombe les jeunes femmes, l’adrénaline et l’espoir qui font qu’elles ne peuvent pas en sortir d’un simple claquement de doigt.

J’ai été en colère contre les parents qui ne voyaient pas le danger que courait Victoire, et qui la poussaient à s’accrocher alors qu’elle voulait tout arrêter. J’ai surtout détesté les stylistes, les directeurs de castings, tous ceux qui mangeaient devant elle et la félicitaient d’être de plus en plus maigre… l’encourageant à se détruire toujours plus…

Ce livre est très vite lu, mais il marque. On passe deux heures, à en tourner les pages, mais il occupe les pensées encore longtemps après.

Je ne regrette pas de l’avoir lu, et vous recommande de le lire à votre tour si vous aimez les témoignages et histoires vraies,… Ou si vous envisagez une carrière de mannequin !

Du Rimmel et des Larmes – Biographie politique

Le rayon politico-people est généralement l’un de ceux que je délaisse lorsque je me balade dans les librairies ou bibliothèques. La politique et surtout les politiciens, m’intéressent bien peu et m’agacent pour la plupart.

C’est dans une petite boîte de book-crossing que j’ai trouvé cette biographie de Rachida Dati, écrite par Jacqueline Remy. Au dos on apprend que l’auteure est une journaliste, écrivaine. Elle a travaillé pour l’Express, et collabore régulièrement avec Marianne.

J’ai pris ce livre sans grande conviction, en me disant que j’allais l’entamer sur place (la boîte se trouve vers la plage) et que je le reposerais s’il ne m’emballait pas.

Et finalement j’ai bien accroché à la plume de Jacqueline Remy !

Le portrait qu’elle dresse de Rachida Dati n’est guère flatteur. Elle dépeint une jeune femme ambitieuse mais pas franchement travailleuse, qui a l’art de déléguer. Elle nous explique comment l’ex ministre originaire des cités, a appris très tôt à se rapprocher des gens importants en osant frapper directement aux bonnes portes, de façon parfois très insistante…

On découvre une Rachida Dati manipulatrice, séductrice, qui sait se créer rapidement des amitiés avec les personnes susceptibles de lui servir…

Elle n’hésite pas à tutoyer, à copiner rapidement, en se moquant des codes.

Le portrait n’est vraiment pas reluisant… Mais l’auteur cite régulièrement ses sources alors on a tendance à la croire, d’autant que Rachida Dati est de ces personnes que l’on adore ou que l’on déteste, sans demi-mesure !

Dans du Rimmel et des Larmes, Rachida Dati apparaît comme une imposteur, qui arrange la réalité selon les situations, et ment régulièrement sur son passé. Elle joue de ses origines, et accuse de xénophobie ceux qui lui refusent leur soutien. Elle maquille son parcours, ses diplômes et expériences professionnelles selon ses besoins… et parvient à ses fins grâce à son incroyable culot et à sa beauté.

J’ai été surprise d’accrocher autant à ce récit et d’avoir du mal à refermer le livre ! Du coup, je vous conseille cette biographie…

Même sans avoir suivi l’actualité de près, vous ne serez pas perdus. L’auteur s’attarde surtout sur la psychologie de l’ex garde des sceaux et nous resitue les événements avant d’entrer plus en détails. Cela se lit donc sans aucune difficulté (la preuve, j’ai lu la moitié des 200 pages que fait ce livre, à la plage !).

 

 

Lennon de David Foenkinos

Je ne sais pas pourquoi j’ai mis si longtemps avant d’ouvrir un livre de David Foenkinos… mais une chose est sûre, je rattrape mon retard ! En effet, j’ai adoré En Cas de Bonheur, et depuis cette découverte, j’achète tous les livres de cet auteur, et essaie de me retenir pour ne pas les lire tous à la suite… Il faut faire durer le plaisir…

Dernièrement, j’ai ouvert Lennon, la biographie du Beatle, comme on déballe un bonbon…

