Petite, Geneviève BRISAC

Le livre est fin, quelques 100 pages que l’on lit en quelques heures. Mais il ne laisse pas indifférent, par son thème douloureux : l’anorexie. Huit lettres pour désigner une maladie mentale, qui touche la narratrice, Nouk.

Nouk a treize ans lorsqu’elle décide d’arrêter de manger. Elle est au dessus de cela et peut tout à fait maîtriser son corps et son esprit ! Nouk joue, mâche pendant de longues minutes avant de recracher discrètement les bouchées.

Personne ne remarque rien au début… Il faut dire que la jeune fille s’emploie à mentir, à berner son entourage, à manipuler tout le monde pour pouvoir continuer à maigrir toujours plus.

Quand cela ne suffit plus, elle se fait vomir.

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Le livre de Geneviève Brisac aborde un thème déjà largement traité dans la littérature. Et il le fait bien. Il est intéressant de voir comment la maladie prend toute la place dans la vie de la jeune Nouk, comment le fait de ne pas grossir devient sa seule préoccupation. Plus rien d’autre ne compte.

J’ai trouvé surprenant au départ, que l’auteure parle parfois de Nouk à la troisième personne, et parfois à la première. Mais finalement ce choix est intéressant, car il permet de voir à quel point la maladie est loin désormais, et à quel point la Nouk guérie voit son moi malade différemment. C’est comme s’il y avait deux Nouk, bien distinctes.

C’est probablement aussi le fait de raconter avec de nombreuses années de recul, qui fait que le récit ne plonge pas dans toute l’horreur de l’anorexie. En comparaison avec d’autres livres sur le sujet, comme Thornitorynx par exemple, ou encore A Soleen, Petite reste un roman assez facile à lire. Bien-sûr il y a des moments touchants, mais la distance temporelle mise par l’auteur, entre le moment où se déroulent les faits et la période du récit, fait que tout reste supportable.

Ce livre n’est pas un témoignage, mais bel et bien un roman. Il n’a pas la prétention de traiter le sujet de façon exhaustive. Mais malgré tout, il sonne juste, et mérite grandement d’être lu !

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Accepte ton corps ! Reportage

J’ai vu passer un lien sur internet, menant vers un reportage proposé en libre accès sur Youtube. Le sujet m’a tout de suite intéressée, et je pense qu’il parlera à une majorité de femmes… Je vais donc vous le présenter et tâcher de vous donner envie de le visionner à votre tour !

Voici la photo sur laquelle début le reportage. C’est un avant-après peu conventionnel, de Taryn Brumfitt, créatrice du #BodyImageMovement Pourquoi « peu conventionnel » ? Car le sujet est plus gros sur la seconde photo, mais aussi plus souriant ! C’est rare, non ?

Taryn est australienne. Elle écrit, donne des conférences, et est également maman de trois enfants. Elle a quelque chose en plus que beaucoup n’ont pas. Elle aime son corps. Et pourtant, celui-ci est loin d’être parfait, par rapport aux canons de la beauté actuellement en vigueur.

Taryn explique au début du reportage, qu’elle n’a pas toujours aimé son physique, loin de là. Elle a successivement pris du poids, en a perdu, s’est musclée, avant de réaliser que quoi qu’elle fasse, quel que soit le corps qu’elle se façonnerait, elle était sur la mauvaise piste pour être heureuse.

Même lorsqu’elle a réussi à atteindre un objectif de corps mince et musclé, en regardant derrière elle les efforts que cela lui avait coûté, elle a compris que non, elle n’était pas sur le bon chemin.

C’est alors qu’elle a réalisé que pour arriver à apprécier son corps, et à être en paix avec, il lui faudrait « juste  » l’accepter, et en prendre soin. Sa vie a changé. De son propre aveu, elle a eu la sensation d’avoir gagné à la loterie !

