Romy – David Lelait Helo

Grâce à un jeu concours organisé par mon émission de radio fétiche (La Curiosité, RTL) j’ai remporté un lot de deux livres, dont la biographie de Romy Schneider par David Lelait Helo.

Ce livre sort 35 ans après la disparition de l’actrice, dans des circonstances qui restent troubles.

J’aime énormément les biographies, au point de lire celles d’artistes dont je ne connais aucune oeuvre. Ce fut le cas pour celle-ci, car je l’avoue, je n’ai à ce jour encore visionné aucun film avec Romy Schneider (non non, pas même Sissi) !

David Lelait Helo, journaliste au magazine Nous Deux, n’en est pas à son coup d’essai, puisque avant de publier Romy, il a déjà écrit de nombreuses biographies, dont la première Evita, Le destin mythique d’Eva Perón, remonte à 1997. Il a aussi écrit sur Maria Callas, Dalida, Vanessa Paradis…

Et après avoir lu Romy, je pense me mettre en quête de ses autres livres, car j’ai beaucoup apprécié son style.

Le biographe retrace les grands événements de la vie de l’artiste, en se faisant oublier. L’on suit le récit, sans voir les minutes filer, tant l’on est captivés par ce destin hors normes.

Il y a beaucoup de sensibilité dans ce livre, et c’est un portrait à la fois délicat et respectueux que dresse son auteur.

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Même pour moi qui ne connaissais pas du tout Romy Shneider, à part dans les (très) grandes lignes, il a été très facile de me repérer dans ma lecture.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai désormais fort envie de découvrir la filmographie de Romy Schneider, et que je ne commencerai pas par les Sissi ! En effet, j’ignorais que l’actrice les avait tournés plutôt à contre-cœur…

Vous l’aurez deviné je pense, ce livre m’a passionnée. Notez également qu’il contient un rabat de chaque côté de la couverture, incluant des photos de Romy Schneider. Vous pourrez le trouver pour 18 € aux éditions Télémaque.

 

Hello de la Planète Zèbres – Sam. B. Sam

Sur Netgalley, je regardais les dernières parutions, quand mon curseur s’est arrêté sur un titre original : Hello de la Planète Zèbres. La couverture verte représentant un zèbre à lunettes annonçait plutôt un ouvrage à destination des plus jeunes. Mais cela ne m’a pas empêché de cliquer, par curiosité.

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Paru aux éditions LiLys, ce court roman a été écrit par un jeune homme de onze ans, dans le cadre d’un projet scolaire. C’est le premier titre proposé par Lilys dans la collection Génération Z.

Ce livre retrace le quotidien d’un garçon différent, avec des mots simples, qui permettent de s’immerger immédiatement dans l’histoire, pour n’en ressortir qu’après le dernier point !

Sam est différent de ses camarades. Il ne sait pas bien dire pourquoi au juste, au début du livre, mais au fil des jours, il va le découvrir, et mettre des mots sur ce qui le différencie.

J’ai beaucoup aimé lire ce livre, très joliment écrit soit dit en passant, et ai appris également en tournant ses pages.

La lecture est rapide. Disons que vous pouvez lire ce livre en une seule fois. Et pour cela, je le recommande aussi bien aux plus jeunes, qu’aux adultes curieux !

 

Mon Autopsie – Jean-Louis Fournier

Décidément, si l’on pensait que Jean-Louis Fournier avait déjà parlé de lui en long en large et en travers, et qu’il ne pourrait guère nous surprendre plus, on se trompait. Après avoir évoqué ses deux fils handicapés mentaux dans un touchant Où on va, Papa, partagé le deuil de son épouse dans Veuf et abordé la grosse brouille qui le sépare de sa fille Marie dans La Servante du Seigneur, cet écrivain, également humoriste et réalisateur de télé, nous propose un nouveau roman, écrit avec les tripes… Savourez le jeu de mot, puisque comme son nom l’indique, Mon Autopsie met en scène… sa propre autopsie.

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« La culture c’est la récompense de la curiosité. »

On retrouve notre auteur, allongé sur la table d’examen, entre les mains délicates d’une étudiante en médecine, qu’il a choisi d’appeler Égoïne, en clin d’œil à la fameuse scie égoïne, qui comme elle, incise, coupe, ouvre…

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Non Jean-Louis Fournier ne nous sert pas ici un remake de Saw sous forme de bouquin. S’il évoque les manipulations que l’étudiante inflige à son cadavre, il s’attarde surtout sur le sens figuré de cette autopsie, et analyse sa vie passée, au fur et à mesure qu’Égoïne découpe et découvre… Ce livre ce sont des mémoires.

