Aide-Moi – Nicci French

Est-il encore nécessaire de présenter Nicci French ? Ce pseudonyme qui cache en réalité un couple (Nicci Gerrard et Sean French) a signé plusieurs romans, parmi lesquels Charlie n’est pas Rentrée, que j’avais beaucoup apprécié…

Il faut dire que j’ai plaisir à lire des thrillers que je qualifie de « soft », à base de disparitions inquiétantes, sans cadavres ou alors très très peu !

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Aide-Moi est paru en 2007. Ce roman met en scène le personnage de Holly, une jeune femme associée de sa propre entreprise, heureusement mariée à un homme attentif et aimant. Malgré un environnement qui semble des plus favorable, Holly enchaîne les erreurs de parcours, et se met de plus en plus en danger.

Le roman s’ouvre sur une nuit de débauche, au cours de laquelle elle finit au lit avec un parfait inconnu. Au réveil, Holly ne se remémore que des bribes de sa soirée.

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Autant le dire de suite, j’ai eu du mal à avancer dans ce roman. Je n’accrochais pas au personnage de Holly que je n’arrivais pas à comprendre. Je ne ressentais aucune empathie pour cette femme qui paraissait prendre un malin plaisir à se mettre dans des situations dangereuses et désagréables, sans raison apparente.

La clef d’un bon thriller, avant même d’avoir un dénouement qui vaut le coup, c’est de proposer un personnage principal auquel on s’identifie, et pour lequel on tremble tout au long du récit, non ?

Ici, Holly enchaîne les confrontations violentes, les prises de risques, et creuse toujours plus profond, comme si elle recherchait le désastre.

En prime, la personnalité des personnages est assez peu travaillée. On se penche beaucoup sur le trouble psychologique de Holly, mais cela ne suffit pas à la connaître, et à la rendre réelle pour le lecteur. Du coup, j’ai eu l’impression de rester en dehors de ce roman.

L’écriture du duo est efficace, comme toujours, et c’est ce qui a sauvé ce livre, et m’a permis de ne pas l’abandonner en cours de route. Mais malgré cela, je n’ai pas été transportée. J’avais deviné la fin assez rapidement, ce qui est très rare quand je lis un thriller.

Mon impression est donc des plus mitigée. S’il fallait vous conseiller ou non ce roman, je pense que je vous dirais de lire déjà d’autres titres de Nicci French, car Aide-Moi n’est clairement pas le meilleur !

Enquête à l’italienne… Un Giorno Perfetto per Uccidere

Aujourd’hui je vous présente un roman giallo, c’est à dire « jaune« . C’est ainsi que l’on désigne un polar italien, en référence à la couleur de couverture de ce genre littéraire. Un Giorno Perfetto per Uccidere (Un Jour Parfait pour Tuer) est un thriller de Mario Mazzanti, que j’ai acheté en version papier lors de mes vacances en Italie. Malheureusement, si vous ne lisez pas l’italien, vous ne pourrez pas profiter du talent de Mazzanti, car à ce jour, son oeuvre n’est pas traduite. Mais je voulais néanmoins vous en parler, car j’ai beaucoup apprécié ma lecture.

Un Giorno Perfetto per Uccidere nous emmène dans le nord de l’Italie, dans un village lombard, où un crime parfaitement ignoble a été commis. La petite Ami, jeune fille d’origine sénégalaise, a été tuée et on a retrouvé son corps, amputé d’un petit doigt.

Le Commissaire Sensi mène l’enquête, aidé de son vieille ami et Criminologue renommé, Claps.

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Un bien bon #thriller avec une fin énormissime ! 👍 #danstoutesledlangues #giallo #romanzo

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Ce livre m’a beaucoup plu car il m’a apporté tout ce que j’attends d’un bon polar. D’une part, même s’il débute sur une sordide affaire d’assassinat d’enfant, il ne part pas trop dans les détails insoutenables. Ensuite, le contexte est clairement exposé, et les personnages sont présentés avec soin, ce qui fait que je ne me suis jamais mélangé les pinceaux. Et puis bien-sûr, c’est la clef pour un bon bouquin à suspens… l’auteur a pris soin de nous fournir tout un tas de pistes, et de nous laisser suspecter des gens qui n’avaient rien fait de mal ! Je n’avais donc pas deviné le dénouement, et j’ai adoré être surprise par la chute…

Un bien bon bouquin, à dévorer si vous lisez l’italien !

Nobel Son, un thriller qui se laisse regarder…

Nobel Son est un film américain, sorti en 2007.

Comme souvent, j’ai trouvé le DVD pour 1 € et l’ai acheté car le résumé me donnait envie.

