Petite, Geneviève BRISAC

Le livre est fin, quelques 100 pages que l’on lit en quelques heures. Mais il ne laisse pas indifférent, par son thème douloureux : l’anorexie. Huit lettres pour désigner une maladie mentale, qui touche la narratrice, Nouk.

Nouk a treize ans lorsqu’elle décide d’arrêter de manger. Elle est au dessus de cela et peut tout à fait maîtriser son corps et son esprit ! Nouk joue, mâche pendant de longues minutes avant de recracher discrètement les bouchées.

Personne ne remarque rien au début… Il faut dire que la jeune fille s’emploie à mentir, à berner son entourage, à manipuler tout le monde pour pouvoir continuer à maigrir toujours plus.

Quand cela ne suffit plus, elle se fait vomir.

bm_CVT_Petite_3493.jpg

Le livre de Geneviève Brisac aborde un thème déjà largement traité dans la littérature. Et il le fait bien. Il est intéressant de voir comment la maladie prend toute la place dans la vie de la jeune Nouk, comment le fait de ne pas grossir devient sa seule préoccupation. Plus rien d’autre ne compte.

J’ai trouvé surprenant au départ, que l’auteure parle parfois de Nouk à la troisième personne, et parfois à la première. Mais finalement ce choix est intéressant, car il permet de voir à quel point la maladie est loin désormais, et à quel point la Nouk guérie voit son moi malade différemment. C’est comme s’il y avait deux Nouk, bien distinctes.

C’est probablement aussi le fait de raconter avec de nombreuses années de recul, qui fait que le récit ne plonge pas dans toute l’horreur de l’anorexie. En comparaison avec d’autres livres sur le sujet, comme Thornitorynx par exemple, ou encore A Soleen, Petite reste un roman assez facile à lire. Bien-sûr il y a des moments touchants, mais la distance temporelle mise par l’auteur, entre le moment où se déroulent les faits et la période du récit, fait que tout reste supportable.

Ce livre n’est pas un témoignage, mais bel et bien un roman. Il n’a pas la prétention de traiter le sujet de façon exhaustive. Mais malgré tout, il sonne juste, et mérite grandement d’être lu !

Publicités

Tue-moi si tu veux [thriller]

Ah comme j’aime les thrillers ! Je me délecte quand je tombe sur de bonnes histoires bourrées de suspens… Je les aime pleines de mystères, et pas trop sanglantes ! L’idéal pour moi ? Une belle histoire de disparition truffée de suspects ! Là vraiment, j’ai été servie !

51JAfzsd7kL._SX332_BO1,204,203,200_.jpg

Le roman du britannique Adam Croft est paru en 2015, et sa traduction française sera disponible en janvier 2019. Grâce à la plateforme Netgalley, j’ai pu la découvrir en avant première !

Nick Connor est un auteur en manque d’inspiration. Il a publié un roman à succès quelques années en arrière, et depuis il peine à reprendre sa plume. Sa femme Tasha travaille à Londres, et passe énormément de temps au bureau et dans les transports, tandis que Nick reste à la maison.

Un matin, alors que Nick emmène sa fille Ellie à l’école, celle-ci disparaît sans laisser de trace. Commence alors une période très désagréable pour Nick et Tasha. Le couple était déjà en train de se déliter. Et la pression médiatique doublée des suspicions policières ne va pas aider à améliorer les choses.

Et encore… s’il n’y avait que cela !

 

***

Ce livre m’a énormément plu et j’ai délaissé télé et podcasts à compter du jour où j’ai entamé ma lecture. Le soir plus rien ne comptait ou presque, à part me replonger dans le récit !

J’ai aimé le rythme de l’auteur, sa façon de planter le décors et de nous présenter les quelques personnages sans jamais nous embrouiller. Il y a finalement assez peu de protagonistes, et c’est peut-être aussi ce qui fait la force de ce bouquin. On peut réellement fouiller la personnalité de chacun.

Ce livre m’a tenue en haleine du début à la fin, et j’y ai pensé encore quelques jours après avoir lu la dernière phrase. Je l’ai trouvé génial !

 

Toutes les histoires d’amour du monde – Baptiste Beaulieu

Baptiste Beaulieu est à la fois Auteur et Médecin Généraliste. Il vient de publier Toutes les Histoires d’Amour du Monde aux éditions Mazarine.

Ce roman n’est pas son premier, puisqu’il en a déjà écrit trois autres :

J’avais dévoré Alors vous ne serez plus jamais triste, et retenu le nom de l’auteur dans un coin de ma tête. Aussi, quand j’ai vu sa dernière oeuvre en date disponible sur la plateforme Netgalley, ma souris a cliqué presque automatiquement !

