Thornytorinx [Témoignage]

 

Aujourd’hui je vous parle d’un livre témoignage, qui a déjà dix ans ! Thornythorinx est un récit autobiographique de Camille de Peretti.

Cette jeune femme nous raconte sa descente en enfer à cause de l’anorexie-boulimie.

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Alors qu’elle est encore toute jeune, Camille se retrouve à étudier dans une grande école de commerce. Elle qui rêvait d’embrasser une carrière artistique, voit ses rêves d’éloigner petit à petit.

Bonne élève, Camille perd les pédales dans ces études qui ne lui correspondent pas. Avec le rythme de vie estudiantin, la jolie fille mince prend quelques kilos. Elle le vit très mal, et tombe rapidement dans le piège de l’anorexie…

Camille nous raconte sans aucun tabou, comment elle a commencé à se faire vomir, et à ses peser plusieurs fois par jour pour contrôler son poids.

« Contrôler » c’est bien le mot… car Camille se pèse, aux 100 grammes près, et s’inflige des vomissements pour rester mince, toujours plus mince…

C’est cru. Parfois les détails écœurent. J’ai ressenti du dégoût en lisant certains passages. Mais ce témoignage a le mérite de ne rien cacher de l’horreur que représentent les troubles du comportement alimentaire.

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Ce livre est dur, car il ne nous épargne rien, mais il se lit vite (il fait moins de 150 pages, écrites dans un style très accessible). A vous de voir si vous avez envie de vous plonger dans cette histoire… ou non !

 

Sur le même thème, retrouvez mes chroniques :

[Livre] 10 étapes pour surmonter les troubles alimentaires

À Solenn – témoignage

 

[Lecture] L’Envol de Sarah

J’avais acheté ce livre par hasard, parce-que je l’avais trouvé chez Emmaüs à 50 centimes et que le résumé au dos m’avait tentée. Et puis je l’avais laissé dormir dans ma PàL pendant plus d’un an… Cela arrive souvent. J’achète énormément de livres, et je manque de temps pour les lire au fur et à mesure.

Un jour, allez savoir pourquoi, l’heure de ce livre est venue. Je l’ai entamé, et je n’ai plus pu le lâcher… J’ai été complètement captivée par l’écriture d’Agnès Fabre, simple, sincère, et par son témoignage bouleversant. C’est un livre témoignage qui se lit très vite. Sans compter les annexes, il tient en quelques 160 pages.

L’Envol de Sarah : Ma Fille, sa vie, son suicide, est un livre qui peut se lire d’une traite, tant il est poignant.

Ce livre, c’est l’histoire de Sarah, une jeune fille pleine de vie, pour qui tout bascule lorsque ses parents décident de quitter la Bretagne pour s’installer dans la région de Bordeaux. Sarah perd ses repères, et ne parvient pas à faire face. Bien-sûr, il n’y a pas que cela. On ne suicide pas « que » pour un déménagement.

Dans le récit d’Agnès Fabre, on trouve des pistes. Sarah était très exigeante avec elle-même, craignait l’échec, et avait perpétuellement peur de ne pas être à la hauteur.

A l’âge de dix-sept ans, après plusieurs tentatives ratées, et malgré un suivi médical, Sarah met fin à ses jours, en se jetant du pont de l’Aquitaine. Le récit d’Agnès Fabre se situe avant l’acte désespéré de sa fille, et retrace la vie avant la dépression, et les différentes tentatives ratées, jusqu’à ce suicide bien réel…

L’auteure est très courageuse et ne tombe pas dans le pathos malgré la douleur. Elle détaille l’attitude de Sarah, les périodes d’hospitalisation. Elle nous explique comment elle, son mari et leur jeune fils ont fait face. Elle parle aussi des proches, des amis, et de la façon dont le trouble de Sarah a pu être caché pour épargner les grands-parents par exemple…

Pour en revenir à Sarah, son geste est incompréhensible. La jeune femme avait la vie devant elle, des passions : les chevaux et la cuisine, une famille équilibrée et aimante. Mais la dépression en a décidé autrement. Elle ne voyait pas d’intérêt à la vie, jugeait tout déprimant.

