[Lecture] Un livre sur la télé [Masse Critique]

Dans le cadre des Masses Critiques de Babelio, j’ai eu le plaisir de recevoir un livre intitulé RATING, que l’on doit à un auteur vénézuelien dont je n’avais jusque là jamais entendu parler : Alberto Barrera Tyszka.

J’avais coché ce livre parmi d’autres car la présentation me donnait particulièrement envie de le découvrir.

La couverture à dominante rose est sympa, ornée d’un petit dessin stylisé. On voit un bonhomme derrière une caméra old school. C’est original. On sait tout de suite de quoi l’on va parler si on rapproche cette illustration du titre du bouquin : de télévision pardi !

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Un livre qui nous parle de télévision…

Quand j’ai lu le résumé du livre sur le site de Babelio, j’ai été immédiatement attirée comme je vous le disais plus haut, parce-que l’on expliquait que Rating évoquait la télévision et plus précisément, ses limites, jusqu’où l’on pouvait aller pour faire de l’audimat.

Les qualificatifs employés pour décrire Rating étaient vendeurs : « cynique », « savoureux » et « sensible » tout cela dans un seul livre !

Cela m’a rappelé un autre livre sur le même thème, Acide Sulfurique d’Amélie Nothomb. Dans ce roman, l’auteure belge imaginait une émission de télé réalité extrême, pour laquelle les participants étaient enlevés, traités comme dans des camps de concentration, et poussés à s’entre-tuer, tout cela pour l’audimat…

Voilà ce à quoi je m’attendais en entamant la lecture de Rating !

Trois hommes sur un projet…

Dans Rating, il y a deux narrateurs, qui prennent la parole à tour de rôle : Manuel Izquierdo, un Scénariste quinqua qui a une longue carrière derrière lui. Il a notamment écrit des dizaines, peut-être même des centaines de séries télévisées mélodramatiques. De l’autre, on a Pablo, que tout le monde appelle Pablito, et qui est un jeune étudiant à peine débarqué dans le monde de la télé.

Au passage, je dois dire que j’ai mis un certain nombre de pages à comprendre que l’on avait deux narrateurs, car ce n’est pas clairement indiqué. Dans certains livres, on a un narrateur par chapitre, avec le nom du narrateur noté noir sur blanc. Là non, et du coup je n’ai pas tout de suite compris, ce qui m’a forcée à revenir quelques pages en arrière.

S’ajoute à ces deux narrateurs/personnages, un troisième homme, Rafael Quevedo, chargé de Programme. Il doit redonner une impulsion à Canal 6 dont les audiences plongent. Il lui faut absolument trouver un concept qui marche, et qui permette de relancer l’audimat. Mais… tant de choses ont déjà été faites en matière de télé…

 

J’ai aimé ?

Vu ce qui se disait autour de ce livre, je m’attendais à des anecdotes croustillantes, et à des scènes qui me marqueraient. Je pensais être secouée, choquée, peut-être même un peu dérangée par ce que j’allais lire. Je vous rappelle que l’on nous promettait d’explorer les limites de la télévision !

J’ai un peu déchanté pendant les cents premières pages, parce-que l’on n’apprend pas vraiment grand chose que l’on ne saurait déjà. Il y a une scène qui sort du lot, au cours de laquelle l’un des narrateurs raconte une pratique qu’il a vécue dans sa longue expérience de la télé. [Attention, je vais la raconter… Si vous ne souhaitez pas savoir, rendez-vous au paragraphe suivant ! Sinon sélectionnez la phrase avec votre souris pour la faire apparaître… Merci Roxou pour l’astuce !!] Pendant une réunion, une jeune aspirante actrice se glissait sous la table et devait faire une gâterie à l’un des participant. Les autres devaient deviner qui était en train de se faire joyeusement pomper sous la table…

A côté de cela, le récit s’étire en longueur. Le projet de Quevedo est dévoilé dès les premières pages. Il souhaite faire une émission de télé-réalité avec des SDF, qu’ils regrouperaient dans une belle villa.

Et puis ensuite on alterne les digressions. Izquierdo se remémore ses souvenirs, et Pablo évoque son envahissante mère et la jeune femme sur qui il fantasme, Emiliana.

C’est au moment où le projet se lance réellement que mon intérêt s’est réveillé, car là on nous parle vraiment de télévision, et cela devient amusant. J’ai notamment bien aimé les moments où Izquierdo prenait la parole, pour nous décrire certaines séries qu’il avait pu écrire. Il nous explique les codes des feuilletons télé, les éléments incontournables, les personnages que l’on retrouve un peu à chaque fois.

C’est amusant car la plupart des ses réflexions se vérifient dans n’importe quelle série !

Par exemple il explique que dans les séries il arrive toujours un tas de choses peu agréables aux personnages, beaucoup plus que dans la vraie vie. Et c’est bien normal car personne ne regarderait des épisodes dans lesquels les gens seraient perpétuellement heureux et ne rencontreraient aucune difficulté. On souhaite que cela se termine bien, et on sait généralement comment cela se conclura, mais ce qui compte au final, c’est le chemin qui mène à cette conclusion.

Je vous propose un petit extrait, pour vous faire une idée du style de l’auteur et du type d’anecdotes que l’on peut se mettre sous la dent.

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Alors finalement, ma relation avec ce livre avait assez mal commencé. Mais une fois que j’ai compris que l’on ne me ferait pas de révélation choc sur le monde de la télévision, et que j’ai admis la chose, j’ai réussi à me plonger dans l’histoire, et à l’apprécier.

Le début est peut-être un peu lent, et le résumé ne correspond pas forcément bien au contenu du livre. Mais cela n’empêche que la lecture de Rating était intéressante.

C’est un livre amusant, qui ne changera pas votre façon de regarder la télé je pense, du moins pas profondément. Mais il vaut le coup d’être lu, pour le divertissement qu’il apporte. Si je devais le noter sur 5, je lui donnerais la note de 3. C’est correct, sans casser trois pattes à un canard.

 

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