C’est pour permettre à toutes les femmes de tirer le ticket gagnant, qu’elle a réalisé le reportage dont je suis en train de vous parler.

Pour cela, elle est partie aux quatre coins du monde, rencontrer des femmes dont elle a ensuite compilé les témoignages. Pendant une heure et demi de reportage, nous rencontrons grâce à Taryn, une jeune femme qui souffre d’anorexie, une photographe de mode, un chirurgien esthétique (ah oui, il y a aussi quelques hommes !), une rédactrice en chef d’un magazine féminin, …

Chacun(e) témoigne sur ce vaste sujet commun, celui de l’image du corps féminin et de son acceptation.

Parmi les femmes interviewées par Taryn, il y a Mia Freedman, Rédactrice en chef de Cosmopolitan Australia, qui s’est battue pour casser les codes, et mettre des femmes « pulpeuses » dans les pages de son magazine.

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Le reportage nous montre que la minceur n’est pas nécessairement synonyme de bonheur, et que l’on peut tout à fait être épanouie avec un physique qui ne remplit pas les critères habituels. Il nous rappelle que nous n’avons qu’un corps, et que si l’on en prend soin, on met toutes les chances de son côté pour l’aimer. Penser en permanence au poids, nous empêche de nous concentrer sur autre chose…

J’ai particulièrement aimé le passage dans lequel Tarynn explique qu’elle ne veut pas sans cesse dire à sa propre fille qu’elle est belle. Elle préfère la complimenter sur ce qu’elle fait, et l’encourager à entreprendre des projets, plutôt que de mettre l’accent sur son apparence.

Le reportage nous appelle également à nous focaliser sur de vrais sujets, sans perdre un temps précieux à compter les calories ingérées et à détester notre graisse dans le miroir !

Finalement, le propos n’a rien de bien nouveau. Mais il n’est jamais inutile de le réentendre je pense, surtout s’il est comme ici, illustré par de nouveaux exemples.

J’ai regardé Accepte ton Corps ! sans voir filer le temps, et j’en ai retiré beaucoup de pensées positives. Alors je vous le conseille si vous ne l’avez pas déjà vu !

Voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=oaqgFNmH5CM

 

Sur le même sujet, si vous avez envie d’aller plus loin, je vous renvoie vers mon billet sur la diet culture !

Moi aussi j’adore les Plumes

J’ai profité du trajet Paris-Besançon sous la pluie, pour terminer ma première lecture de l’année, et préparer dans la foulée, la chronique que vous êtes en train de lire !

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Moi aussi j’adore les Plumes, est un témoignage d’une jeune femme sur son anorexie.

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C’est un livre qui mêle des extraits de journal intime et des réflexions rédigées par la suite.

Aurélie raconte comment elle a vécu des années durant avec un trouble du comportement alimentaire, et comment elle a réussi peu à peu, à remonter la pente.

Elle a eu un parcourt assez « classique » d’anorexique restrictive, qui comptait la moindre calorie, pour perdre toujours plus de poids, et a été hospitalisée à plusieurs reprises.

Aurélie ne s’est jamais fait vomir, ni n’a enchaîné les heures de sport. Mais elle a vécu des années en mangeant très très peu, et en étant en constant danger de mort à cause de son poids très faible. Elle détaille les années de souffrance dans son livre, qu’il s’agisse de celles pendant lesquelles elle a pesé une trentaine de kilos seulement, où des années qui ont suivi, où ayant retrouvé un poids « normal » elle continuait de voir sa vie saccagée par la maladie.

Elle se sentait bien mentalement en exerçant un contrôle très strict de son poids, et en privant son corps d’énergie.

Son témoignage montre une fois de plus, à quel point l’anorexie est une addiction, une obsession de tout contrôler, et non pas une volonté de ressembler aux mannequins des magazines. En cela, je l’ai trouvé réellement instructif.

