Fai piano quando torni

« Fais doucement quand tu rentres » ainsi pourrait se traduire le titre de ce roman italien. C’est un roman de Silvia Truzzi, paru en 2018.

Un titre intrigant, pour un livre tout en douceur et délicatesse.

Je préfère vous le dire de suite, pour lire ce roman à l’heure actuelle, il faut comprendre l’italien. Car il n’a pas encore été traduit. Alors j’ai hésité à faire un article dessus, car mon blog est en français, et que peu de mes lecteurs doivent parler italien. Mais j’ai tellement aimé ce livre, que j’avais envie d’en parler malgré tout.

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Nous suivons la narratrice Margherita, qui est à l’hôpital au début du récit. Nous ignorons pourquoi elle est là précisément, mais découvrons peu à peu qu’elle a eu un accident de voiture.

Au fur et à mesure des pages, ce sont ses blessures psychiques qui se découvrent, bien plus présentes que les blessures physiques.

Margherita est trentenaire, et ne s’est jamais remise du décès de son père. Elle souffre encore énormément de sa rupture avec Francesco. 

Pour dire les choses clairement, elle n’a plus vraiment goût à la vie.

La personne la plus présente dans le quotidien de la trentenaire, est sa mère.

Et puis, les choses vont changer peu à peu, avec l’arrivée d’Anna, une vieille dame excentrique, voisine de chambre d’hôpital. Anna est haute en couleur, (surtout le rose,) et bien déterminée à ne pas rester à sa place.

Si au départ, Marghi snobe Anna, progressivement elle va se laisser apprivoiser… Toutes deux vont former un improbable binôme, pour le meilleur et juste le meilleur !

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J’ai bien aimé cette lecture, pour la rencontre entre deux femmes, deux cœurs brisés qui ont eu des réactions totalement opposées, mais finissent par faire route commune.

Anna est née très pauvre, et a travaillé comme domestique lorsqu’elle était toute jeune, pour pouvoir survivre quand ses parents n’avaient plus les moyens de la nourrir. A l’inverse, Marghi n’a jamais manqué de rien (du moins sur le plan matériel).

Anna a rencontré son grand amour mais n’a pas pu faire sa vie avec lui, à cause des codes de l’époque. Marghi elle, a vécu avec Francesco, jusqu’à ce que celui-ci lui annonce qu’il ne l’aimait plus. Les deux femmes n’ont jamais pu se résigner. Nicola et Francesco occupent leurs pensées.

Ce livre aurait pu manquer de crédibilité, et tomber la tête la première dans le cliché. Mais c’était sans compter sur la délicatesse de l’écriture de Silvia Truzzi. L’auteure nous présente ses personnages avec tact et patience, sans longueurs. Je me suis vite attachée aussi bien à Margherita qu’à Anna. J’ai cru à leur amitié, et compris que celle-ci les aiderait à résoudre des problèmes qu’elles ne parvenaient pas à surmonter individuellement.

Ce roman se lit très facilement, et est rempli d’optimisme. Pour cela je ne peux que vivement vous en conseiller sa lecture !

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La patiente parfaite

Le livre dont je m’apprête à vous parler, n’a pas (encore ?) été traduit en français. Je l’ai lu en italien après l’avoir trouvé en promo dans la boutique Kindle.

Il est aussi disponible en VO anglaise.

Ce livre est un policier-thriller de Jenny Blackhurst.

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Il nous présente trois amies : Karen, Bea et Eleanor. Les trois femmes désormais trentenaires, sont amies depuis toujours. Elles se connaissent à la perfection, ou du moins le pensent…

Mais les apparences peuvent être trompeuses. Et l’arrivée d’une nouvelle patiente dans le cabinet de psy de Karen pourrait bien tout bouleverser.

La patiente en question semblent savoir des choses sur les héroïnes, qui pourraient les compromettre.

Ce livre m’a bien plu, car j’ai eu peur pour les trois femmes. J’ai suivi la piste que me présentait l’auteure, presque en lui faisant une entière confiance… je me suis laissée berner, et ai adoré cela.

La nouvelle patiente de Karen est intrigante. Elle laisse échapper des infos au compte goutte et comme Karen, je n’étais jamais sûre de ne pas interpréter moi-même ce qu’elle disait…

Ce roman est plutôt réussi en ce sens que j’avais régulièrement les chocottes pour les personnages, et étais prête à accuser à tort deux ou trois fois.

Je n’ai pas regretté de longueurs et me suis bien repérée parmi les personnages. Si vous lisez en italien, et appréciez les histoires à suspens, alors ruez-vous sur ce livre. Autrement, vous pourrez découvrir un autre livre de l’auteur, traduit en français celui-là : une Cruelle Absence.

 

Fai Bei Sogni

Fai bei Sogni est un roman de Massimo Gramellini, traduit en français sous le titre Fais de Beaux Rêves Mon Enfant. Il est paru en 2012 et a depuis été adapté en film, que je n’ai pas encore regardé.

J’ai choisi ce livre en version originale dans la boutique Kindle, car je recherchais une lecture en italien. En effet, dans mon nouveau travail, je n’utilise plus du tout l’italien. Donc j’ai un peu peur de perdre mon vocabulaire. C’est pourquoi j’ai décidé de me remettre à lire en italien.

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Ce livre est le récit d’une vie, celle de Massimo, un jeune garçon âgé de neuf ans lorsqu’il perd sa maman.

