La diet culture, un GROS bobard qui peut faire mal

C’est dingue comme parfois, mettre un terme anglais sur les choses permet de commencer à les cerner, et donc par extension, à les comprendre.

Je suis tombée dernièrement sur celui de diet culture, que l’on pourrait traduire par « la culture du régime » et je me suis dis « Purée mais c’est ça ! C’est ça qui cloche, cette manie de sanctifier le fait de perdre du poids, et de nous répéter H24 que nous sommes tous gros et laids ! ».

Nous avons tous compris depuis des lustres que la pub visait à créer des besoins, pour faire vendre. Si nous avions dormi en cours d’économie, Beigbeder nous a proposé un cours de rattrapage grand public, avec 99 Francs (le livre ET le film). Au besoin relisez/revisionnez l’oeuvre.

L’industrie des régimes aussi fait de la pub, et pour cela, elle joue avec notre poids, et la vision que nous en avons…

Allumez la télé et zappez pour tomber sur les pubs. Cela ne devrait pas vous prendre longtemps avant de tomber sur un spot pour une nouvelle méthode de régime, ou un Xième produit light, à moins que vous ne visionniez une publicité pour un cachet miracle, qui promet d’absorber une bonne partie des sucres et des graisses qui vous allez ingérer.

Idée de base : nous sommes tous trop gras, trop gros, et amateurs de bouffe peu saine.

–> c’est d’ailleurs pour cela que nous ne sommes pas pleinement heureux.

Solution proposée : des régimes, des produits miracles, des plats sains.

Résultat : Même les personnes qui ne sont pas en surpoids se lancent dans des régimes, qu’elles abandonnent souvent (parce-que manger est un plus qu’une envie, un besoin physiologique).

C’est là qu’arrive la sensation d’échec, et que se lance le cercle vicieux…

C’est futé… mais qui est-ce qui trinque dans l’affaire ? Le consommateur lambda, vous et moi autrement dit, qui se trouve toujours trop gras, trop mou du ventre, et a en plus la sensation d’être un naz qui ne parvient pas à tenir un régime.

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On trouve assez peu de choses en français sur la diet culture, cette injonction qui nous est faite de manger moins et toujours plus sain. Pourtant, on commence à parler tout doucement d’orthorexie, cette maladie classée parmi les troubles du comportement alimentaire (TCA) qui se caractérise par une obsession du manger sain. Tu le vois le hashtag #healthyfood ?

Pour résumer les choses, la diet culture serait une sorte de lavage de cerveau, opéré par les médias (pubs, magazines, mode, etc). Elle empreigne notre société, et marque notre quotidien sans que nous ne nous en rendions forcément compte.

Elle induirait chez nous des pensées comme « le gras est un ennemi à supprimer » / « manger du chou kalé et du jus de betterave fait de moi une bonne personne » / « si je mange ce cake, je vais devenir une affreuse grosse baleine ».

Rectification : le gras est nécessaire à un bon fonctionnement du corps et de l’esprit. C’est le mauvais gras, et l’excès de gras qui cause des dégâts, et à plus forte raison quand il se retrouve dans des produits SUCRÉS comme l’industrie en propose tant.

A noter, le gras est totalement diabolisé alors que le sucre a encore la vie belle en comparaison. Pourtant vous noterez que le sucre est une calorie vide. Notre corps a besoin de glucides certes, mais pas de glucides ultra raffinés qui ne lui apportent que de l’énergie, sans vitamines, sans minéraux, que dalle, niet, niente di niente. Toutefois, les produits « 0 % de matière grasse » continuent à pulluler dans les rayons, alors qu’ils contiennent pour de nombreuses références, du sucre à gogo. Bref.

D’ailleurs, permettez-moi de faire encore une aparté, et d’écrire une bonne fois pour toute, le gras que l’on retrouve sur notre corps, n’est pas directement du gras consommé tel quel dans les aliments. Le sucre consommé en excès par exemple, est stocké, et devient AUSSI du gras dans notre corps. Tandis que le bon gras, consommé en quantités raisonnable, sert à la construction de nos cellules par exemple.

Manger du chou kalé et du jus de betterave ne vous fera pas de mal (si vous ne vous alimentez pas que de cela) mais si vous êtes un con fini, cela ne changera rien à ce niveau… 

Si vous mangez ce cake, vous mangerez ce cake. Les baleines ne mangent pas de  cake. Elles se nourrissent essentiellement de mini-crevettes (krill).