Ce livre ne passionnera pas forcément tous les lecteurs, car il n’est pas formidablement écrit. Il y a d’autres ouvrages sur le sujet, qui se lisent plus comme des romans, et sont plus détaillés, plus « divertissants ».

Mais pour les malades et leur entourage, c’est une lecture utile et enrichissante, qui permet de comprendre au moins en partie, les mécanismes qui font naître et entretiennent l’anorexie.

L’auteure donne également des conseils pour aider une personne atteintes d’anorexie. Elle explique ce qui lui a fait du bien, et ce qui au contraire, l’a blessée. Les conseils m’ont parus pertinents.

J’ai lu ce livre en deux jours, car je me suis laissée prendre par l’histoire, et que je trouvais les réflexions de l’auteure intéressantes. C’est donc un livre que je recommande aux personnes que le thème ne laisse pas insensibles.

Dans l’ombre d’Ana – Marjorie Motto

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Dans l’ombre d’Ana est un roman paru tout dernièrement aux éditions Rémanence. Il m’a attirée pour son titre, puisque celui-ci contient mon prénom. Mais en lisant le résumé, j’ai compris qu’en réalité, il s’agissait d’Ana, la personnification de l‘anorexie.

Et bien cela n’a fait que renforcer mon intérêt, car comme une femme sur dix, j’ai connu une période de troubles du comportements alimentaires. Je ne souhaite aucunement entrer dans les détails, mais il me semble important de le préciser, car cela a un impact sur la façon que j’ai eu d’appréhender cette lecture. Il est évident que je me suis montrée plus critique qu’une personne qui n’aurait pas connu les troubles du comportement alimentaires, dont l’anorexie mentale fait partie.

Ceci étant dit, je vous résume brièvement l’histoire !

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Elsa est une jeune femme de vingt-cinq ans, qui a tout pour être heureuse. Elle travaille dans une entreprise où l’ambiance semble plutôt plaisante, et voit régulièrement sa meilleure amie.

Elle vit seule dans un charmant petit appartement, et a pour projet d’acheter son propre bien d’ici quelques années. Elle s’entend bien avec sa mère, avec qui elle mange de temps en temps. La seule ombre au tableau, est l’absence de copain…

Quand Elsa rencontre Alexandre, son nouveau collègue qui devient bien vite son petit ami, tout devrait aller encore mieux… Sauf que voilà, la belle histoire va tourner court, et entraîner notre narratrice dans une spirale infernale.

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Le récit que nous livre Marjorie Motto est vraiment facile d’accès. Dès les toutes premières lignes, je me suis laissée happer par sa plume, vive et efficace ! On a l’impression d’être aux côtés d’Elsa, et de découvrir son quotidien en temps réel.

Le style est vraiment simple, mais pas bâclé pour autant. Disons que l’auteure ne s’embarrasse pas de longues tournures littéraires, et tant mieux car cela nuirait au côté réel du récit. On a vraiment l’impression de lire un journal intime, ou d’écouter une amie nous raconter ce qu’elle a vécu.

Au début du roman, Elsa est une jeune femme lambda, légèrement complexée par son surpoids. Mais c’est aussi la joie de vivre incarnée. Elle mène une existence paisible et plutôt épanouie, entre son travail pour une grande société, son petit appart, sa meilleure amie et sa Mère qu’elle voit régulièrement et avec qui elle entretient de bonnes relations.

Partager son quotidien au travers de ce livre est donc réellement plaisant.

Pendant les premiers chapitres, soit environ 1/4 du livre, tout est rose ou presque. Et puis, une fois qu’Alexandre entre dans la vie de notre héroïne, les ennuis apparaissent progressivement… Et là, j’ai trouvé que l’auteure avait été vraiment excellente, dans sa façon de faire basculer d’un coup d’un seul, tout l’environnement de son personnage.

Très rapidement, Elsa organise sa vie autour d’une seule obsession : la perte de poids. Elle se met à manger extrêmement peu et très (trop) sainement, s’abonne à une salle de sport, fuit les occasions de manger en société. En quelques semaines, elle change du tout au tout, et ne pense plus qu’aux calories.

