Dans l’ombre d’Ana – Marjorie Motto

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Dans l’ombre d’Ana est un roman paru tout dernièrement aux éditions Rémanence. Il m’a attirée pour son titre, puisque celui-ci contient mon prénom. Mais en lisant le résumé, j’ai compris qu’en réalité, il s’agissait d’Ana, la personnification de l‘anorexie.

Et bien cela n’a fait que renforcer mon intérêt, car comme une femme sur dix, j’ai connu une période de troubles du comportements alimentaires. Je ne souhaite aucunement entrer dans les détails, mais il me semble important de le préciser, car cela a un impact sur la façon que j’ai eu d’appréhender cette lecture. Il est évident que je me suis montrée plus critique qu’une personne qui n’aurait pas connu les troubles du comportement alimentaires, dont l’anorexie mentale fait partie.

Ceci étant dit, je vous résume brièvement l’histoire !

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Elsa est une jeune femme de vingt-cinq ans, qui a tout pour être heureuse. Elle travaille dans une entreprise où l’ambiance semble plutôt plaisante, et voit régulièrement sa meilleure amie.

Elle vit seule dans un charmant petit appartement, et a pour projet d’acheter son propre bien d’ici quelques années. Elle s’entend bien avec sa mère, avec qui elle mange de temps en temps. La seule ombre au tableau, est l’absence de copain…

Quand Elsa rencontre Alexandre, son nouveau collègue qui devient bien vite son petit ami, tout devrait aller encore mieux… Sauf que voilà, la belle histoire va tourner court, et entraîner notre narratrice dans une spirale infernale.

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Le récit que nous livre Marjorie Motto est vraiment facile d’accès. Dès les toutes premières lignes, je me suis laissée happer par sa plume, vive et efficace ! On a l’impression d’être aux côtés d’Elsa, et de découvrir son quotidien en temps réel.

Le style est vraiment simple, mais pas bâclé pour autant. Disons que l’auteure ne s’embarrasse pas de longues tournures littéraires, et tant mieux car cela nuirait au côté réel du récit. On a vraiment l’impression de lire un journal intime, ou d’écouter une amie nous raconter ce qu’elle a vécu.

Au début du roman, Elsa est une jeune femme lambda, légèrement complexée par son surpoids. Mais c’est aussi la joie de vivre incarnée. Elle mène une existence paisible et plutôt épanouie, entre son travail pour une grande société, son petit appart, sa meilleure amie et sa Mère qu’elle voit régulièrement et avec qui elle entretient de bonnes relations.

Partager son quotidien au travers de ce livre est donc réellement plaisant.

Pendant les premiers chapitres, soit environ 1/4 du livre, tout est rose ou presque. Et puis, une fois qu’Alexandre entre dans la vie de notre héroïne, les ennuis apparaissent progressivement… Et là, j’ai trouvé que l’auteure avait été vraiment excellente, dans sa façon de faire basculer d’un coup d’un seul, tout l’environnement de son personnage.

Très rapidement, Elsa organise sa vie autour d’une seule obsession : la perte de poids. Elle se met à manger extrêmement peu et très (trop) sainement, s’abonne à une salle de sport, fuit les occasions de manger en société. En quelques semaines, elle change du tout au tout, et ne pense plus qu’aux calories.

Le récit de Marjorie Motto est réellement passionnant, car il décrit la façon dont Elsa bascule inconsciemment dans l’anorexie, de façon très vivante, très rythmée. On comprend sans aucune difficulté comment la maladie se fait une place dans le quotidien de l’héroïne.

En cela, ce roman m’a totalement plu, et je pense qu’il est à mettre entre toutes les mains, car il permet réellement de comprendre ce qu’est l’anorexie, et comment elle peut se développer de façon insidieuse et dévastatrice.

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J’ai trouvé particulièrement intéressant de rencontrer pour une fois, une héroïne adulte, alors que généralement les récits sur l’anorexie mettent en scène des adolescentes, ou en tout cas, des femmes qui ont vu leurs troubles se déclarer très très tôt. Ici Elsa a vingt-cinq ans, et est indépendante. Elle a son appart, et un travail stable.

Cela donne une autre vision de l’anorexie, et de la façon dont cette maladie peut toucher certaines personnes, sans que ni elles ni leur entourage ne puisse réagir à temps.

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Je recommande vivement la lecture de ce roman, qui se termine par une note d’espoir, et laisse (ouf) le sourire aux lèvres. Vraiment, si le thème vous attire, laissez-vous tenter et venez m’en donner des nouvelles !

 

 

 

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