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Alors bien-sûr, à la base, la majeure partie de ces messages vise à nous faire culpabiliser. Ce n’est pas pour le plaisir de nous nuire (quoi que) mais plutôt pour gagner de l’argent. Le nerf de la guerre.

Je culpabilise –> je me sens mal –> on me propose une solution –> j’achète la solution en question en espérant aller mieux…

L’ennui, c’est qu’à la longue, ces messages peuvent induire un véritable danger chez certains sujets, qui seraient un poil trop réceptifs. Et pas besoin d’être exagérément réceptif, quand le message est omniprésent, à la télé, à la radio, dans les journaux,…

On parle de plus en plus des IMC exagérément bas des mannequins, et des retouches numériques dans les magazines de mode, qui peuvent pousser certaines femmes (et hommes aussi) vers l’anorexie.

Mais que dire des messages qui valorisent toujours plus les aliments sains, et diabolisent au contraire tout ce qui est « trop gras, trop sucré, trop salé » et faussent notre rapport à la nourriture ?

Rappelons-le, manger n’est pas un acte qui devrait nous faire nous sentir coupable. Il n’y a aucune honte à avoir faim et à prendre du plaisir en mangeant.

La nourriture est un carburant, une nécessité pour faire fonctionner le corps et l’esprit. Manger n’est pas « craquer ». Manger, c’est alimenter son corps, comme il doit l’être, rien de plus, rien de moins. Si on peut le faire avec plaisir, alors tant mieux.

Est-ce que vous ne trouvez pas cela hallucinant toutes ces ex-Miss qui font des pubs pour des régimes ou cachets visant à aider la perte de poids ? Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu agressés parfois, d’entendre des publicités qui vous interpellent par un « Et vous ? Vous commencez quand ??? ».

Se priver de manger, compter les calories, acheter des aliments light, cela ne choque presque plus personne. Tout cela est devenu normal. Réprimer ses envies, se punir, se priver pour atteindre un idéal de corps mince, le seul admis comme modèle de réussite, est une (triste) normalité.

Difficile dans de telles conditions, de passer à côté de tous ces messages culpabilisants, et de garder un rapport sain vis à vis de la nourriture. Difficile, mais pas impossible, surtout une fois que l’on a pris conscience de ce phénomène de diet culture.

Les commentaires sont ouverts. Faites-vous plaisir !

 

 

 

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Je suis un nain et je vis dans une caverne… CAVERNA [Board Game]

Mais qu’est-ce qu’elle nous chante aujourd’hui Anaverbania ?

Ne vous inquiétez pas, le soleil ne m’a pas tapé sur la tête. Je vais bien.

Non, en fait, je m’apprête simplement à vous présenter CAVERNA, un jeu de plateau pour 1 à 7 joueurs, sorti de l’imagination féconde d’Uwe Rosenberg ! Ce nom vous dit quelque chose ? Normal, on lui doit aussi Agricola et la Route du Verre, pour ne citer que ces deux là.

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Caverna, c’est un gros jeu, dans tous les sens du terme. En version française, il est édité par Filosofia et vaut dans les 65 €.

La boîte est assez grande, et surtout elle est bien bien remplie. On parle de 4 kilos de matériel ! Prévoyez de sortir la table à rallonges et les petits récipients pour stocker les meeples !

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Avant de se lancer dans une partie tête baissée, il faut s’assurer d’avoir du temps devant soi, puisque l’on prévoit 30 minutes par joueur, mais surtout… une longue étape de présentation des règles (24 pages de règles à se farcir pour le(s) plus motivé(s) !

Ceci dit, si vous connaissez déjà Agricola, certains mécanismes sont identiques, et vous devriez gagner du temps sur les explications de règles. Pour notre petit groupe, et bien que je n’ai pas joué à Agricola depuis 5 ans environ, nous avons bouclé la soirée, explications incluses, à 4 joueurs, en 3 h 30 !

Je vais dans cette chronique, beaucoup faire référence à Agricola, car les deux jeux sont assez proches. On retrouve le principe de l’agriculture, de l’élevage, et de l’amélioration de l’habitat de nos petits personnages…

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Dans les grandes lignes…

Dans Caverna, nous incarnons des nains qui vivent dans leurs cavernes, et doivent creuser grottes et tunnels, pour collecter des ressources.