L’auteur nous parle à nouveau de Sylvie, son épouse partie avant lui, mais aussi de ses enfants, de ses souvenirs de jeunesse, de ses parents… Il le fait à travers des chapitres courts, très joliment écrits.

Que vous ayez déjà lu d’autres ouvrages de Jean-Louis Fournier, ou que vous soyez totalement novices, vous n’aurez aucun mal à vous laisser guider par sa plume.

Le ton est délicieux, comme souvent avec cet auteur. Il y a de jolies citations à retenir, des jeux de mot, et partout, de la douceur, enrobée dans une belle dose d’humour, omniprésente chez Jean-Louis Fournier !

Ce livre est aussi l’occasion de préciser certaines choses, et notamment de répondre à la critique qui a pu entourer la sortie de son roman Où on va Papa. L’auteur consacre un chapitre à ce livre, dans lequel il explique qu’il a écrit ce livre non pas pour se plaindre (ceux qui comme moi l’ont lu ont certainement dû le constater) mais pour parler de ses deux fils handicapés ; pour les faire connaître.

On partage plus facilement quand on a rien.

J’ai rarement été déçue par Jean-Louis Fournier (une seule fois à vrai dire, et je vous en avais parlé ici). Ce livre m’a confirmé que j’adore le style délicat de cet auteur. Il rit de tout, avec beaucoup de finesse et en se moquant du qu’en dira t-on.

Je vous conseille totalement ce livre, d’autant plus qu’il est très rapide à lire, et qu’il parlera à tout un chacun, puisqu’il aborde les thèmes de la vie...

Et enfin, je vous propose de se quitter sur un dernier lot de citations issues de ce joli ouvrage !

Longtemps j’ai pensé que la meilleure façon de se croire jeune c’était de s’entourer de plus vieux, mais il y a un moment où ça devient difficile, on n’en trouve plus.

J’aurais aimé être instituteur, faire entrer des tas de choses dans les têtes des petits cons.

Souvent ce qu’on n’aime pas sur terre est ce qu’on ne connait pas.

 

Le livre papier est à paraître chez Stock, le 30/08/2017. Vous pouvez dors-et-déjà le pré-commander.

 

On met Longtemps à devenir Jeune

C’est par le biais de Netgalley que j’ai découvert le premier roman de Christine Jusanx, édité par Michel Lafon. Le résumé indiquait que l’on avait affaire à un feel-good book, et moi les livres qui font du bien, j’ai du mal à leur résister !

Voyez un  peu comment s’ouvre ce roman :

« Jeune senior de 59 ans, tout juste préretraitée, cherche à partager appartement proche tour Eiffel avec colocataire gai et optimiste. Profil idéal recherché : étudiant étranger voire jeune quadra en transition de vie. »

Jeanne déroule son histoire à la première personne. Elle nous explique qu’elle a décidé de quitter Bordeaux, pour retourner vivre à Paris, et réaliser son rêve d’emménager dans un appart avec vue sur la Tour Eiffel.

Pour mener à bien son projet, elle souhaite trouver un colocataire, jeune et optimiste ; idéalement un étudiant étranger, ou un quadragénaire. Son annonce est tout sauf douteuse. Entendez par là qu’elle ne cherche nullement l’amour, et encore moins une relation charnelle. Notre « jeune senior » a simplement envie de partager sa routine !

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***

Dès le départ, nous découvrons la vie de Jeanne, une femme attachante qui a élevé son fils sans mari, aidée par sa mère et sa grand-mère. Il apparaît rapidement que toute sa vie s’est organisée autour de son Léo.

L’écriture est fluide, et on entre dans ce roman comme dans un bon bain chaud en plein hiver, sans difficulté ! Rapidement, le personnage de Jeanne prend vie, et l’on découvre son quotidien avec plaisir, tout en partageant ses rencontres.

Mais… j’ai pour autant, je n’ai pas été transportée par l’histoire. J’ai eu le sentiment que l’auteur allait trop vite, et nous livrait une histoire un peu trop chamallow.

Tout est joli, tout est rose avec Jeanne. Même si sa vie n’a pas toujours été magnifique, et que peu à peu, elle nous livre des détails parfois compliqués de son passé.