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Le casting est plutôt prometteur, avec le regretté Alan Rickman (Professeur Rogue de Harry Potter) dans le rôle principal.

Le résumé, je vous le fais à ma sauce…

Eli Michaelson est un Professeur de Chimie, qui enseigne à la fac, et se tape ses étudiantes dans le dos de son épouse. Le personnage est cynique, pas très attachant au premier abord (au deuxième non-plus d’ailleurs) mais cela ne l’empêche pas de réussir dans sa vie professionnelle, puisqu’il vient de remporter le prix Nobel de chimie, et doit s’envoler avec sa femme pour Stockholm, pour récupérer son prix. Sauf que… entre l’annonce de sa victoire, et le décollage de l’avion, son fils se fait enlever…

Eli reçoit une demande de rançon, et finit par payer les 2 millions de dollars demandés pour revoir son fiston en vie.

Jusque là, c’est fort classique, sauf que ce que je viens de vous raconter ne constitue que les première minutes du film. Et ensuite, il faut vous attendre à quelques retournements de situation assez sympathiques, qui donneront au final un film plutôt réussi, mais pas 100 % captivant.

Disons que la présence d’Alan Rickman fait beaucoup pour ce thriller qui flirte parfois avec la comédie. Mais plusieurs fois j’ai failli décrocher, à cause du manque de suspens, et de quelques longueurs.

J’ignore si la marque automobile Mini a payé pour placer ses voitures dans le film, mais on a régulièrement l’impression de regarder un spot publicitaire, tant les petites bagnoles anglaises sont visibles dans diverses scènes, notamment une qui n’a a mon sens aucun intérêt, et à failli me perdre en chemin.

Mais bon, je ne vous en dirai pas plus car ce serait spoiler…

En résumé, Nobel Son est un film qui laisse globalement une impression sympathique, mais ne vous marquera pas pendant bien longtemps. Les variations de rythmes finissent par avoir raison de l’attention du spectateur. C’est dommage !

Un bon DVD et un gros navet…

Hello fidèles lecteurs et curieux de passage ! Aujourd’hui je vous propose une petite chronique filmesque, avec deux DVD au programme : une bonne surprise, et un gros navet bien de saison !

Ces deux films ne sont pas des grosses nouveautés, puisque je les ai trouvés en vide-grenier. Il s’agit de 20 ans d’Écart (2013) et Duplicity (2009).

Commençons par le premier, qui appartient au genre comédie romantique, et met en scène la lumineuse Virginie Efira et l’excellent Pierre Niney.

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Je m’attendais à une comédie légère, au scénario vu et revu. J’ai été agréablement surprise par la qualité d’interprétation des deux acteurs principaux. Franchement, ce film est plus profond que ce que je pensais, et il est réellement intéressant !

Le Réalisateur, David Moreau, réussit l’exploit de proposer 1 h 30 de divertissement, sans jamais tomber dans les clichés. Bravo !

Dans 20 ans d’Écart, nous suivons les aventures d’une jolie working girl quarantenaire, qui voit sa carrière bridée, par son âge justement. Quand sur un malentendu, son supérieur croit qu’elle sort avec un étudiant d’une vingtaine d’années, son image se retrouve dépoussiérée, et son horizon professionnel, élargi !… Elle décide donc de profiter du quiproquo et de laisser croire à tout le monde qu’elle sort effectivement avec Baltazar… La suite, vous la devinez, la réalité va rejoindre la fiction… Mais finalement, ce que l’on ne sait pas, c’est comment va se terminer ce film, et là j’avoue que la conclusion m’a bien plu. J’ai accroché à l’histoire, et ai été totalement convaincue par les personnages, aussi bien par celui d’Alice, que par celui de Baltazar. J’ai trouvé que les deux jouaient très bien.

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Duplicity m’a en revanche beaucoup moins convaincue. Après une heure d’effort pour suivre l’histoire et garder les yeux ouverts, j’ai baissé les bras, et appuyé sur « STOP ». Mon homme n’a pas bronché car lui non-plus n’accrochait pas du tout.

Pourtant l’histoire était tout aussi prometteuse que le casting (Julia Roberts et Clive Owen, excusez du peu !). Les deux acteurs incarnent des agents secrets, l’un au service du MI6 (Secrets Britaniques), l’autre  de la CIA.

Ils quittent leurs fonctions gouvernementales, après être tombés fous l’un de l’autre, et se mettent à travailler pour des industriels. Leur but ? Se faire un max de pognon pour pouvoir ensuite s’installer tranquillement en amoureux…

Avouez que cela donne envie.

