Turin, ça se visite ?

Lorsque l’on évoque l’Italie, les mêmes villes reviennent souvent dans la bouche des gens : Florence, Pise, Venise, Rome… On pense assez rarement à Turin pour le tourisme ; éventuellement à sa voisine, Milan…

Turin n’est pas traditionnellement une ville touristique. Elle a un passé très industriel, intimement lié à FIAT (Fabbrica Italiana Automobili Torino). Longtemps, les gens venaient à Turin pour trouver un emploi, pas pour visiter.

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J’avais visité Turin il y a quelques années, sur une seule journée. La ville m’avait moyennement plu. J’en avaissurtout gardé un souvenir gourmand, puisque j’avais mangé dans un fast food au pied de la mole, le monument le plus connu. Je me rappelle encore de mon burger artisanal au guacamole… Mais Beats (c’était le nom du fast food n’est plus).

Pour le reste, Turin m’était apparue sale, taguée et plutôt stressante, pas du tout en accord avec l’image de dolce vita italienne.

Mais parfois on peut se faire une opinion erronée d’une ville… Et une seconde visite peut permettre de rectifier le tir !

Cette année, j’avais envie de découvrir le musée de l’automobile, qui se trouve à Turin même, dans le quartier de la stazione Lingotto.

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Go go go #Torino !

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Gare d’Asti

Depuis Asti, le train régional desservait la gare de Lingotto, de façon régulière. Turin Lingotto est une gare secondaire, la principale étant Porta Nuova. Du coup, l’on arrive pas en plein centre, mais en périphérie de la ville, dans un quartier un peu tristounet.

Il faut ensuite emprunter la passerelle olympique, qui a été installée pour les JO de Turin, en 2006. Elle enjambe la gare de triage et se reconnait de loin à son arche rouge. C’est une passerelle piétonne.

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Passerelle olympique de #Torino

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Avouez, on dirait le Golden Gate… avec un peu d’imagination ! :-p

 

Le quartier à proximité de la passerelle

Cette visite a été pensée autour de la visite du musée. J’avais prévu d’arriver à l’ouverture, de visiter tranquillement et d’aviser ensuite… La visite du musée a finalement pris plus de trois heures ! Ensuite après un petit pic-nique (à l’arrache à côté d’un supermarché dans un coin paumé. C’est ça aussi les vacances !) j’ai enchaîné sur le visite du centre ville, avec étape métro (j’aime bien tester les métros quand je visite des villes qui en ont un !), et flâné.

Enfin. « Flâné » n’est pas forcément un terme adapté à Turin.

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#metro #Turin #torino

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Torino

Le ticket de métro est à 1,50 € et sur les stations que j’ai fréquentées, je l’ai trouvé très propre…

La ville est très industrielle. Je ne dirais pas qu’elle est moche, mais comparée à la moyenne des autres villes italiennes, je la trouve assez commune… Pas vraiment jolie.

Il y a de jolies choses. Mais l’ensemble n’est pas beau.

On voit des câbles de tram dans tous les sens. Cela manque d’arbres sur les places et globalement on sent que les turinois vivent probablement moins sur les places que les milanais par exemple… Nous n’avons pas ressenti un effort particulier pour rendre les rues agréables.

Torino

Piazza San Carlo

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Piazza Vittorio Veneto

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Piazza Castello

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Piazza Castello

Les places sont immenses, et souvent il y a de grandes terrasses avec des dizaines de chaises. Donc j’imagine que lorsque les turinois ne sont pas en vacances, ces places sont fréquentées. Mais malgré tout, on se sent dans une grande ville impersonnelle. Vous me direz « normal, c’est une grande ville ! ». Je vous répondrai « Et Milan alors ?!! ». Milan est beaucoup plus jolie. Lancez-moi des tomates si vous voulez. Je maintiens.

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Oui mais il y a un beau château…

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Et un opéra…

Mais alors, je n’ai pas apprécié la visite ?

Siiii… J’ai aimé revoir la mole, jouer autour des fontaines de la place du Château (piazza Castello), regarder passer les trams vintage, et les enfants courir après les bulles de savon… mais un après-midi a suffit pour profiter de la ville. Il n’y avait pas une jolie chose à regarder tous les dix mètres.

