Ciao Bianca

En cette période de confinement, comme beaucoup d’entre nous je pense, je lis plus. Comme ma lecture en cours ne parvenait plus vraiment à me captiver, je l’ai mise de côté pour entamer un livre qui me tentait plus, un livre qui parlait d’Italie. Et cela a fonctionné, j’ai tout de suite accroché.

Ciao Bianca est un roman destiné aux ados, mais qu’à cela ne tienne, j’avais envie de le lire malgré tout ! Et j’ai bien fait, car moi qui avais du mal à me concentrer sur mes lectures, l’esprit trop pris par tous les soucis actuels, j’ai vraiment plongé dans ce livre. Cela m’a permis de m’évader quelques heures (il se lit très vite).

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Vincent Villeminot nous fait découvrir Matthieu, un jeune homme qui apprend au début du livre que sa mère avec qui il n’a plus de contacts depuis trois ans, vient de décéder. Bianca souffrait d’un cancer, mais Matthieu n’avait pas imaginé que cela puisse être aussi grave. Il pensait avoir le temps…

Le jeune homme se rend aux funérailles, où il retrouve sa tante et ses demi-frère et sœur.

Bianca souhaitait être inhumée sur sa terre natale de Sardaigne, et a donc demandé à sa sœur Grazia d’informer Matthieu, pour qu’il puisse prendre la route le soir même, et rejoindre le corbillard, dans le petit village de Z avec les deux enfants (son demi-frère et la jumelle de ce dernier). Le jeune homme est pris au dépourvu, et n’a d’autre choix que d’accepter.

Commence alors un road trip un peu particulier, qui sera l’occasion de renouer entre les trois frères et sœurs, et de crever certains abcès…

***

 

L’histoire est assez simple, et se met rapidement en place. Nous montons en voiture avec Matthieu et les jumeaux, et faisons connaissance avec les trois personnages principaux. Le style d’écriture est simple, sans fioritures. Mais cela ne m’a pas gênée. Au contraire, je pense que cela m’a permis de rentrer dans l’histoire plus facilement, de me sentir proche des personnages.

Il n’y a pas énormément de suspens, car on se doute que le voyage va permettre de rapprocher Matthieu des jumeaux. Mais malgré tout, le récit est plaisant, tout en finesse. On sent qu’il va y avoir des explications à donner, des points à aborder entre les jumeaux et leur grand frère, pour pouvoir repartir du bon pied. Et cela se fait, petit à petit, sans drame.

C’est une très jolie lecture, rapide, mais prenante. Je vous la conseille ! Elle pourrait bien vous donner envie de visiter la Sardaigne…

Vis ma vie de Chamois

Le poids du papillon est un roman de l’auteur italien Erri de Luca. Je l’ai lu en version originale italienne, mais ce livre a été traduit en plusieurs langues, dont le français.

Ce roman philosophique nous emmène dans les Alpes italiennes, au sein d’une harde de chamois. Un jour, un papillon blanc s’est posé sur la corne gauche du roi des chamois, lui faisant ainsi savoir qu’il entamait son dernier hiver en tant que roi.

Nous découvrons le roi des chamois, dont la mère a été tuée par un chasseur et la sœur emportée par un aigle. Nous apprenons comment il a réussi à prendre la tête d’un troupeau, en battant le roi alors en place. Puis nous découvrons son quotidien de roi, face notamment à un braconnier, qui vit lui-aussi en haute montagne et s’est donné pour mission de le tuer.

Ce livre est très facile d’accès, et se lit vraiment tout seul. C’est tout son originalité ; il offre un récit très poétique sans recourir à des mots ou tournures compliqués.

Le parallèle entre le chamois et l’homme se fait très vite. Chacun des deux protagonistes est sur la piste descendante. Mais les deux n’ont pas du tout la même réaction vis à vis de leur fin de règne…

Globalement, je dirais que ce livre m’a laissée un peu tristounette, car bien que j’ai deviné dès le début, que la mort serait inéluctable, je ne m’étais pas résignée. Il y a un côté écolo dans ce roman, et il est clair que De Luca n’est pas du côté du chasseur, même si ce dernier aime la nature. Il l’aime d’une étrange manière, puisqu’il trouve son plaisir dans le fait de tuer.