Le récit de Marjorie Motto est réellement passionnant, car il décrit la façon dont Elsa bascule inconsciemment dans l’anorexie, de façon très vivante, très rythmée. On comprend sans aucune difficulté comment la maladie se fait une place dans le quotidien de l’héroïne.

En cela, ce roman m’a totalement plu, et je pense qu’il est à mettre entre toutes les mains, car il permet réellement de comprendre ce qu’est l’anorexie, et comment elle peut se développer de façon insidieuse et dévastatrice.

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J’ai trouvé particulièrement intéressant de rencontrer pour une fois, une héroïne adulte, alors que généralement les récits sur l’anorexie mettent en scène des adolescentes, ou en tout cas, des femmes qui ont vu leurs troubles se déclarer très très tôt. Ici Elsa a vingt-cinq ans, et est indépendante. Elle a son appart, et un travail stable.

Cela donne une autre vision de l’anorexie, et de la façon dont cette maladie peut toucher certaines personnes, sans que ni elles ni leur entourage ne puisse réagir à temps.

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Je recommande vivement la lecture de ce roman, qui se termine par une note d’espoir, et laisse (ouf) le sourire aux lèvres. Vraiment, si le thème vous attire, laissez-vous tenter et venez m’en donner des nouvelles !

 

 

 

To the Bone – Netflix

To the Bone est un film Netflix, que vous pourrez voir… en vous abonnant à Netflix, logique. C’est parce-que ce film nous tentait particulièrement, que nous avons commencé à envisager la possibilité de nous abonner à Netflix, alors que nous avions déjà une pile de DVD à regarder. Et comme vous pouvez le deviner, nous avons fini par craquer !

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Lily Collins (la fille de Phil Collins), incarne Ellen, une jeune femme de 20 ans qui souffre d’anorexie mentale depuis des années. Elle a déjà suivi diverses thérapies pour tenter de se libérer du mal qui la ronge, sans succès jusque là. 

Ellen rencontre le docteur Beckham, un Médecin spécialisé dans le traitement des troubles du comportement alimentaires, qui propose une thérapie originale. La jeune femme est séduite et décide de tenter le tout pour le tout…

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J’attendais beaucoup de ce film, et étais assez confiante car la bande-annonce semblait confirmer que ce sujet était habillement traité. En plus, l’actrice principale est une ex-anorexique, donc on pouvait supposer qu’elle apporterait une bonne dose de crédibilité.

Et en effet, le film tient la route. Plusieurs détails prouvent que le sujet n’est pas inconnu à la Réalisatrice, Marti Noxon. L’on voit notamment à plusieurs reprises, que les patients connaissent la teneur en calories des aliments, à la calorie près.

Ils sont obsédés par ces calories et par le fait de perdre du poids, au point de courir dès qu’ils le peuvent, de monter et descendre les escaliers au pas de course, de chercher toujours de nouvelles solutions pour se purger… (mais chose rare et appréciable, vous ne verrez aucune scène de vomissement dans ce film !)

Ce film sort du lot, car il ne met pas spécialement l’accent sur l’alimentation. Il s’intéresse avant tout au psychique. Par petites touches, nous découvrons les différents éléments qui ont fait que Lily a plongé peu à peu dans l’anorexie. Nous réalisons à quel point sa maladie impacte sa vie, mais aussi celle de ses proches.

Il n’y a pas une seule raisons qui a tout fait basculer, mais un ensemble de choses, qui mises bout à bout, ont fait déborder le vase.

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To the Bone n’a pas la prétention d’expliquer l’anorexie, ni de faire du spectaculaire. Il présente le cas bien spécifique d’Ellen, et la solution apportée à ce cas particulier ; une solution parmi tant d’autres.