On meurt vraiment quand tous les gens qui nous ont aimé meurent aussi, ou quand il n’y a plus de souvenirs.

Dans ce roman, le narrateur nous raconte comment il a appris un jour, que son grand-père avait aimé passionnément une femme, qui n’était pas sa grand-mère.

Les chapitres alternent entre le ressenti du narrateur, et les lettres qu’il lit et dans lesquelles le grand-père retrace sa propre histoire.

L’histoire est très belle, car les missives sont en fait des récits du passé de Moïse. Nous découvrons en même temps que son petit-fils, comment Moïse a grandi sans son père, mort lors de la grande guerre, puis comment il a rencontré sa femme, et vécu la seconde guerre mondiale…

Petit à petit, un parallèle se créé entre l’histoire du grand-père défunt et celle du petit-fils, qui voit dans les lettres de son aïeul, une façon de se rapprocher de son propre père.

Il y a une bonne part d’autobiographie dans ce livre, puisque le narrateur s’appelle… Baptiste Beaulieu et qu’il est Médecin. On sent que l’histoire n’a pas été écrite en trois jours, et qu’elle a été mûrie. C’est un récit d’amour universel, qui ne pourra que vous toucher…

Difficile de vous en dire plus, car je ne voudrais absolument pas gâcher la surprise. Mais croyez-moi, ce livre est merveilleux !

 

 

 

Comme toi, Lisa Jewell

Je trouve que la météo actuelle, bien grise et pluvieuse, se prête totalement à la lecture de thrillers. Je savoure les histoire angoissantes confortablement blottie dans mon plaid… La semaine passée, c’est Comme Toi de Lisa Jewell, paru chez Milady qui m’a tenue en éveil !

 

91BF0JMKRKL.jpg

***
Il était question d’une adolescente de quinze ans, disparue il y a dix ans, sans que l’on ne retrouve ni coupable ni corps. La Maman d’Ellie n’a jamais pu se résoudre à faire le deuil de son enfant.

Un jour, elle rencontre un père célibataire Floyd, si charmant qu’elle finit par se rapprocher de lui. Mais tout bascule le jour où elle rencontre Poppy sa fille de 9 ans, qui est le portrait tout craché d’Ellie.

***

J’ai toute de suite accroché à ce roman. L’écriture de l’auteure est fort accessible, et les personnages nous sont présentés clairement. A aucun moment je n’ai eu besoin de revenir sur ma lecture, pour clarifier les choses. Tout était limpide, et j’ai pu me concentrer totalement sur l’histoire pour profiter au maximum du suspens…

Et du suspens il y en a !

On sait très peu de choses sur Ellie et sur sa disparition. Les éléments nous sont donnés petit à petit, et nous permettent d’émettre des hypothèses.

Dès le départ, l’entourage de Floyd m’a semblé étrange. Ce père qui élève seul sa gamine, avec une autre grande fille dont la maman est absente aussi, c’était un peu louche ; d’autant que Poppy n’est pas une enfant classique. Son look détonne, et ses discours ne sont pas très représentatifs des discours tenus habituellement par des gamins de son âge !

Il y a anguille sous roche, et rapidement j’ai su plus ou moins qui était le coupable, mais il me manquait le motif. Qu’est-ce qui allait bien pouvoir relier les différents protagonistes ? Qui était qui et qui avait fait quoi ? Et surtout… pour quoi ?

Si comme moi vous aimez le suspens, les bons thrillers solidement ficelés et sans trop d’hémoglobine, alors ce bouquin devrait vous brancher !

J’ai aimé la façon dont l’histoire se déroulait, et la fin m’a totalement convaincue. J’ai trouvé que le dénouement était amené impeccablement. Souvent dans les romans à suspens, tout s’accélère dans les dernières pages, et on atterrit un peu brutalement. Ici non, le rythme est bon tout au long du récit, et la fin n’est que le couronnement des chapitres précédents. Vraiment un excellent thriller !

Chère Mamie, Virginie Grimaldi

Le dernier livre de Virginie Grimaldi est un peu différent des précédents, par son format.

Au lieu d’un véritable roman, l’auteure nous offre une compilation de petits billets adressés à sa grand-mère. Elle y raconte avec beaucoup d’humour, des « chroniques du quotidien décalées, rédigées en gloussant ».

A la base, ces cartes étaient postées sur Instagram. Les fans de l’auteure en redemandaient, tant et si bien que l’idée a germé d’en faire un livre.