Oui mais, la réalisation est cahotique, avec des flashbacks que l’on peine à remettre dans l’ordre. On commence par la fin, pour revenir 5 ans en arrière, puis 2 ans en arrière, puis… puis on m’a perdue !

Certains aspects sont tellement peu développés, que l’histoire nous apparaît vraiment brouillonne. OK les détails de l’espionnage industriel ne sont pas les points clefs de l’histoire, et ce qui compte c’est la romance entre nos deux agents. Mais bon, franchement, on a l’impression que le Réalisateur avait la flemme de s’embêter à imaginer une histoire par moment, et qu’il a bâclé le truc en se disant qu’on n’y verrait que du feu !

Sauf que les deux acteurs ont beau déborder de charisme, on a vraiment du mal à rester attentifs devant ce film tant il ne se passe rien…

Résultat ? On est paumés, et on s’ennuie. J’ai probablement plus regardé le minuteur du lecteur DVD, que le film en lui-même… Alors merci, mais non-merci !

Emily Blunt prend le train…

Le roman  de l’écrivaine américaine Paula Hawkins fait couler beaucoup d’encre de pixels. J’en avais lu énormément de bien sur les blogs, et m’étais posé la question de le lire, car il semblait correspondre à mes goûts en matière de thriller (j’aime mes thrillers pas trop saignants, à base de personnages lambdas, et pleins de rebondissements). Mais comme souvent, j’avais traîné, et… l’adaptation ciné était sortie avant que j’ai mis la main sur le livre !

J’ai donc craqué et j’ai choisi le film plutôt que le roman (je ne lirai pas le livre vu que je connais le dénouement).

La Fille du Train voit son action se dérouler à Londres, mais pour le film, elle a été transposée à New-York. C’est Emily Blunt, l’Emily du Diable s’Habille en Prada, qui campe le personnage de Rachel, dépressive et alcoolique depuis que son mari l’a quittée pour une autre. Chaque jour, Rachel prend le train de banlieue pour rejoindre New-York. Chaque jour, elle regarde par la vitre du train, ce qui se déroule dans les maisons qui bordent la voie ferrée… une maison en particulier, celle des voisins de son ancienne maison, où vit un couple a priori parfait. Ils sont jeunes, beaux, et semblent s’aimer à la folie… Elle leur imagine une vie sans nuage, une existence de couple modèle… jusqu’au jour où… … …

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Certains ont reproché au livre d’être un peu longuet, et je pense que ces mêmes personnes regretteront la même chose avec le film. Il est un peu long à se lancer, et au départ on se demande où l’on va. Mais personnellement cela ne m’a pas gênée, au contraire, car j’ai trouvé que cela permettait de bien s’imprégner de l’univers de Rachel, et de découvrir les personnages de façon très intéressante.

Je n’ai pas trouvé le temps long.

Emily Blunt est saisissante dans son rôle de femme brisée. Les autres acteurs sont également très crédibles (Haley Bennett, Rebecca Ferguson, Justin Theroux, Luke Evans).

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Ce film est un puzzle, que l’on reconstitue morceau par morceau. Parfois on se trompe de pièce, et il faut revenir en arrière… J’ai adoré partir sur de fausses pistes, suspecter untel, puis untel. J’ai perdu le fil, me suis demandée si je n’allais pas m’emmêler les pinceaux entre différents personnages, mais ensuite j’ai rattrapé l’histoire, pour mieux m’y perdre, et recevoir le dénouement en pleine tronche !

Vraiment… ce thriller m’a conquise. Et l’homme ne pourra que valider, car il a également beaucoup aimé !

A moi, pour Toujours [lecture]

Je ne connaissais pas du tout l’auteur américaine Laura Kasischke, mais son livre A Moi pour Toujours m’a donné envie, avec sa couverture toute rouge, et son titre intrigant… Il y avait beau y avoir un énorme cœur en plein milieu de la photo, quelque chose me disait que ce livre n’était pas un roman d’amour…

 

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Sherry Seymour est une prof quadragénaire, qui vit dans un pavillon de banlieue avec son mari Jon. Son fils est grand et vole de ses propres ailes. 