C’est une biographie écrite à la première personne que nous propose David Foenkinos, comme si Lennon se racontait au lecteur. On entre dans le vif du sujet dès les toutes premières lignes, et on se laisse porter par le style si particulier de l’auteur… c’est simple à lire, pas du tout tarabiscoté, et pourtant chaque phrase ou presque pourrait mériter d’être surlignée tant elle est belle et sonne vrai…

« Je suis si célèbre que ma vie appartient à tous. Tout le monde a un avis sur ce que j’ai vécu. »

Les Beattles ce n’est pas vraiment ma génération, et même si comme tout le monde, je connais certains refrains, j’avoue manquer cruellement de culture sur le sujet. Pourtant, j’ai totalement accroché à cette bio.

Je l’ai lue comme un roman, et s’en est un… J’ai découvert que Lennon avait eu une vie bien moins sage que ce que je pouvais croire jusque là, une vie marquée par la drogue, le sexe, et la musique évidemment.

David Foenkinos retrace la vie de John Lennon, depuis son enfance compliquée puisqu’il n’était pas désiré par ses parents, jusqu’à son assassinat. On découvre comment le groupe s’est formé, comment il a évolué. On prend conscience de la folie qu’ont pu engendrer le succès rapide et l’hystérie des fans.

Enfin, Lennon par la plume de Foenkinos, nous parle de son seul vrai et grand amour, Yoko Ono…

« Ma rencontre avec Yoko a été l’effacement de ma vie avant elle. »

Toujours à propos de Yoho Ono : « Elle n’était pas une femme, mais un monde. »

C’est une belle biographie, très bien écrite, très facile à lire, et qui nous apprend des choses. Certes, les passionnés sauront déjà tout cela, mais pour le lecteur lambda qui n’a pas connu la folie Beatles, c’est un bon début pour creuser ensuite le sujet avec d’autres ouvrages, ou une bonne lecture divertissante !

 

 

Marie-Antoinette, la biographie par Stefan Zweig

Ma pile de livres à lire atteint des sommets, qu’il s’agisse de la pile papier, ou de la pile numérique. J’ai des livres partout, partout, partout. Mais… je continue à faire des découvertes (notamment sur les blogs !!) et à avoir envie d’en rajouter, encore et encore. Sauf que cela ne sert pas à grand chose tant que je manque de temps pour les lire tous ces beaux livres !

Alors quand j’ai craqué sur la biographie de Marie-Antoinette, je l’ai fait de façon raisonnable (applaudissez-moi donc !)… J’ai opté pour l’audiobook, que je pourrais écouter pendant mes longues heures d’archivage au bureau ! Pas bête non ?

Cet audiobook est paru chez Audiolib, et il se compose de deux CD, pour une durée d’écoute de 18 h 20, pas moins ! Le texte est lu par Laurent Jacquet.

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Pour le côté technique…

Lorsque l’on insert les CD dans un lecteur, on peut trouver des pistes audio d’environ 15 minutes chacune, au format MP3. C’est fort pratique car on peut soit lire les CD tels quels sur un lecteur MP3, soit les transférer très simplement vers un baladeur ou un smartphone.

Le livre en lui-même…

J’avais un peu peur que la biographie soit écrite dans un style un peu soutenu, un peu vieillot, qui ferait que j’aurais du mal à suivre l’histoire en faisant autre chose en même temps.

Parfois cela m’arrive d’écouter une émission de radio en faisant du classement, et de m’apercevoir qu’en fait je n’écoute rien du tout, et que je serais incapable de dire de quoi cela parlait.

Et bien là, pas de souci. Le récit est tout sauf ampoulé. Il n’y a pas de termes compliqués que j’aurais eu du mal à saisir. Les phrases sont simples, et on suit la biographie de Marie-Antoinette comme on écouterait un reportage ou une histoire. C’est prenant.

La biographie est proposée de façon chronologique, et le récit s’articule autour de grands thèmes. Stefan Zweig nous parle de l’éducation de celle qui deviendra Reine, de son manque d’intérêt vis à vis de la culture, de son manque d’attention également. 