Les deux mondes s’opposent, celui du chamois, dont les sabots se placent au millimètre sur les parois montagneuses, et celui de l’homme, qui lui aussi sait viser juste et apprécier la rudesse de la haute montagne. Finalement, ces deux-là sont assez proches. Ils vivent au même endroit, sont solitaires. Mais ils s’opposent depuis toujours.

Un superbe livre, qui se lit vite et m’a donné envie de découvrir d’autres romans du même auteur…

Chaussures maudites (lecture en italien)

Dans la vie il y a les Cendrillon, qui voient leur vie changée à jamais grâce à une paire d’escarpins. Et il y a les Miss Sicile, qui se font offrir des chaussures piégées. Ce roman dont je m’apprête à vous parler, n’a rien à voir avec Cendrillon.

C’est un roman de Rino Rumolo, qui n’a pas été traduit en français à ce jour.

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Elena di Florio est Miss Sicile. Elle vit seule avec son chien. Un soir, elle reçoit d’étranges présents sans signature : un bouquet de roses et des escarpins de luxe. Les deux cadeaux, en apparence très attirants, se révèlent piquants… les roses pour leurs épines, et les chaussures en raison d’un clou camouflé à l’intérieur.

Quelques heures après avoir reçu les étranges cadeaux, la Miss trouve la mort. L’enquête ne fait alors que débuter pour Valverde…

J’ai tout de suite bien accroché au récit, car il se lit très facilement. On avance sans prendre de chemins de traverse, et l’on explore les pistes les unes après les autres. Le rythme du récit est soutenu, sans aucun temps mort.

Il y a un certain nombre de personnages mais ceux-ci sont clairement présentés, et je ne me suis jamais perdue pour savoir qui était qui.

J’ai adoré le fait que la miss ne soit pas spécialement appréciée, ce qui faisait un beau paquet d’assassins potentiels…

Elena semblait être prête à tout pour remporter le concours de Miss Sicile, puis celui de Miss Italie, ce qui ne lui attirait pas vraiment beaucoup d’affection. Qui parmi ses ex-rivales, ses admirateurs, ses proches peut-être, aurait eu le plus de raisons de vouloir se débarrasser d’elle ?

Ce livra m’a tenue en haleine et j’avais hâte de le retrouver chaque soir, pour poursuivre ma lecture. J’ai souvent repoussé l’heure d’éteindre la lumière, pour lire un ou deux chapitres de plus. Donc, vous l’aurez compris… c’est un bon bouquin.

 

Qui a tué la belle-mère ?