On pourrait se dire que ce livre doit complètement saper le moral. C’est vrai que c’est l’opposée d’un Feel Good Book, et que si vous avez tendance à ruminer, alors mieux vaudrait le garder pour plus tard. Mais je dirais qu’il faut quand-même le lire, car il raconte avant tout la vie de Sarah, et le basculement très rapide qui s’est opéré et l’a poussée à commettre l’irréparable. Il peut aider à comprendre, à repérer des signes.

D’ailleurs à la fin du livre, on trouve des annexes, notamment les copies des lettres que Sarah a adressé à ses parents lors de ses différentes tentatives, mais aussi des chiffres sur le suicide des jeunes.

Merci à tous pour vos lectures, et au plaisir de vous retrouver en commentaires !

À Solenn – témoignage

Solenn était une enfant heureuse de vivre, jusqu’au jour où l’anorexie a débarqué dans sa vie.

Tout a commencé par un régime, une envie de perdre quelques kilos en trop… Solenn saute les repas du soir, puis met en place des règles de plus en plus strictes ; refuse toute matière grasse, tout aliment sucré, ne se nourrit plus que de légumes.

Ses parents, Véronique et Patrick Poivre d’Arvor, feront tout pour sauver leur fille, qui descendra à 30 kilos et sera plusieurs fois hospitalisée. Malgré tout l’amour dont ils sauront l’entourer, malgré la présence de la famille, les voyages, les jolis projets, Solenn mettra fin à ses jours, à 19 ans.

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Dans ce livre bouleversant, la maman de Solenn s’adresse à sa fille et retrace sa courte vie, marquée par les restrictions alimentaires extrêmes, par la dépression, et par la boulimie, et propose un portrait lumineux de celle qui fut avant la maladie, une jeune fille joyeuse qui ravissait son entourage.

Le livre est d’une incroyable pudeur. Il nous raconte surtout qui était Solenn, sans entrer dans les détails de la maladie. Il décrit sa descente en enfers, et le combat de ses proches. Il a beau faire un peu moins de 130 pages et se lire très rapidement, il marque le lecteur ; qu’il soit ou non concerné par le drame de l’anorexie.

Ce livre est un témoignage à lire, définitivement.

Véronique Pouvre d’Arvor l’a écrit dix ans après la disparition de sa fille. Mais on sent la douleur toujours aussi intense…

 

Plongeons dans les petits secrets des ultra riches…

Amazon est vraiment fortiche quand il s’agit de me suggérer des livres qui pourraient me plaire. C’est grâce à ses suggestions que j’ai connu Linwood Barclay et Rosamund Lupton par exemple, deux auteurs que j’adore et dont je lis tous les livres ! C’est aussi par ce biais que j’ai acheté le e-book Pour Vous Servir de Véronique Mougin.

Dans ce livre, l’auteure nous fait partager son expérience en tant que Gouvernante. Elle a en effet travaillé une vingtaine d’années au service de plusieurs employeurs, qui avaient tous en commun d’être très très riches…

Du couple écossais à la vieille princesse hystérique, en passant par la maîtresse du Chef d’entreprise, et le prince du Golf (persique, pas le sport)  Nicole (la narratrice s’appelle en effet Nicole et non Véronique) a côtoyé pas mal d’oiseaux rares, dont elle décortique les petites habitudes, pour notre plus grand plaisir…

Ce livre m’a bien plu car il est joliment écrit, et que l’on enchaîne les pages sans voir le temps passer. Plusieurs fois j’ai repoussé l’heure de me coucher pour lire un chapitre de plus, et encore un, et encore un… J’avais envie de passer toujours plus de temps dans ces univers si particuliers que nous décrivait l’auteur.

J’ai aimé cette lecture, car Nicole nous fait passer d’une maison à une autre, et que tout change radicalement d’un employeur à l’autre. Du coup, ce n’est pas un livre qui souffre de longueurs. A chaque nouveau contrat, Nicole se retrouve propulsée dans un nouvel environnement, et a des choses totalement différentes à nous exposer.