Autour d’Ellen, les adolescents et jeunes adultes se retrouvent dans un centre qui a des allures de maison, où ils peuvent vivre entre eux, manger sans qu’on leur impose des aliments, ou des quantités.

C’est au contact les uns des autres, qu’ils parviennent à se soigner, en retrouvant le goût de vivre.

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#tothebone #finoallosso #lilycollins

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L’interprétation de Lily Collins est superbe. L’actrice ne surjoue pas. On ne nous impose aucune scène marquante inutile, juste pour faire du spectacle. On ne tombe jamais dans le voyeurisme, dans le sale.

J’aurais peut-être apprécié que le personnage de Lily soit moins lumineux. En effet, on voit parfois que Lily est épuisée, et il y a même une scène où elle tombe, victime de ses restrictions. Mais globalement, malgré sa maigreur, Lily reste jolie.

Je pense qu’il aurait été juste d’accentuer le côté laid de la maladie, de parler même par petites touches, des dangers auxquels les malades s’exposaient. Nous aurions pu voir Lily perdre ses cheveux par poignées, ou ressentir les palpitations de son cœur par exemple. Je pense que cela aurait renforcé le message.

En conclusion, To the Bone est un film fort et marquant, qui mérite vraiment d’être vu.

 

 

La diet culture, un GROS bobard qui peut faire mal

C’est dingue comme parfois, mettre un terme anglais sur les choses permet de commencer à les cerner, et donc par extension, à les comprendre.

Je suis tombée dernièrement sur celui de diet culture, que l’on pourrait traduire par « la culture du régime » et je me suis dis « Purée mais c’est ça ! C’est ça qui cloche, cette manie de sanctifier le fait de perdre du poids, et de nous répéter H24 que nous sommes tous gros et laids ! ».

Nous avons tous compris depuis des lustres que la pub visait à créer des besoins, pour faire vendre. Si nous avions dormi en cours d’économie, Beigbeder nous a proposé un cours de rattrapage grand public, avec 99 Francs (le livre ET le film). Au besoin relisez/revisionnez l’oeuvre.

L’industrie des régimes aussi fait de la pub, et pour cela, elle joue avec notre poids, et la vision que nous en avons…

Allumez la télé et zappez pour tomber sur les pubs. Cela ne devrait pas vous prendre longtemps avant de tomber sur un spot pour une nouvelle méthode de régime, ou un Xième produit light, à moins que vous ne visionniez une publicité pour un cachet miracle, qui promet d’absorber une bonne partie des sucres et des graisses qui vous allez ingérer.

Idée de base : nous sommes tous trop gras, trop gros, et amateurs de bouffe peu saine.

–> c’est d’ailleurs pour cela que nous ne sommes pas pleinement heureux.

Solution proposée : des régimes, des produits miracles, des plats sains.

Résultat : Même les personnes qui ne sont pas en surpoids se lancent dans des régimes, qu’elles abandonnent souvent (parce-que manger est un plus qu’une envie, un besoin physiologique).

C’est là qu’arrive la sensation d’échec, et que se lance le cercle vicieux…

C’est futé… mais qui est-ce qui trinque dans l’affaire ? Le consommateur lambda, vous et moi autrement dit, qui se trouve toujours trop gras, trop mou du ventre, et a en plus la sensation d’être un naz qui ne parvient pas à tenir un régime.

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On trouve assez peu de choses en français sur la diet culture, cette injonction qui nous est faite de manger moins et toujours plus sain. Pourtant, on commence à parler tout doucement d’orthorexie, cette maladie classée parmi les troubles du comportement alimentaire (TCA) qui se caractérise par une obsession du manger sain. Tu le vois le hashtag #healthyfood ?

Pour résumer les choses, la diet culture serait une sorte de lavage de cerveau, opéré par les médias (pubs, magazines, mode, etc). Elle empreigne notre société, et marque notre quotidien sans que nous ne nous en rendions forcément compte.