La ville m’a semblé intéressante pour ses musées, par pour la flânerie.

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Ah, ça c’était beau par contre !

J’avais cherché s’il était possible de parcourir Turin en vélo. Mais il fallait appeler l’entreprise de location pour réserver et comme l’idée ne m’a effleuré l’esprit qu’à 23 h 00 la veille, c’était râpé.

Mais finalement, le lendemain j’ai pu constater qu’il y avait assez peu de cyclistes à Turin, et que les pistes cyclables n’étaient pas forcément topissimes.

Oui Turin se visite. Oui il y a des musées, des églises, des terrasses où boire de bons cafés. Mais la ville dans son ensemble, est plutôt grise et je n’ai pas eu le sentiment qu’il était plaisant d’y vivre…

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J’ai aimé admirer les façades des églises jumelles, San Carlo et Santa Christina, sur la place San Carlo. Elles étaient fermées lors de notre visite, donc nous n’avons pas pu voir l’intérieur.

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En revanche, j’ai pu entrer dans la Chiesa della Grand Madre, une église toute ronde qui rappelle le Panthéon de Rome ! On y accède notamment par le pont Vittorio Emmanuele I, juste en face. C’est le pont le plus ancien de Turin ; commandé par Napoléon Ier, en 1807.

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Dans l’église, on peut voir une sorte de puis, dans lequel les visiteurs jettent une pièce, par superstition. Sous ce puis, sont enterrés de nombreux défunts ayant trouvé la mort pendant la première guerre mondiale.

Et puis bien-sûr, sur le parvis, il faut prendre le temps de profiter de la vue… Au bout du pont, la via Pô longe la place Vittorio Veneto, la plus grande piazza de Turin.

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Je ne suis pas retournée au Duomo, que j’avais déjà visité il y a trois ans. Mais j’ai pris un bon café glacé au pied de la mole, le monument emblématique de la ville…

La mole, quelle est belle ! On dirait une espèce de grosse cloche, posée là au milieu de la ville. Elle abrite le musée du cinéma, sous son dôme de 167,5 mètres… Elle ne vous dit rien ? Regardez un peu votre monnaie. Sur les pièces de 2 centimes italiennes, en euros donc, c’est elle qui est représentée !

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Le retour vers Asti s’est fait depuis la gare Porta Nuova, plus jolie que celle de Lingotto…

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Vous l’aurez compris, Turin n’est pas ma ville préférée d’Italie. Néanmoins, j’envisagerais d’y retourner pour visiter le musée du cinéma dans la mole. Loin de moi l’idée de vous dissuader de visiter Turin. La preuve, j’y suis allée deux fois et compte y repasser !

Le jardin botanique et la rocca de Bergame

Nous étions déjà venus deux fois à Bergame, et lorsque j’avais suggéré à l’homme d’y retourner une troisième fois, il était assez peu convaincu. Pour lui, c’était petit et nous en avions fait le tour. Mais j’avais insisté (oui, parfois je suis lourdingue), et nous avions finalement programmé une petite journée dans la ville lombarde.

Il s’est avéré que certes, nous avions visité les points les plus connus, mais qu’il restait néanmoins pas mal d’endroits où nous n’avions jamais traîné nos baskets… à commencer par le jardin botanique !

Après avoir admiré la piazza Vecchia et fait le tour des incontournables : la basilique, la cathédrale, le baptistère, nous nous sommes dirigés vers le parc en question. Il faisait chaud, nous avions soif, et besoin d’un petit coup de pied aux fesses !

Comme le veut le dicton, « chi va piano, va sano… e lontano » donc nous avons décidé de nous ménager, en nous offrant un bon café glacé !

Bergamo

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En Italie, on parle de shakerato, car c’est en fait un espresso passé au shaker, avec abondance de glaçons. Dans ce café, il nous a été servi avec une pointe de cacao sur le dessus. Délicieux !