Elle parle des patrons, qui peuvent être totalement déconnectés de la vie réelle. Par exemple, elle a surpris sa première employeuse en train de se faire un trip vaisselle un jour où elle n’était pas là. La Dame en question semblait totalement en transe les mains dans le lavabo, à frotter les assiettes pour la première fois de sa vie ! Nicole nous parle aussi des patrons tyranniques, des autres employés de maison pas toujours bien sympathiques. Elle nous expose différentes facettes de son métier, pour notre plus grand plaisir…

Même si le livre dénonce, il ne le fait pas de façon virulente. On reste dans l’humour, avec une belle dose d’ironie, et un certain respect. L’auteure ne va pas trop loin dans le règlement de compte. Cela reste toujours gentillet.

Mieux qu’un long discours, je vous propose de conclure par un petit passage, pour vous permettre de découvrir ce livre, et vous donner envie, je l’espère, de le lire à votre tour !

 

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Merci pour vos lectures et pour vos réactions, qui sont toujours un grand plaisir à lire ! 😀

Anecdotes de cimetières…

Lorsque Mes Sincères Condoléances est sorti, en 2014, on voyait son auteur Guillaume Bailly, sur différents plateaux de télévision. J’avais à l’époque été intriguée, et m’étais dit qu’une fois le livre disponible en poche, je me le procurerais. Je suis en effet friande des histoires vraies, surtout des histoires de type « fait divers » à la Pierre Bellemare. Alors je pensais que ce livre, qui raconte le quotidien d’un employé des pompes funèbres, pourrait me plaire…

Je ne m’étais pas trompée…

Bon, il faut que je le dise, ce livre m’a moins captivée que je ne l’aurais cru. D’ailleurs, je ne lui ai pas accordé l’exclusivité, et je l’ai lu en pointillés, à côté d’autres romans. Parce-que finalement, ce livre ne me suffisait pas. J’aime être plongée dans un bouquin, et m’évader dans son univers. Là ce n’était pas le cas, et j’ai préféré lire d’autres livres à côté pour compenser.

Je ne dis pas que les anecdotes ne m’ont pas intéressée, loin de là, mais je m’attendais à un peu plus d’émotions, à moins de détachement. Avec le recul, je comprends finalement que le détachement caractérise l’auteur !

Néanmoins, si c’était à refaire, je relirais cet ouvrage, car les anecdotes que l’on y trouve valent leur pesant de cacahuètes ! Elles sont tour à tour drôle, touchantes, tristes pour certaines, hilarantes pour d’autres…

Forcément, dans cet univers si particulier, qui est celui de l’employé des pompes funèbres, il arrive que les choses ne se déroulent pas comme prévu. Quand on oublie d’organiser les obsèques d’un défunt, alors que sa famille a déposé un dossier, et que l’on ne s’en rend compte que le jour même car la famille téléphone justement, pour demander où est le corbillard… quand une vieille dame vient organiser les funérailles de son toutou adoré, ou encore quand une famille se présente complètement ivre à un enterrement, et que certains manquent de finir dans le trou avec le cercueil… cela peut valoir le coup d’en faire un livre !

Les histoires sont courtes, très courtes même pour certaines (une demi-page). Elles sont pour la plupart intéressantes, et se lisent bien.

Mes Sincères Condoléances n’est à mon sens, pas un chef d’oeuvre, mais est-ce vraiment une surprise ? Cela reste un livre à découvrir, car il vaut le coup d’œil.

 

[Lecture] Merci pour ce moment…

Quand le livre de Valérie Trierweiler est sorti en septembre 2014, cela ne m’a fait ni chaud ni froid. J’avais bien une opinion là-dessus. Je me disais que ce n’était pas très élégant de laver son linge sale en famille. Mais je ne me suis pas posé une seule seconde la question de le lire. Cela ne m’intéressait pas.

Et puis, presque deux ans plus tard, me voilà devant ma PàL, à chercher une autobiographie… Je voulais lire une histoire vraie… et la seule que j’ai trouvé était celle de l’ex première dame, car on me l’avait prêté…

Je ne me cherche pas d’excuse. J’assume d’avoir lu ce livre. Et je vais aujourd’hui vous donner mon avis…

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Dans Merci pour ce Moment, Valérie Trierweiler raconte son histoire avec François Hollande, en focalisant sur la fin de celle-ci et notamment sur l’affaire Julie Gayet. Elle nous décrit comment ce qu’elle pensait n’être qu’une rumeur montée de toute pièce pour déstabiliser le Président s’est révélé être vrai, et à quel point elle s’est sentie blessée.