Rubis, minerai, il y a de quoi faire, en plus des habituels blés/légumes/bois/boeufs (…) (que l’on avait déjà dans Agricola). En plus des ressources à collecter, des animaux à faire se reproduire, des récoltes, chaque nain doit veiller à aménager sa caverne, pour pouvoir agrandir sa famille. Je vous rappelle que COMME DANS AGRICOLA (encore une fois) un pion donne droit à une action, donc plus on a de pions, plus on joue ! Mais attention… il faudra penser à les nourrir !

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Voici un « petit » aperçu des aménagements proposés, qui sont finalement autant de stratégies de jeu !

Simple Caverna ? Non. Mais c’est ça qui est bien…

Caverna c’est un jeu plein d’interactivité, qui fait appel à la réflexion, au côté tactique de chacun. Il y a beaucoup de tuiles d’aménagement au centre de la table, qui permettent de scorer, et peuvent former des synergies entre elles. Par exemple, j’avais pour ma part acheté une tuile qui me donnait droit à une pierre supplémentaire à chaque début de tour. Puis, ayant amassé énormément de pierres, j’ai acheté une tuile qui convertissait chaque pierre en point de victoire ! Cela m’a permis de faire 21 points rien que sur la pierre…

Comme pour Agricola, il faut se diversifier un minimum, car si l’on laisse son terrain avec des cases vides, on score en négatif en fin de partie. S’il nous manque certaines ressources (un boeuf par exemple) on prend -1 au moment du décompte…

Caverna est un jeu de ressources certes, mais pas uniquement. C’est un jeu de réflexion, ultra complexe, mais avec des mécanismes logiques, relativement rapides à assimiler. Je ne le conseillerais pas à des joueurs débutants, pour sa complexité qui peut rebuter. Mais pour des gens qui ont l’habitude de jouer à des jeux de plateau un peu originaux (autres que le Monopoly donc), il est tout à fait accessible.

Le prix peut sembler très élevé, mais il faut bien voir que nous sommes face à un jeu complexe, qui offre une infinité de tactiques, et donc une rejouabilité très très grande. Autrement dit, on peut jouer et rejouer à Caverna sans se lasser, et donc rentabiliser son achat !

Connaissez-vous Caverna ?

Agricola ?

Aimez-vous jouer entre amis ou en famille ? Dites-moi tout !! 🙂

Ceci n’est pas un avis sur un gel douche

Encore un billet d’humeur (encoooore ? **s’étrangle***). Oui, encore.

J’ai remarqué un truc ces derniers temps, qui me désole et me fait peur, et j’avais envie de mettre mon petit doigt tordu dessus. En fait j’ai la désagréable impression qu’avec internet, et l’accès à des informations de plus en plus nombreuses et variées, nous ne lisons plus.

En fait, nous cliquons sur une quantité importante d’articles, que cela soit sur des sites d’infos, via les réseaux sociaux, via les blogs, et nous scannons l’information, au lieu de lire chaque mot, et de prendre le temps de digérer le contenu.

Ensuite, c’est la course à la réaction. Il faut « liker » et commenter le plus vite possible, pour laisser une trace de son passage, et passer à autre chose.

Vous n’avez jamais remarqué des commentaires complètement à côté de la plaque sur certains articles de journaux en ligne, ou sur certains blogs ? Parfois il est clair et net que le commentaire ne se base que sur le titre de l’article en question (ou pire, sur la photo) car si l’auteur avait lu le contenu, il aurait tenu un tout autre propos.

Je ne dis pas qu’il ne m’arrive pas de procéder ainsi. Clairement, je ne lis pas toujours tout en détail sur le net. Dans les news, je scanne souvent, pour trouver le détail qui m’intéresse. Mais n’est-ce pas relativement nouveau comme comportement ? Je n’ai pas le souvenir d’avoir autant procédé ainsi par le passé, quand l’info était moins à portée de main, et que j’avais un journal ou un magazine, à la place de toutes ces infos en pagaille dans tous les sens…

Alors certes, l’abondance a du bon, mais… pas que.

Et que dire du manque de sens critique de certains internautes, qui partagent des liens sans jamais vérifier les sources, et contribuent ainsi à propager des hoax parfois dangereux ? C’est un autre sujet me direz-vous… mais tout est lié.

Sur ces mots un peu pessimistes (beaucoup ?) je vous souhaite, une belle journée… 🙂