Celle-ci disparait brutalement, terrassée par un infarctus, alors qu’elle souffrait d’un cancer. Tout au long du livre, nous découvrons à quel point la disparition de la Mère a impacté la vie entière du narrateur, jusqu’à l’âge adulte alors qu’il est devenu un journaliste accompli.

Fai Bei Sogni est aussi une histoire de secret, un secret gardé enfoui pendant des années. C’est l’histoire d’un homme qui a eu peur de vivre, peur d’accepter la réalité trop difficile pour lui.

Ce roman m’a plu car l’histoire est racontée avec beaucoup de délicatesse. L’auteur parvient bien à restituer le vécu de l’enfant, et celui de l’adulte. Il y a une évolution entre les âges, qui se fait avec beaucoup de subtilité.

Pour autant, je n’ai pas eu le coup de cœur absolu. Il m’a manqué une petite pointe de poésie, quelque chose dans les mots, des envies de souligner des phrases, pour être totalement charmée par ce livre.

Un jour en plus [Fabio Volo]

Fabio Volo est un écrivain, acteur, scénariste et présentateur italien. Pour son oeuvre littéraire, il est souvent critiqué, un peu comme notre Guillaume Musso national, car il produit des romans populaires (non ce n’est pas un GROS mot !). On lui reproche de chercher le succès, et d’écrire ce qui plait au plus grand nombre.

Ce sont des histoires simples, avec une belle part laissée à la sensibilité, aux sentiments. Et on peut s’amuser à relever quelques citations, qui décrivent assez bien ce que peut ressentir tout un chacun à un moment donné de sa vie…

Volo serait un « non-écrivain » en ce sens qu’il écrit des histoires qui se basent sur des personnages totalement banals, des Messieurs tout le monde, auxquels l’on peut tout à fait s’identifier. Ce que décrit Fabio Volo, on aurait pu l’écrire. Du moins, on se dit souvent « ah mais oui, je le pense ça ! ». Pour autant, je ne suis pas convaincue par cette définition du « non-écrivain » parce-que pour moi, écrire ce que les gens pensent, ce n’est pas si évident que cela justement… M’enfin. Nous n’allons pas nous lancer dans un débat, mais plutôt parler du roman Il Giorno in Più, si vous le voulez bien !

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« Perché quando sei felice sei più gentile con gli altri. »

Parce-que quand tu es heureux, tu es plus gentil avec les autres.

J’ai trouvé Il Giorno in Più sur un vide-grenier, et l’ai acheté un peu par hasard, car il y avait plusieurs titres de disponibles, et je ne savais pas lequel prendre, lequel laisser… Finalement, il s’est avéré que j’avais déjà vu le film tiré de ce livre, mais comme cela remontait à des années en arrière, ce n’était pas bien gênant…

Dans Il Giorno in Più, nous découvrons le récit à la première personne, de Giacomo. Ce trentenaire qui travaille dans une imprimerie, nous raconte comment il a rencontré une jeune femme dans un tram londonien… Pendant plusieurs semaines, ils se sont lancé des regards en silence, et il a fantasmé sur cette inconnue…

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L’histoire est assez classique. Des rencontres dans les transports en commun c’est … commun justement ! La suite reste assez classique également, puisque Giacomo apprend que sa belle (à qui il n’a jamais parlé jusque là) part travailler à New-York pour une durée indéterminée, et décide de la rejoindre là-bas… Personne ne fait cela dans la vraie vie (en tout cas, très peu de gens) mais dans les comédies romantiques c’est un grand classique… d’ailleurs, le livre a été adapté pour le ciné (je sais je l’ai dit plus haut) et je vous ai mis la jaquette du DVD, pour vous donner envie ! :-p

J’avais hâte de savoir ce qui allait se passer entre nos deux personnages… mais j’ai rapidement trouvé le temps long, car l’auteur part dans des digressions parfois franchement lourdingues… OK parfois c’est sympa car cela peut nous rappeler nos propres souvenirs. Mais sinon, une fois le principe compris, on en a un poil marre et on aimerait bien rester sur l’histoire principale…

Giacomo se souvient de quand il était petit et que sa grand-mère lui demandait de passer le fil dans le chat de l’aiguille, car il avait de meilleurs yeux. Personnellement cela m’a rappelé aussi mon enfance, et la fierté que je ressentais quand, comme Giacomo, je pouvais me rendre utile.

Mais bon, tout le livre est construit ainsi, avec de longues digressions sur des détails, sur la rondelle de citron sur le verre de coca, qui gêne pour boire, sur les manies du narrateur quand il dort à l’hôtel (il enlève le couvre-lit et retire le drap coincé sous le matelas pour ne pas se sentir comme un rouleau de printemps). Trop c’est trop…

Il faudrait un peu plus d’action pour garder un rythme…

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En définitive, j’ai passé un moment agréable avec ce roman. Mais je n’aurais pas enchaîné sur un autre livre du même auteur. Pour 250 pages ça va. Plus ce serait trop.

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Morceaux choisis :

« L’ho capito dopo che le difficoltà superate hanno avuto un valore enorme che porsi dei problemi e risolverli è stato essenziale. »

J’ai compris par la suite que les obstacles surmontés avaient eu une valeur énorme. Se poser des problèmes et les résoudre est devenu essentiel.

« La vita è la droga più potente al mondo. »

La vie est la drogue la plus puissante au monde.

« Morire è una vera stronzata. Darei la vita per non morire. »

Mourir est une connerie. Je donnerais ma vie pour ne pas mourir.