Il décrit aussi la rencontre, le mariage et les premières années chaotiques avec Louis XVI.. chaotiques car le Roi souffre d’impuissance, et que les ragots vont bon train dans toute l’Europe à l’époque…

On suite l’histoire de Marie-Antoinette, rythmée par des événements marquants, comme la naissance de ses enfants, l’affaire du collier, et bien-sûr la Terreur…

 

Une belle analyse…

J’ai beaucoup apprécié le fait que Stefan Zweig rapporte des faits, mais les analyse également, les replace dans un contexte. Il nous permet de bien comprendre l’importance de tel ou tel événement pour l’époque. Par exemple, il explique qu’à la cour, il était essentiel d’être le moins naturel possible, de suivre tout un ensemble de comportements codifiés, chose que Marie-Antoinette peinait à faire…

 

Enfin, Laurent Jacquet est la voix de cet audiobook. J’ai beaucoup aimé sa façon de raconter l’histoire, de façon posée, très simple, pas du tout lassante !

 

Cette biographie m’a beaucoup intéressée et permis d’apprendre énormément de choses, sans efforts. Je me suis passionnée pour l’histoire racontée par Stefan Zweig, et je n’ai maintenant qu’une envie… découvrir sa biographie de Marie Stuart… Peut-être en audiobook également !

 

[Lecture] La Dernière Nuit du Rais

Dans ma jolie ville de Besançon, nous avions la chance d’avoir un beau salon littéraire, intitulé Les Mots Doubs, avec « Doubs » comme la rivière qui entoure la ville justement. Je parle au passé car il a disparu, mais devrait être remplacé par un autre salon… Affaire à suivre !

En 2015 le Salon a accueilli parmi tant d’autres auteurs, l’écrivain algérien Yasmina Khadra. Je ne pouvais pas ne pas me rendre à sa conférence, car c’est l’un de mes auteurs favoris depuis des années. J’achète tous ses livres et n’ai absolument jamais été déçue !
Yasmina Khadra écrit sous un pseudonyme ; les prénoms de sa femme en réalité, car il est un ancien militaire, et quand il était encore dans l’armée, il ne pouvait pas dévoiler sa véritable identité.

Maintenant, comme il le dit lui-même, tout le monde sait bien qu’il est un homme ! Et en effet, le succès a fait que de son anonymat il ne reste pas grand-chose.
Il suffit de voir la file d’attente qu’il y avait pour assister à sa conférence, et les éclats de voix qui ont fusé quand la sécurité a annoncé que la salle était pleine et que tout le monde ne pourrait pas entrer !
En tout cas, nous avons eu nos places, et avons réellement apprécié la conférence. Je m’attendais à rencontrer un écrivain que j’apprécie, mais j’ai été encore plus conquise que je ne l’aurais cru, par la gentillesse de Yasmina Khadra, et par ses mots qui font mouche. Du coup, en sortant, nous avons décidé mon homme et moi-même, d’acheter son dernier livre, et de le faire dédicacer. C’était l’occasion !

A noter, mon homme est un fan de science fiction, et n’avait jusque là jamais rien lu de Yasmina Khadra, mais après l’avoir vu, et avoir échangé quelques mots pendant la séance de dédicace, il était très emballé pour lire le livre !

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Ce dernier roman, c’est La Dernière Nuit du Rais. Et cela parle de Khadafi. Et là je vous vois déjà m’écrire en commentaire que le sujet ne vous intéresse pas plus que cela…

J’aurais pu en dire de même, car si ce livre n’avait pas été écrit par un auteur que j’apprécie autant, il y a fort à parier que je serais passée à côté. Le sujet ne m’aurait pas attiré. Je l’avoue, je ne me passionne pas pour les dictateurs, et pas plus pour Khadafi en particulier. Mais là, j’ai fait confiance à Yasmina Khadra, car quel que soit le sujet traité, cet auteur a toujours su me faire voyager et me faire quitter le monde réel grâce à son écriture inimitable.