Elle induirait chez nous des pensées comme « le gras est un ennemi à supprimer » / « manger du chou kalé et du jus de betterave fait de moi une bonne personne » / « si je mange ce cake, je vais devenir une affreuse grosse baleine ».

Rectification : le gras est nécessaire à un bon fonctionnement du corps et de l’esprit. C’est le mauvais gras, et l’excès de gras qui cause des dégâts, et à plus forte raison quand il se retrouve dans des produits SUCRÉS comme l’industrie en propose tant.

A noter, le gras est totalement diabolisé alors que le sucre a encore la vie belle en comparaison. Pourtant vous noterez que le sucre est une calorie vide. Notre corps a besoin de glucides certes, mais pas de glucides ultra raffinés qui ne lui apportent que de l’énergie, sans vitamines, sans minéraux, que dalle, niet, niente di niente. Toutefois, les produits « 0 % de matière grasse » continuent à pulluler dans les rayons, alors qu’ils contiennent pour de nombreuses références, du sucre à gogo. Bref.

D’ailleurs, permettez-moi de faire encore une aparté, et d’écrire une bonne fois pour toute, le gras que l’on retrouve sur notre corps, n’est pas directement du gras consommé tel quel dans les aliments. Le sucre consommé en excès par exemple, est stocké, et devient AUSSI du gras dans notre corps. Tandis que le bon gras, consommé en quantités raisonnable, sert à la construction de nos cellules par exemple.

Manger du chou kalé et du jus de betterave ne vous fera pas de mal (si vous ne vous alimentez pas que de cela) mais si vous êtes un con fini, cela ne changera rien à ce niveau… 

Si vous mangez ce cake, vous mangerez ce cake. Les baleines ne mangent pas de  cake. Elles se nourrissent essentiellement de mini-crevettes (krill).

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Alors bien-sûr, à la base, la majeure partie de ces messages vise à nous faire culpabiliser. Ce n’est pas pour le plaisir de nous nuire (quoi que) mais plutôt pour gagner de l’argent. Le nerf de la guerre.

Je culpabilise –> je me sens mal –> on me propose une solution –> j’achète la solution en question en espérant aller mieux…

L’ennui, c’est qu’à la longue, ces messages peuvent induire un véritable danger chez certains sujets, qui seraient un poil trop réceptifs. Et pas besoin d’être exagérément réceptif, quand le message est omniprésent, à la télé, à la radio, dans les journaux,…

On parle de plus en plus des IMC exagérément bas des mannequins, et des retouches numériques dans les magazines de mode, qui peuvent pousser certaines femmes (et hommes aussi) vers l’anorexie.

Mais que dire des messages qui valorisent toujours plus les aliments sains, et diabolisent au contraire tout ce qui est « trop gras, trop sucré, trop salé » et faussent notre rapport à la nourriture ?

Rappelons-le, manger n’est pas un acte qui devrait nous faire nous sentir coupable. Il n’y a aucune honte à avoir faim et à prendre du plaisir en mangeant.

La nourriture est un carburant, une nécessité pour faire fonctionner le corps et l’esprit. Manger n’est pas « craquer ». Manger, c’est alimenter son corps, comme il doit l’être, rien de plus, rien de moins. Si on peut le faire avec plaisir, alors tant mieux.

Est-ce que vous ne trouvez pas cela hallucinant toutes ces ex-Miss qui font des pubs pour des régimes ou cachets visant à aider la perte de poids ? Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu agressés parfois, d’entendre des publicités qui vous interpellent par un « Et vous ? Vous commencez quand ??? ».

Se priver de manger, compter les calories, acheter des aliments light, cela ne choque presque plus personne. Tout cela est devenu normal. Réprimer ses envies, se punir, se priver pour atteindre un idéal de corps mince, le seul admis comme modèle de réussite, est une (triste) normalité.