Mother-in-Law, en français « belle-mère » est un roman sur une relation entre une belle-fille et sa belle-mère, qui se termine par le meurtre de la dernière. Tout l’intérêt du roman, est de découvrir qui en voulait suffisamment à Diana pour la tuer.
J’ai lu ce livre en anglais et à ma connaissance, sa version française n’existe pas (encore).
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Le livre débute avec l’arrivée chez Lucy et Ollie, de deux Policiers qui viennent leur apprendre la mort de Diana, la mère d’Ollie. Cette entrée en matière est longue, mais pas ennuyante pour autant. Elle permet de bien nous imprégner de l’ambiance, et de partager les émotions ressenties par Lucy.
Nous faisons la connaissance du couple Ollie-Lucy, de leurs jeunes enfants. Puis arrivent la sœur d’Ollie, Antoinette dite Nettie, et son mari Patrick. Les personnages ne sont pas très nombreux et l’auteure les présente de façon claire, ce qui fait que je ne me suis pas du tout emmêlé les pinceaux !
Rapidement nous découvrons que les mobiles pour se débarrasser de Diana sont nombreux, et que les personnages planquent tous leurs petits secrets.
Diana a été retrouvée morte, mais pendant les premières pages, nous n’en savons pas plus sur les circonstances de sa mort. Nous apprenons simplement qu’il semble s’agir d’un suicide, mais que la Police doit enquêter pour s’en assurer.
Ensuite, nous faisons un bon dans le passé, et découvrons les grandes étapes de la vie de famille. Les narrateurs alternent, tantôt Lucy, tantôt Diana. Très vite, j’ai compris qu’il y avait des zones d’ombre dans la vie de Diana, des non-dits.
Dans la version de Lucy, Diana est une femme peu avenante, presque froide. Lucy, qui est orpheline de mère, aurait aimé être proche de sa belle-mère, mais cela n’a jamais été possible. Si Diana a toujours été polie et courtoise, elle n’a jamais été proche de Lucy, ne lui a jamais témoigné aucune tendresse, aucune sympathie.
Pourtant, Diana a dédié sa vie à son mari, qu’elle aimait profondément, et aux réfugiés.
Progressivement, nous nous apercevons que Diana a vécu des choses, qui ont pu la rendre distante. Nous comprenons qu’elle n’était pas seulement la femme froide que Lucy avait en face d’elle.
Ce livre m’a bien plu, car j’ai rapidement senti que l’on n’avait beaucoup à découvrir sur le personnage de Diana, et sur ses proches.
L’enquête sur la mort de la belle-mère avance à tous petits pas, mais le fait que celle-ci soit entrecoupée de flash back sur l’histoire familiale fait que l’on ne s’ennuie absolument pas.
Le dénouement est satisfaisant, et je ne l’avais pas deviné avant d’arriver dans les dernières pages. Donc j’ai refermé ce livre en étant totalement conquise !

 

L’accident de l’A35 – Graeme Macrae Burnet

J’ai choisi ce livre dans le catalogue Netgalley, car je suis friande de bons thrillers plein de suspens et pas trop sanglants.

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Ici, tout débute par une macabre découverte, celle d’un homme qui s’est crashé sur l’autoroute. L’individu semble être mort sur le coup. Son véhicule est visiblement le seul impliqué. Mais quelque chose ne colle pas trop, et comme la veuve est plutôt jolie (et qu’elle semble peu affectée par la mort de son époux)… Gorsky va mener l’enquête.

Ne vous attendez pas à un thriller à l’américaine. Nous sommes à Saint-Louis, et l’enquête ne nous mènera pas en dehors des frontières alsaciennes ! L’histoire est assez simple, mais l’auteur sait planter le décors, et créer une ambiance particulière en distillant quelques infos croustillantes sur chacun de ses personnages.

Il y a Gorsky, le flic alcoolique dont la femme a quitté la maison. Il y a la charmante veuve de la victime, et son fils ado un peu spécial… Tout ce gentil monde évolue dans un décor des plus banals, entre petites rues alsaciennes et bars de quartier…

Finalement, tout le monde semble enfermé dans des existences sans grand intérêt, Gorsky le premier. Aucun personnage n’attire vraiment la sympathie, mais j’ai eu envie de savoir malgré tout, de connaître le pourquoi de cet accident. Et j’ai beaucoup apprécié le dénouement, qui s’il n’est pas dingue, m’a tout de même surprise !

L’ami – Sigrid Nuñez

Je ne connaissais pas du tout l’auteur Sigrid Nunez. C’est le titre de son livre, associé à la couverture qui montrait un gros chien, qui a attisé ma curiosité.

L’Ami, c’est son titre, a reçu le National Book Award 2018. La version française est parue chez Stock.

 

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Dans ce roman de 288 pages, la narratrice raconte à la troisième personne, la perte toute récente de son meilleur ami écrivain. Celui-ci s’est suicidé, laissant derrière lui un grand chien, dont son épouse ne souhaite pas s’occuper.

« – Je vais te dire pourquoi j’ai tenu à te parler.