Et quelle idée !? On se régale à partager les mésaventures de Ginie, et à se trouver des points communs avec elle…

Et pourtant ma Kindle n’affichait pas les images. J’ai dû me contenter du texte, et cela m’a suffi à rire (oui oui véritablement rire) de façon régulière !

Ce petit bouquin se lit en une fois, allez deux au maximum ! Il est difficile d’en sortir, tant on s’amuse en en tournant les pages.

En plus, faites-vous plaisir et faites plaisir en l’offrant, car les bénéfices des ventes sont intégralement reversés à l’association CkeduBonheur, qui offre des moments de bonheur aux enfants hospitalisés !

D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan

Cela faisait des lustres que j’avais envie de lire un roman de Delphine de Vigan. Je n’entendais dire que du bien de cette auteure, et je me disais qu’il fallait vraiment que je me lance.
C’est un peu par hasard que j’ai entamé D’Après une Histoire Vraie. Pourquoi ce titre et pas Jour sans Faim, Les Heures Souterraines ou encore No et Moi ? Et bien je n’en sais rien. Le hasard.

D’après une Histoire Vraie est paru en 2015 et a obtenu le prix Renaudot et Goncourt des Lycéens. Globalement, je fais assez confiance au prix Goncourt des Lycéens, donc je savais en débutant ma lecture, que je risquais d’apprécier.

***

La narratrice Delphine, raconte à la première personne comment après la parution de son premier roman, elle a cessé d’écrire. Impossible pour elle d’empoigner un stylo ou de saisir quoi que ce soit sur un clavier. La panne sèche !

A cette époque, Delphine rencontre une jeune femme qu’elle désigne par une lettre : L.

Rapidement, L. devient une amie très proche, trop proche. L. envahit la vie de Delphine, allant jusqu’à envoyer des mails en son nom à ses proches.

Au départ, Delphine s’accommode très bien de la situation. Il faut dire que L. tisse sa toile patiemment, et que cela lui permet d’installer une relation de dépendance que Delphine ne détecte pas immédiatement.

***

Ce roman m’a beaucoup plu car l’auteure déroule son histoire avec beaucoup de finesse, sans pour autant nous noyer dans des longueurs. Le récit est prenant, et l’on arrive à bien ressentir la façon dont L. déploie son piège autour de Delphine.

Nous qui sommes extérieurs à l’histoire, voyons venir le danger avant la narratrice. Mais nous comprenons sans peine que le piège fonctionne, et c’est cela qui fait toute la force de ce roman !

J’ai réellement apprécié ma lecture, pour la grande crédibilité de l’histoire.

 

 

Khalil

Quoi quoi quoi ? Yasmina Khadra a sorti un nouveau roman ? Il me le faut !

Je ne regarde même-pas de quoi traite le livre en question, je sais déjà que je veux le lire !

31pQSryQTbL._SR600,315_PIWhiteStrip,BottomLeft,0,35_PIAmznPrime,BottomLeft,0,-5_SCLZZZZZZZ_

Yasmina Khadra est l’un de mes auteurs favoris, depuis que j’ai découvert l’Attentat publié en 2009. Mon admiration pour l’écrivain algérien n’a fait que grandir depuis ; encore plus après que j’ai eu le bonheur d’échanger quelques mots avec lui aux Mots Doubs, festival littéraire de ma ville.

Yasmina Khadra, c’est un regard qui voit les choses et les gens avec justesse, et les décrit avec une intensité impressionnante.

*

Khalil est un jeune homme d’origine maghrébine, qui vit en Belgique. Au début du roman, il se trouve à Paris dans une voiture qui se dirige vers le stade de France. Avec son ami d’enfance Driss, et deux autres inconnus, ils s’apprêtent à servir de bombes humaines.

*

Khalil diffère de l’Attentat, même si le terrorisme reste le thème commun, par le fait notamment que Khalil est notre narrateur. Dans l’Attentat, le narrateur est un homme, qui a perdu sa femme kamikaze.

Le nouveau roman de Yasmina Khadra propose une approche du terrorisme à travers le regard du terroriste. Sans chercher ni à justifier, ni au contraire à accuser, il expose comment on peut basculer de jeune homme sans repères ni objectifs, à terroriste.

Les mécanismes ont déjà été largement abordés par les experts et journalistes, mais le fait de les voir à travers le regard de Yasmina Khadra, retranscris avec ses mots, est un réel plaisir.

Il y a une belle intensité dans les phrases de l’auteur, doublé d’un réalisme tout à fait époustouflant.

C’est ENCORE un grand et beau roman de Yasmina Khadra !