Difficile dans de telles conditions, de passer à côté de tous ces messages culpabilisants, et de garder un rapport sain vis à vis de la nourriture. Difficile, mais pas impossible, surtout une fois que l’on a pris conscience de ce phénomène de diet culture.

Les commentaires sont ouverts. Faites-vous plaisir !

 

 

 

Raw, journal d’une anorexique – Lydia Davis

Amazon aura ma peau. A chaque fois que je me connecte sur la boutique depuis ma Kindle, je tombe sur des livres qui me sont recommandés, en fonction de mes derniers achats… et j’ai bien du mal à me raisonner, et à ne pas ajouter un ou deux titres à ma pile à lire… Cette fois-ci, j’ai acheté Raw, The Diary of an Anorexic, de Lydia Davis (en anglais).

Il s’agit comme son titre l’indique, du journal d’une jeune femme anorexique. Il est composé de différents documents, un récit à la première personne, mais aussi des billets issus du blog de Lydia, des lettres de ses docteurs, des e-mails de ses amis…

Le tout permet de découvrir l’histoire terrifiante de cette jeune femme, qui a sombré dans l’anorexie mentale à l’âge de 19 ans.

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Etudiante sans histoires, Lydia était alors entourée d’une famille aimante, et avait des amis. Mais peu à peu, sans qu’elle ne sache vraiment se l’expliquer, elle s’est mise à se restreindre, et à maigrir, jusqu’à atteindre un poids vraiment très très bas, qui l’a mise en danger de mort.

Malgré toute l’aide apportée par ses proches, par l’équipe médicale, et malgré sa propre volonté de s’en sortir, Lydia a dû se battre, toujours plus, contre une maladie toujours plus forte.

Elle a connu la restriction, puis les crises de boulimie, les vomissements, la dépression, les envies suicidaires. Lydia ne nous épargne rien, et nous donne à lire des billets de son blogs glaçants, dans lesquels elle exprime le manque de sens de sa vie, son absence d’envies. Elle ne parvient plus à se souvenir ce qui pouvait la rendre heureuse avant, et vit chaque jour en attendant la suite, en espérant que tout cela s’arrête…

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La jeune femme aujourd’hui âgée de 23 ans, se dit maintenant presque sortie d’affaire, à 90 % guérie. Quand on regarde ses photos actuelles, elle est effectivement en bien meilleure forme(s) que quelques années en arrière.

« Desperately trying to remember what I like and what I don’t like, what I want, what I have done, what I think, who I am. »

Ce n’est pas le premier livre que je lis sur le sujet des troubles alimentaires. Mais celui-ci a été pour moi l’un des plus durs. Je pense que cela vient du fait que beaucoup de documents contenus dans ce livre sont d’époque. Les billets de blog par exemple, ont été écrits par Lydia pendant la maladie. Donc ils sont forcément plus noirs que s’ils l’avaient été par la suite, de la main d’une Lydia sortie d’affaire…

En plus, Lydia a connu des épisodes de profonde dépression, et ses écrits étaient alors très très noirs.

« Everytime I’m doing something I’m thinking of the next thing. »

Ce témoignage est difficile. Mais il permet d’en apprendre plus sur les troubles du comportements alimentaires, et se termine sur une note positive, puisque je vous le rappelle, Lydia est désormais quasiment guérie.

Je n’ai pas eu le coup de cœur pour ce livre, comme j’ai pu l’avoir pour Why Can’t you just Eat de Shannon Lagasse, mais j’ai néanmoins trouvé qu’il apportait de l’eau au moulin !

Je pense qu’il manque une sorte de recul, d’analyse, que Lydia aurait pu apporter en plus de l’aspect purement factuel. Mais en même temps, le livre correspond bien au titre, puisqu’il s’agit d’un journal, et pas d’un manuel à l’usage des personnes victimes de TCA et de leur entourage !

« I would like so much to be able to enjoy the things I used to enjoy, and see things the way I used to see them. »