À ces mots, pour une raison mystérieuse, mon coeur se met à battre dans ma poitrine.
– C’est au sujet du chien.
– Du chien ?
– Oui, je voulais savoir si tu serais d’accord pour le prendre. »

C’est la narratrice qui hérite du chien. Et l’on pourrait penser qu’accueillir un gros toutou dans son appartement new-yorkais serait un casse-tête, pour cette femme qui préfère les chats.

Mais très vite, on s’aperçoit que l’arrivée du chien est en fait largement bénéfique.

Le roman commence par une présentation de l’auteur décédé, vu à travers les yeux de son amie ; une amie qui aurait pu être plus qu’une amie d’ailleurs… Il aborde le thème du deuil, de l’amitié, et celui de l’écriture et du monde des écrivains. Nous naviguons entre le quotidien de la narratrice, et ses souvenirs, mais la lecture reste très fluide.

C’est un joli livre, plein de délicatesse, où l’ami n’est finalement pas toujours celui que l’on imaginait…

Fai piano quando torni

« Fais doucement quand tu rentres » ainsi pourrait se traduire le titre de ce roman italien. C’est un roman de Silvia Truzzi, paru en 2018.

Un titre intrigant, pour un livre tout en douceur et délicatesse.

Je préfère vous le dire de suite, pour lire ce roman à l’heure actuelle, il faut comprendre l’italien. Car il n’a pas encore été traduit. Alors j’ai hésité à faire un article dessus, car mon blog est en français, et que peu de mes lecteurs doivent parler italien. Mais j’ai tellement aimé ce livre, que j’avais envie d’en parler malgré tout.

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***

Nous suivons la narratrice Margherita, qui est à l’hôpital au début du récit. Nous ignorons pourquoi elle est là précisément, mais découvrons peu à peu qu’elle a eu un accident de voiture.

Au fur et à mesure des pages, ce sont ses blessures psychiques qui se découvrent, bien plus présentes que les blessures physiques.

Margherita est trentenaire, et ne s’est jamais remise du décès de son père. Elle souffre encore énormément de sa rupture avec Francesco. 

Pour dire les choses clairement, elle n’a plus vraiment goût à la vie.

La personne la plus présente dans le quotidien de la trentenaire, est sa mère.

Et puis, les choses vont changer peu à peu, avec l’arrivée d’Anna, une vieille dame excentrique, voisine de chambre d’hôpital. Anna est haute en couleur, (surtout le rose,) et bien déterminée à ne pas rester à sa place.

Si au départ, Marghi snobe Anna, progressivement elle va se laisser apprivoiser… Toutes deux vont former un improbable binôme, pour le meilleur et juste le meilleur !

***

J’ai bien aimé cette lecture, pour la rencontre entre deux femmes, deux cœurs brisés qui ont eu des réactions totalement opposées, mais finissent par faire route commune.

Anna est née très pauvre, et a travaillé comme domestique lorsqu’elle était toute jeune, pour pouvoir survivre quand ses parents n’avaient plus les moyens de la nourrir. A l’inverse, Marghi n’a jamais manqué de rien (du moins sur le plan matériel).

Anna a rencontré son grand amour mais n’a pas pu faire sa vie avec lui, à cause des codes de l’époque. Marghi elle, a vécu avec Francesco, jusqu’à ce que celui-ci lui annonce qu’il ne l’aimait plus. Les deux femmes n’ont jamais pu se résigner. Nicola et Francesco occupent leurs pensées.

Ce livre aurait pu manquer de crédibilité, et tomber la tête la première dans le cliché. Mais c’était sans compter sur la délicatesse de l’écriture de Silvia Truzzi. L’auteure nous présente ses personnages avec tact et patience, sans longueurs. Je me suis vite attachée aussi bien à Margherita qu’à Anna. J’ai cru à leur amitié, et compris que celle-ci les aiderait à résoudre des problèmes qu’elles ne parvenaient pas à surmonter individuellement.

Ce roman se lit très facilement, et est rempli d’optimisme. Pour cela je ne peux que vivement vous en conseiller sa lecture !