Je ne ferai pas de mystère, je n’ai pas accroché. Pour moi une bonne autobiographie doit nous faire adhérer au point de vue de son auteur. On doit s’attacher à lui, adhérer à son histoire… Là, je n’ai pas réussi à ressentir de l’empathie pour Valérie Trierweiler. Et c’est embêtant car avant ma lecture je me disais quand-même que c’était moche d’avoir été ainsi trompée, et humiliée publiquement…

Sauf que Merci pour ce Moment ne m’a paru être qu’un déballage d’infos contre François Hollande, servant de prétexte au passage pour redorer le blason de Mme Trierweiler.

Chaque jour dans la rue, des femmes, souvent, mais aussi des hommes, viennent me voir, ils me parlent de ma « dignité ». Je suis parfois obligée de tempérer leurs propos, très durs à l’encontre du Président.

Je n’éprouve aucune sympathie particulière pour François Hollande, et ne m’intéresse pas vraiment à la vie politique. J’aurais plutôt eu tendance avant de lire ce livre, à « soutenir » la femme trompée. Mais dès les premières pages, Valérie Trierweiler nous livre un autoportait d’une femme capricieuse et impulsive, auquel il est difficile de s’attacher…

On apprend qu’au départ elle ne croyait pas à la liaison avec Julie Gayet, mais que néanmoins elle a fait plusieurs « crises » pour exiger un démenti public, allant jusqu’à prendre une forte dose de somnifères en face de François Hollande, pour le faire réagir. Est-ce une réaction sensée ? J’ai trouvé cela assez surprenant de la part d’une femme de son niveau…

Plusieurs fois, elle insiste sur le fait que lorsqu’elle a quitté son ancien mari, pour vivre sa passion avec François Hollande, celui-ci n’était absolument rien. Et donc, elle n’a pas été motivée par le pouvoir. Cela revient à plusieurs reprises dans le livre, et finit par être réellement lassant, et par ne pas vraiment jouer en sa faveur, car j’ai perçu cela comme une façon peu subtile de rabaisser son ex conjoint.

Je ne dis pas que sa situation était facile ou enviable. Au contraire, cette histoire a donné une mauvaise image d’elle, alors que sa position était déjà assez instable, en tant que concubine du Président. On saisit bien dans son récit, qu’elle a eu peur de se retrouver sans ressources, elle qui avait dû renoncer à son travail chez Direct 8 sur demande du Président. Mais j’ai eu du mal à admettre que cela justifie une telle vengeance…

J’assiste à la naissance d’un personnage, qui a mon nom, mon visage, ma vie, mais qui n’est pas moi, un double de fiction.

On perçoit bien tout au long du récit, qu’elle a souffert de l’image qui a été donné d’elle. Elle insiste largement sur le fait qu’elle vient d’un milieu défavorisé, et que le fait d’avoir été « traitée » de bourgeoise hautaine lui a fait beaucoup de mal. Mais j’ai quand-même eu du mal à avaler les passages sur ses origines modestes. Le livre sert à mon humble avis à la rendre toute belle et toute lisse, et à rabaisser son ancien compagnon…

Certains passages sont intéressants, notamment sur la façon dont s’est déroulée la passation de pouvoir avec Nicolas Sarkozy. On en apprend un peu sur le protocole. Mais ce n’est pas vraiment le but de ce livre ; vous l’aurez compris !

Rien ne passionne François en dehors de la politique. Rien ni personne. La littérature ne l’intéresse pas, pas davantage le théâtre ou la musique.

Ce livre me semble être rédigé à la hâte, sous le coup de l’émotion. Il reste très factuel, sans véritable analyse. Il se lit bien et vite, mais il s’oublie tout aussi rapidement. Par moments j’ai eu la tentation de sauter des pages, lorsque l’auteure fait des retours en arrière pour raconter ses rencontres avec Hollande avant qu’il ne soit Président, se passant un peu de pommade par la même occasion (elle nous raconte qu’elle vient d’un milieu défavorisé, qu’elle doute d’elle-même etc…).

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Voilà, je pourrai dire que j’ai lu Merci pour ce Moment, et passer à autre chose…

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?