Un jour, le quotidien bien rangé de Sherry est légèrement bouleversé par l’arrivée d’un petit mot dans son casier de la salle des prof « Sois à moi, pour toujours ». D’abord intriguée, Sherry finit par être flattée et même excitée par les messages qu’elle continue de recevoir de son admirateur secret…

Et ce qui pourrait rester un banal jeu destiné à pimenter le quotidien pourrait bien s’avérer être en réalité une grosse erreur, qui va se refermer sur l’héroïne…

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Le livre compte un peu moins de 400 pages ; 384 pour être précise. C’est un petit pavé, et j’avais peur du coup qu’il comporte quelques longueurs. En effet, l’histoire à proprement parler est un peu longue à se lancer. On a déjà un bon quart de livre qui sert à planter le décor et à nous présenter Sherry et son environnement. Mais ce n’est pas lassant. Au contraire, j’ai trouvé la façon de faire de l’auteur assez intéressante, car elle procède par petites touches. On assiste à des scènes de la vie quotidienne de Sherry. On partage ses pensées, et on part avec elle dans des flashbacks. C’est divertissant, d’autant que l’on s’amuse à essayer de deviner qui peut bien laisser les fameux mots anonymes dans son casier…

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Petit à petit, on découvre l’entourage de l’héroïne, son mari, son fils, ses collègues, son père malade… On partage avec elle ses petits plaisirs du quotidien, ses doutes, ses déceptions. J’ai trouvé certains passages très justes, notamment celui où elle parle de sa meilleure amie, avec laquelle une certaine distance s’est instaurée. Sherry trouve que son amie a grossi et n’ose pas lui dire, alors qu’elle lui est reconnaissante, d’avoir au contraire, osé lui faire remarquer qu’elle avait opté pour une mauvaise coupe de cheveux !

L’histoire de l’admirateur secret est intéressante, et apporte une bonne dose de suspens. Mais tout le reste, l’univers créé minutieusement par l’auteure, donne aussi beaucoup d’intérêt à ce roman, très réaliste.

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Ce livre est à mi-chemin entre le roman classique et le thriller. Il comporte même une dose de mummy porn, même si je ne raffole pas du tout de ce genre littéraire ! En effet, on trouve quelques passages olé olé.

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J’ai beaucoup aimé lire ce livre, et j’ai désormais envie de découvrir d’autres titre de Laura Kasischke !

La où elle Repose #MRL16

Cela fait quelques années maintenant que j’apprécie mon petit rendez-vous de septembre avec Price Minister… En effet, chaque année, à la rentrée, le site propose aux internautes de recevoir un livre, en échange d’un avis. Au départ, il fallait rédiger une chronique de blog. Maintenant un simple partage sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram suffit !

Pour cette rentrée 2016, j’avais fait mon choix et m’étais inscrite pour trois livres. J’ai reçu Là Où elle Repose de Kimberly Mc Creight, paru aux éditions Cherche Midi. Il s’agit d’un thriller d’environ 400 pages.

Kimberly Mc Creight est l’auteure d’Amelia, un autre thriller qui avait pas mal fait parler de lui. Je me souviens avoir candidaté pour le recevoir via Price Minister, mais j’avais reçu un autre roman. Finalement, je pense que je le lirai plus tard, car j’ai bien accroché au style de Mc Creight !

Là où elle Repose nous compte l’histoire d’une journaliste du New Jersey, Molly, qui se voit confier la couverture d’un dossier particulièrement important. Alors qu’il ne se passe habituellement pas grand chose dans la petite ville de Ridgedale, le corps sans vie d’un nourrisson est retrouvé, à proximité de l’université. Molly, qui a elle-même perdu un bébé, et a encore du mal à remonter la pente, se jette corps et âme dans l’enquête, et nous entraîne avec elle…

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J’ai tout de suite accroché à l’histoire et au personnage de Molly. La jeune femme est un personnage plutôt classique, auquel on peut s’identifier facilement. Elle doute d’elle, et voit l’affaire qui lui est confiée comme une opportunité de faire ses preuves, même si, le fait que la victime soit un bébé lui complique considérablement la tâche. En effet, le drame qu’elle a elle-même vécu est encore bien présent dans ses pensées.

On alterne entre les chapitres classiques, et les articles de presse qui sont insérés au milieu du récit. C’est original et cela ajoute une touche de réalisme plutôt plaisant.

J’ai aimé le fait que l’on nous présente différents personnages, qui sont autant de suspects, mais j’aurais apprécié que l’auteur creuse un peu plus les relations entre les uns et les autres. Par moment j’avais du mal à me rappeler qui était qui. Il m’a fallu revenir en arrière, pour re-situer les personnages entre eux, et me rappeler leurs prénoms. Rien de dramatique, mais cela a contribué à rendre ma lecture un peu moins prenante…

Malgré tout, j’ai apprécié l’histoire, et le dénouement m’a bien plu. Il arrive peut-être un peu trop vite, et on gagnerait en intensité si l’auteur faisait un tout petit peu plus traîner la révélation finale.

Sans parler de coup de cœur absolu, je recommanderais ce thriller…