Jeanne a tout de même de grandes facilités dans la vie. Elle déniche des colocataires attachants. Et quand elle rencontre quelques aspérités, il lui suffit de les évoquer avec brièvement pour que son interlocuteur reconnaisse ses défauts et les élimine…

On est un peu dans l’univers Amélie Poulain, notamment quand Jeanne nous raconte qu’elle a tissé un lien quasi amical avec le vendeur de chaussures de son quartier, alors qu’elle n’achète qu’une, voire deux paires par an…

Jeanne a des soucis d’argent ? Qu’à cela ne tienne, son colocataire la met en relation avec des contacts qui ont besoin de son savoir-faire en immobilier, et tout est solutionné en quelques semaines. OK. Mais on ne sait rien des démarches que Jeanne a pu avoir à entamer pour ne serait-ce que se mettre à son compte…?

Ensuite, j’ai trouvé que ce roman avait un défaut typique des premiers romans ; à savoir vouloir trop en raconter et partir parfois dans tous les sens. J’ai eu le sentiment que l’auteur avait envie de nous parler de pleins de choses différentes, quitte à survoler parfois certains passages, et nous livrer trop d’histoires en une seule.

Jeanne a un coloc, puis un autre, puis part à l’étranger, etc… Nous n’avons pas toujours le temps de tout développer, et de nous attacher à un personnage, que nous en découvrons déjà un autre. C’est un peu déroutant.

J’ai regretté que le récit soit trop entendu. Ce qui doit arriver arrive, et l’on est rarement surpris par les événements. En un mot comme en cent… ce roman est plaisant, mais ne me laissera pas un énorme souvenir.

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C’est bien connu, deux avis valent mieux qu’un ! Voici donc le second, et c’est celui de ma Mum, qui a lu ce roman également :

Ce livre est une ode au temps qui passe et à cette douce période de vie qu’est la retraite : terrifiante pour certains par le vide quelle représente si elle n’a pas été préparée, réveillant chez d’autres comme Jeanne des passions enfouies qui ne demandent qu’à surgir et s’épanouir sans retenue ni complexe.

Une belle histoire où l’âge n’a pas d’importance car seules comptent les envies et la réalisation des rêves.

Vous le voyez, nos avis diffèrent… et vous, avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ? 🙂

Madame extraordinaire – Fabrice Lehman

Les éditions JC Lattès ont publié tout récemment, un roman intitulé Madame Extraordinaire, né de la plume de Fabrice Lehman. Je ne connaissais pas cet auteur, diplômé de l’Essec, et cadre dans la Stratégie d’Entreprise.

Ce fut une belle découverte que ce roman…

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Stéphanie est LA femme lambda.

La fameuse ménagère de moins de 50 ans, c’est elle, elle et ses goûts classiques, qui représentent les goûts de la majorité… Elle est mariée, mère de deux enfants, travaille dans une banque et adore Goldman. Elle roule en Renault Clio, porte un rouge à lèvres cerise, et sert des spaghetti bolo à sa famille. 

Quand Stéphanie découvre qu’elle est espionnée par une étrange société, qui cherche à exploiter ses goûts si représentatifs, sa première réaction est de paniquer… puis la curiosité finit par prendre le dessus…

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J’ai rapidement accroché au récit préoposé par Fabrice Lehman. Mes restes de souvenirs de cours de socio au lycée sont remontés à la surface, et je me suis plongée avec plaisir dans ce roman original, qui nous propose de partir à la rencontre d’une femme lambda, à laquelle forcément plus que jamais… on s’identifiera toutes (et tous) un peu !

Il y a de quoi s’interroger sur notre rapport aux produits et à la politique. Car en effet, le roman se divise en deux grandes parties. D’abord Stéphanie est « utilisée » par les marketeurs pour mieux cibler les attentes des consommateurs, et augmenter leurs ventes. Ensuite, elle est récupérée par une équipe de campagne, pour améliorer la popularité du Président sortant.

Nous ne manquons pas de nous interroger sur la manière dont les politiciens tentent de nous influencer, en jouant sur la forme, souvent plus que sur le fond.

Ce roman m’en a rappelé d’autres : L’homme qui ne voulait pas devenir Président, notamment, ou 99 Francs pour le côté marketing (en moins virulent).

Je vous le conseille.

 

Mazarine Pingeot – Le Cimetière des Poupées

Mazarine Pingeot est une femme de lettres, née en 1974 à Avignon. Elle est aussi, il serait surprenant de ne pas le dire, la fille de François Mitterand, née de sa relation avec Anne Pingeot.

Elle a écrit plusieurs romans, et celui que je m’apprête à vous présenter n’est pas son premier. Il est paru en 2007.

Le Cimetière des Poupées est un ouvrage de fiction, qui s’inspire d’un fait divers qui a profondément marqué l’opinion l’année précédant sa sortie… l’affaire des bébés congelés des époux Courjault.