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Correctement requinqués, nous sommes repartis, le plan à la main, à la recherche du jardin… d’abord dans le mauvais sens…

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Vous auriez préféré une 500, un peu plus typique ? Désolée… 😉

Puis finalement, nous avons trouvé l’entrée !

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Le jardin botanique est accessible gratuitement, dans la partie haute de la ville. On y arrive à pieds, en suivant la Scaletta di Colle Aperto.

Les horaires d’ouverture varient selon les périodes de l’année. Vous pourrez les consulter ici, sur le site officiel.

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Jolie vue sur la ville basse, un peu avant d’arriver au jardin.

Bergamo

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Vue sur la ville haute, depuis le jardin.

Depuis le jardin, on jouit d’une vue tout à fait plaisante sur Bergame, et notamment sur ses tours (Gomito et la torre civica). L’endroit est parfait pour avoir un chouette point de vue sur la skyline de Bèrghem (c’est le nom de la ville en Bergamasque).

Oh que j’aime cette ville ! Vraiment, j’ai visité nombre de belles villes en Italie, mais Bergame garde une place toute particulière dans mon cœur. Je dois le dire !

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Le climat est bien différent de notre climat franc-comtois. Et du coup, nous avons été surpris de découvrir certaines plantes. Par exemple, nous n’avions encore jamais vu un ananas. Enfin, si mais juste le fruit, pas la plante… Car non, les ananas ne poussent pas dans un arbre, mais au sol, sur des plantes aux feuilles pointues !

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Ce soir là nous nous sommes couchés moins bêtes…

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Là je ne saurais pas vous dire précisément ce que c’est, mais c’était joli…

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La serre des cactus nous a particulièrement plu, mais nous avons abrégé notre visite car nous nous faisions dévorer par les moustiques…

Bergamo

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C’est probablement pendant que je m’appliquais à prendre ces photos, que des monstres suceurs de sang s’en sont pris à mes jambes, et m’ont filé les patates que j’ai gardé pendant toutes mes vacances… Si j’avais su !!!

Si vous l’ignorez et prévoyez un voyage en Italie, je pense qu’il est utile que je vous le dise… les moustiques tigres ont débarqués là-bas depuis quelques années, même dans le nord. Nous avons été moins massacrés cette années que les années précédentes, mais massacrés quand-même… Je n’ai aucun conseil à vous donner, si ce n’est d’éviter les endroits infestés. Autrement dit, si vous croisez un moustique tigre, fuyez ! Ils sont clairement plus forts que nous, et ni la citronnelle, ni les lotions répulsives, ni même les incantations ne peuvent rien contre eux.

Bergamo

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Nous sommes repartis, un peu déçus de ne pouvoir poursuivre notre visite, et avons pris le chemin de la rocca.

 

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Il y a à Bergame, un château, et une rocca. Il ne faut pas confondre les deux…

La secondea est située sur la colline Sant’Eufemia. Elle fut réalisée entre 1331 et 1336, et subit par la suite de nombreuses modifications.

Les créneaux affichent une « merlatura ghibellina« , c’est à dire qu’ils sont en « queue de pie » et pas droits. Au XIIème siècles, différentes factions s’affrontaient sur le territoire de l’actuelle Italie. D’un côté, les Ghibellini soutenaient l’Empereur, tandis que de l’autre, les Guelfi étaient en faveur du pape.

 

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Les enfants apprécieront de pouvoir approcher un vrai char, et des canons, exposés dans le parc.

Cela me fait penser à vous signaler que Bergame possède aussi un très beau musée d’Histoire naturelle, qui a la particularité de se visiter gratuitement. Nous y sommes allés il y a quelques années, et en gardons un excellent souvenir.

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Nous avons vu une grenade, enfin même plusieurs !

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De là haut, la ville haute était encore plus belle… elle aurait presque mérité que nous attendions le coucher de soleil pour faire des photos dignes de cartes postales !

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Mais bon, toutes les bonnes choses ont une fin, et notre visite à Bergame était incontestablement une bonne chose ! Donc nous sommes repartis, avec la ferme idée de revenir une quatrième fois, et peut-être même une cinquième !

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