Tu ne tueras point – cinéma

 

Cela fait soixante-douze fois que j’efface et reprends mon introduction sur ce film (j’arrondis). Je ne sais pas par où commencer, et comment vous présenter ce chef d’oeuvre…

Fichtre, comme j’aimerais savoir faire de belles chroniques ciné, et arriver à vous dire pourquoi j’ai tellement aimé !

Bon. Assez pleurniché. Je me lance !

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Tu ne Tueras Point est un film de Mel Gibson, qui met en scène Andrew Garfield dans le rôle principal de Desmond Dos. Personnellement je ne l’avais jamais vu, mais une rapide recherche sur le net m’a appris qu’il avait déjà incarné Spider Man himself, dans The Amazing Spiderman.

Ce film de guerre dure 2 h 11. Cela peut sembler long, mais pourtant au bout d’une heure, j’ai regardé ma montre, et ai été totalement surprise. J’avais l’impression d’être là depuis à peine un quart d’heure !

Le film s’articule en deux grandes parties, qui sont aussi contrastées que le jour et la nuit.

Au départ, nous découvrons Desmond enfant, qui chahute avec son frère. Les deux garçons sont heureux, et courent dans leur belle Virginie natale, sous l’œil de leurs parents… Si leur mère a tout de la maman attentive et aimante, leur père semble rongé par les vieux démons de l’alcool.

Les deux enfants grandissent, et Desmond tombe amoureux d’une belle infirmière, qui apporte encore plus de joie à sa vie…

Et c’est là que la deuxième partie du film commence, la partie sombre, celle de la guerre.

Desmond s’engage pour son pays, et part au camp d’entrainement. Parce-qu’il est adventiste, mais aussi pour d’autres raisons personnelles que l’on découvre au fur et mesure du film, Desmond refuse de prendre les armes, et de tuer. Il souhaite devenir infirmier, et n’a pas besoin d’un fusil pour cela. Desmond veut réellement servir son pays, et n’est pas là par obligation.

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Un film de guerre, bâti autour d’un personnage principal qui refuse de se battre, cela semble incroyable. Comment va t-on pouvoir nous tenir en haleine pendant plus de deux heures avec une histoire aussi improbable ?

Voilà ce que je me demandais quand mon homme a parlé d’aller voir ce film…

Et pourtant, il y a de quoi faire avec un héros qui souhaite défendre son pays sans se battre. Maintenant je le sais… Un soldat sans fusil, c’est possible, et le fait de ne pas avoir de fusil n’en fait pas un sous-soldat, bien au contraire…

 

Alors que l’administration avait confirmé à Desmond qu’il pourrait s’engager sans renoncer à ses convictions, une fois sur place le discours n’est plus le même.

Au camp d’entrainement, Desmond se retrouve malmené par ses « camarades » et par la hiérarchie militaire. Son refus catégorique d’avoir une arme lui vaut de se retrouver à effectuer les pires corvées, et les coups pleuvent de la part de ses compagnons… Mais jamais Desmond ne renonce et n’accepte de démissionner… Celui que tout le monde pensait faible, se révèle être au contraire, doté d’une force qui parait sans limite. Et il aura l’occasion de le prouver une fois sur le champ de bataille.

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Moi-même j’avoue et pas sans un sentiment coupable, m’être dit plus d’une fois que Desmond était un peu cucul la praline de s’être engagé en sachant pertinemment qu’il refusait de tuer, et d’empoigner un fusil. C’est l’armée, pas le camp des Bisounours ! Qui irait s’enrôler en refusant de toucher une arme ? Qui partirait à la guerre sans fusil ?

Et pourtant… une fois réellement à la guerre, au milieu des tirs des japonais, entouré des corps d’autres soldats, parfois atrocement mutilés, Desmond est loin d’être inutile… même sans fusil.

Ses camarades le jugeaient faible pendant l’entrainement, et avaient peur qu’il les handicape une fois sur le champ de bataille… pourtant, s’il y a bien un élément qui va s’avérer crucial, ce sera Desmond, et son courage !

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Tu ne Tueras Point est un film absolument incroyable de par sa force. Il se construit dans l’opposition constante entre le bien (Desmond et sa foi) et le mal (la guerre et les armes).

Il n’était pas facile de traiter un tel sujet sans tomber dans le désuet, et pourtant Mel Gibson a totalement réussi. Le fait de savoir dès le départ que le film est tiré d’une histoire vraie aide, mais ne fait pas tout.

Ce film est bouleversant, et surtout il a l’immense mérite d’être très lisible, notamment dans les scènes de combat. Il n’est aucunement question de filmer la guerre juste pour faire plaisir aux amateurs d’hémoglobine. Les scènes de batailles sont nombreuses, parce-que… c’était cela la guerre des tranchées, tout simplement.

Certains jeunes hommes se sont engagés en pensant ne faire qu’une bouchée de l’ennemi, mais une fois sur le champ de bataille, dans la boue, après des nuits passées à monter la garde et à cauchemarder sur les images terribles de la journée, aucun ne valait plus que l’autre…

On assiste aux batailles, et on comprend toute l’idiotie de cette guerre, où des centaines d’hommes se font transformer en charpie, pour défendre 100 mètres de terrain, qui seront re-perdus le lendemain…

Au milieu de tout cela, Desmond s’évertue à sauver, et à conserver un maximum d’humanité. Il refuse d’abandonner et de laisser ses camarades mourir dans la boue, dévorés par les rats.

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Bande-annonce :

https://www.youtube.com/watch?v=h1Jv5WdOrz8

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Tu ne Tueras Point est un film profond, qui aborde aussi la question des séquelles de la violence. Car Desmond est hanté par des fantômes, notamment les fantômes de son propres père, qui a lui-aussi vécu la guerre, et est revenu brisé psychologiquement.

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Tu ne Tueras pas est un film complet, totalement abouti. On ressort du cinéma avec des images pleins la tête, et on y repense pendant les jours qui suivent… C’est un film qui fait réfléchir, qui aide à comprendre. Cela m’arrive rarement d’avoir envie de revoir un film, et là c’est le cas… Je pense qu’une fois qu’il sera sorti en DVD, je le visionnerai à nouveau.

Enfin, sachez qu’il y a des scènes difficiles à supporter, et que ce film ne conviendra pas à un jeune public. En salles il est interdit aux moins de 12 ans.