Pour rappel, il s’agit d’un couple d’expatriés installé à Séoul, dont le mari avait retrouvé deux corps de bébés dans le congélateur de la maison familiale. Après de nombreux rebondissements, Dominique Courjault avait avoué le meurtre des nourrissons, et un troisième meurtre antérieur, commis en France.

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Dans son court roman (il tient en 170 pages aux éditions Points), Mazarine Pingeot nous livre l’histoire d’une femme infanticide. La narratrice se trouve en prison, et rédige une lettre dans laquelle elle s’adresse à son mari. Tout le roman est donc écrit à la seconde personne du singulier.

La missive retrace la vie de son expéditrice, et brosse le portrait d’un couple bancal, au sein duquel la femme a toujours été étouffée.

Le lecteur se retrouve en bien mauvaise posture, puisque rapidement, il ressent de la pitié et de l’empathie pour cette femme, au point de parfois comprendre son geste fou…

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Ce roman aurait pu rappeler Chanson Douce de Leila Slimani (sorti après, puisque je le rappelle, il s’agit du dernier Goncourt). Le thème est assez proche.

Mais ces deux livres sont assez différents, ne serait-ce que par le style.

J’ai moyennement accroché à cette lecture. Le style est accessible, et l’on ne peine pas à suivre le récit. Mais il est à mon sens nécessaire de connaître ne serait-ce que vaguement, le fait divers qui a inspiré l’auteure, sinon l’on reste vraiment avec un sentiment d’inachevé. En effet, à aucun moment la narratrice ne met de mots précis sur son acte. Jamais elle ne dit clairement ce qu’elle a fait, et ne détaille le moment où tout a basculé. Il aurait été important à mon sens, de ne pas zapper cet instant crucial, qui aurait dû servir de conclusion au roman.

Au lieu de cela, nous revivons la rencontre, les premiers instants du couple, l’enfance de l’épouse. C’est bien écrit, mais pas assez percutant pour me convaincre entièrement…

 

L’Homme qui plantait des Arbres – Jean Giono

L’Homme qui plantait des Arbres est une nouvelle écrite en 1953 par Jean Giono. Le narrateur nous présente un berger qu’il aurait rencontré pendant une randonnée, Elzéart Bouffier. Ce Berger vit seul, dans un endroit relativement désert de la Provence. Il accueille le narrateur chez lui, pour lui permettre de se reposer. C’est ainsi que nous entrons dans la demeure bien tenue d’Elzéart Bouffier, et faisons connaissance avec cet homme, dont la passion est de planter des arbres. A partir de glands soigneusement sélectionnés, le Berger plante des chênes, puis des hêtres, des bouleaux… toujours avec beaucoup d’attention et de patience.

Il explique au narrateur que seule une petite partie des arbres plantés pousse, et que certains sont mangés par les rongeurs. Mais qu’importe. Il ne se décourage pas, et continue de planter…

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L’histoire se déroule, toute en poésie et en finesse, et nous découvrons peu à peu que les arbres grandissent, et qu’avec eux, Elzéart Bouffier n’a pas seulement créé une forêt, mais aussi redonné vie à tout un éco-système ! Petit à petit, le village quasi déserté reprend vie, et de nouveaux habitants s’y installent, ramenant la joie après les deux guerres…

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Ce livre m’a énormément plu. Il est très rapide à lire (10-15 minutes environ) mais laisse une empreinte. En effet, on peut longtemps réfléchir à tous les sens cachés de ce récit, qui prend des allures de conte pour adulte.

Le thème est étonnamment actuel, puisque l’on peut trouver des notions de développement durable, d’écologie, mais aussi y voir une métaphore du bonheur. Le Berger travaille à son propre bonheur, comme s’il suivant la maxime de Candide « il faut cultiver son jardin »… et avant tout, en planter les graines !

Le personnage du berger, solitaire et travailleur, nous fait nous interroger sur les valeurs du travail et de la patience. On réalise que ce n’est pas la reconnaissance qu’il pourrait tirer de son travail qui le rend heureux. Pour arriver à faire pousser une forêt, il a dû faire face à la perte de nombreux arbres. Mais ça, rares sont ceux qui en ont conscience, à l’exception du narrateur…

Certaines graines n’ont d’ailleurs jamais poussé, et ce malgré le soin apporté à leur sélection et à leur plantation…

Vraiment, je vous conseille vivement de découvrir cette nouvelle si vous ne l’avez pas encore fait. C’est un coup de cœur, un vrai !

Ajout a posteriori… Voici une histoire vraie qui m’a rappelé ce livre : http://www.lepoint.fr/environnement/forest-man-l-homme-qui-a-plante-une-foret-a-mains-nues-31-07-2014-1850485_1927.php