« Je suis fou de rage. Cette larve de Mansour a osé porter la main sur moi. J’ai fait exécuter des proches pour moins que ça. »

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Je ne vous collerai pas le résumé officiel de l’éditeur, qui est très bien fait, mais que vous trouverez aisément grâce à un petit outil assez pratique que l’on appelle Google.^^ Je vous propose plutôt de vous livrer mon propre résumé, moins bien, mais plus personnel !
Dans la Dernière Nuit du Rais, Yasmina Khadra entre dans la peau de l’ancien dictateur libyen, et nous fait découvrir à la première personne, les derniers instants de vie de Mouammar Kadhafi, entre folie et lucidité.
Nous vivons l’expérience glaçante de nous retrouver dans le cerveau de celui que l’on appelait Colonnel Kadafi, tandis que celui-ci se cache pour préserver sa vie. On le suit alors qu’il reçoit ses hommes de confiance, et on découvre comment il est arrivé là où il était, grâce à des passages de flashback.
Le roman se déroule sur une très courte période de temps, comme le titre peut le laisser supposer assez aisément, et s’achève comme dans la vraie histoire, par la mort du Dictateur.

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Yasmina Khadra, c’est une plume, c’est un vocabulaire riche et élégant, mêlé à un style toujours fort accessible. Ce n’est jamais barbant, jamais lourd. Il n’est nul besoin de relire une phrase, ou de revenir en arrière car elle était trop alambiquée.
Nous l’avons vu pendant la conférence, cet auteur aime profondément la langue française. Souvent, il illustre ses propos en utilisant des synonymes, des mots proches, comme s’il avait à cœur de traduire au mieux sa pensée, de trouver le mot le plus juste. Dans ses livres il en va de même. Il choisit méticuleusement ses mots, et nous offre un texte savoureux, presque poétique par moment. Cela se lit vraiment tout seul. D’ailleurs, le livre ne fait que 200 pages, donc c’est un roman relativement court, que vous pourrez lire en environ deux heures !
Au départ, quand Yasmina Khadra emploie la première personne du singulier pour refaire vivre Khadafi, j’ai senti comme une gêne. Ce Dictateur mégalomane et sanguinaire nous apparait presque humain (et il l’était quoi que l’on en dise), avec ses doutes et ses regrets. Je me suis dit ouh la, l’auteur va-t-il jouer sur ce terrain-là et essayer de nous le rendre attachant ?
Et puis non, rapidement, des passages viennent témoigner de la folie du personnage, comme lorsqu’il nous raconte que des années après avoir été moqué par le père de la femme qu’il aimait en secret, il est revenu se venger de façon incroyablement violente.
Le récit est ponctué de coups de folies, de réactions violentes, qui montrent bien à quel point Khadafi ne supportait aucune contradiction, aucune remise en question. Tout le mal qu’il a pu faire, il lui trouve systématiquement une justification.
Le fait notamment d’avoir manqué d’un père explique pas mal de choses. Mais jamais Yasmina Khadra ne songe à nous faire adhérer à tout cela, et à justifier les actes de l’ancien Dictateur. Au contraire, il parvient totalement à exposer sa folie, sa mégalomanie, et à nous faire comprendre le pourquoi et le comment.
Cela n’a pas dû être un livre facile à écrire, et pourtant Yasmina Khadra nous livre ici un roman incroyablement réussi, facile à lire, et qui nous fait comprendre beaucoup de choses sans nous forcer à nous creuser la tête.Le seul reproche que je pourrais lui faire, si vraiment il le fallait, ce serait que j’aurais bien aimé lire encore une centaine de pages de plus, non-pas qu’elles manquent pour que l’histoire soit complète, mais car j’aurais aimé passer encore plus de temps dans ce livre, avec cette écriture si particulière !

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Que le sujet vous attire ou non à première vue, je dirais qu’il faut lire ce livre, car il est réellement bien écrit, et que les pages se tournent toutes seules !
C’est un petit bonbon, un livre que j’avais plaisir à retrouver chaque soir, et du mal à lâcher au moment d’aller dormir… [Elle est cinglée, de parler de « bonbon » pour un bouquin sur Khadafi ?!]

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« Je suis seul face au destin et le destin regarde ailleurs. »